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Collègues, sources d’inspiration

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Les ateliers d’écriture… les units, les writing workshops, les minileçons, le référentiel d’intervention en écriture…

Je ne sais pas si c’est pareil chez vous, ces mots sont abondamment prononcés dans mon quotidien! Où que j’aille dans des rencontres pédagogiques, j’en entends parler.

Une mode. On croirait à ça! Un miracle. On attend ça!

Baillargeon, dans son livre Petit cours d’autodéfense intellectuelle, nous met en garde contre les modes, les phénomènes grégaires, la quête d’un Saint Graal; les mythes et les légendes naissent des échanges remixés par le téléphone, celui auquel on joue!

Je suis un fervent amoureux de la science, dit-il. La science est le meilleur moyen que l’humanité ait trouvé pour connaître. On sait peu de choses, notre savoir est limité, et la science est un moyen limité de connaître, mais c’est le seul dont on dispose.» La science et un petit guide d’autodéfense intellectuelle, pour affronter la vie.

J’ai donc entrepris de lire, de lire et de lire ces livres publiés par Heinemann-dedicated to teachers MD, Chenelière Éducation, ces articles du CTREQ, des Presses de l’universités, etc. J’écoute plus aussi. J’écoute nos échanges pédagogiques, nos traductions de la réalité, et je tente de comprendre la situation en m’appuyant sur toutes les lectures faites jusqu’à présent qui sont des outils intellectuels pour réfléchir à une situation, la comprendre et pouvoir en influencer le cours.

 

Au fil de mes lectures au sujet des AE, j’ai découvert la structure  de Calkins, l’organisation d’Atwell, l’ouverture de Kittle, la passion de Graves.

 

Ce que j’y trouve est inspirant. C’est le partage de pédagogues qui prennent plaisir à explorer, à chercher, à découvrir et à créer des parcours d’apprentissage au quotidien puis à partager non pas le produit fini, mais bien le processus en n’épargnant pas les obstacles rencontrés et aussi les solutions trouvées puis les réflexions menées!

 

C’est vraiment plaisant à lire! Ce ne sont pas de lourds résultats de recherche présentés avec rigueur et méthodologie, c’est l’histoire d’une démarche pédagogique racontée avec passion, humilité, authenticité et cohérence. Les personnages principaux sont les enseignants et les élèves, on peut s’identifier à eux facilement! Parfois, dans ce genre de lectures, on peut être secoués dans nos croyances, nos valeurs, nos conceptions, nos perceptions : entre ce que l’auteur propose et ce que le lecteur a comme vision du monde à ce moment, il peut y avoir un écart. On appelle ça réagir à une œuvre! Il importe alors de questionner ces réactions pour mieux se connaitre comme pédagogues. C’est pour cette raison que je crois profondément en la richesse d’un partage pédagogique entre passionnés de l’enseignement-apprentissage : on peut réfléchir différemment au contact de l’autre. C’est d’ailleurs l’objet des remerciements de Kittle au début de son livre Write beside them – risks, voice, and clarity in high school writing.

 

Pour écrire des livres, des billets de blogue, des articles en éducation ou encore pour prendre la parole en rencontre, ça prend beaucoup d’humilité. Aussitôt une pratique ou une pensée partagée, elle se retrouve soumise au jugement, car disons-le-nous, on est vite sur la gâchette critique : pelletage de nuages, mes élèves ne sont pas rendus là, ce n’est pas ce dont ils ont besoin pour enrayer leurs difficultés, ça vient des États-Unis, ils n’ont pas les mêmes programmes, qu’on commence par nous donner des conditions adéquates, etc. Ce sont, pour certaines, aussi mes répliques en cours de route… Or, plus j’explore ce que nos collègues partagent, chacun à sa façon, plus je saisis l’essence de ce qu’il y a de commun entre leurs pratiques d’enseignement de l’écriture par, pour et avec l’oral et la lecture.

 

Je découvre alors ce qu’avec mes collègues, sources d’inspiration quotidienne, on a appelé la philosophie des AE. Et cette philosophie se traduit par des attitudes et des comportements. Les comportements sont en fait l’action quotidienne, le scénario de la démarche d’apprentissage, le quoi et le comment, la rassurante et nécessaire sécurité organisationnelle, la traduction concrète de tout ce qu’on sait, qu’on souhaite et qu’on croit. Les attitudes sont alors le pourquoi, les raisons, les croyances, les réflexions, les valeurs, etc. Et puisque « nos actions sont dictées par nos croyances », bien que le quoi et le comment rassurent, si le pourquoi est nébuleux, si le feu qui nous anime est vacillant, il demeure une forme d’insécurité, celle de l’incertitude, du manque de conviction. C’est peut-être le moment où on cesse de croire qu’il y a des solutions.

 

Pourtant, en réfléchissant ensemble sur nos pratiques et sur les apprentissages que nos élèves font, on développe constamment notre jugement professionnel qu’on finit aussi par reconnaitre. Reconnaissons-nous comme professionnels! Exerçons et partageons en professionnels! On a l’avenir entre les mains!

 

 

À venir

Pour découvrir l’essence des AE ainsi que des pistes pour vous accompagner dans vos réflexions et vos choix, cliquez ici (thinglink)

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La nomophobie

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L’inspiration

Un article. Une conversation sur Facebook avec un collègue du milieu de l’éducation qui se questionnait sur le nom donné à la dépendance maladive aux appareils technologiques.

L’aventure

Texte courant : Mode de discours descriptif

Sujet d’actualité : la nomophobie

Avantages: 

– sujet inconnu = curiosité

– similarité phonétique avec homophobie ( lieu de découverte du sens des préfixes et suffixes, analogies possibles)

– sujet ancré dans la réalité des jeunes et donnant lieu à des échanges extrascolaires

– utilisation de stratégies en lecture et en écriture (survol, prise de notes, organisation des idées, appel à la structure du type de texte adapté à la famille de situation « Écrire pour informer », méthode de correction de la qualité de la langue et reprise de l’information)

Déroulement:

1- Offrir quinze minutes de lecture des différents articles proposés dans le but de répondre à trois questions l’une traitant de la description de la nomophobie, l’autre, des conséquences et la dernière, des solutions. Les élèves n’auront pas suffisamment de temps. Ils devront opter pour une stratégie de survol avec prise de notes. Si la compréhension n’est, de manière généralisée, pas là, il pourrait être négocié de rajouter 5 minutes. Les élèves se responsabiliseront dans leur efficacité s’ils ont cette perception de contrôlabilité sur la négociation de temps supplémentaire.

2- Concevoir son plan de rédaction : comment pourrais-je bien présenter ces informations?

3- Profiter d’une discussion en classe pour échanger des propositions d’organisation du texte. Il est certains que plusieurs se souviendront des schémas appris l’année précédente. On partira de ça pour revoir la théorie quant à l’organisation du texte courant descriptif.

4- Rédaction. « J’ai fini »… il y en a toujours quelques-uns qui terminent à la vitesse de l’éclair. Bon moment pour les amener à aller plus loin. Différencions en les ramenant à la lecture des échelles de niveau de compétence. Amenons-les à comprendre où ils sont dans leur progression.

5- Correction. J’aime bien, en début d’année, ne pas imposer de méthode de correction pour voir quels sont les réflexes de scripteurs des élèves.

6- Retour-rétroaction. Puisque je fais une correction avec support vocal explicatif des forces et défis relatifs à la structure et à la QL (qualité de la langue) de chacun des textes lus, l’élève a davantage de rétroaction. Chacun passe près de 15-20 minutes avec notre voix dans les oreilles qui prend le temps de les accompagner individuellement vers mieux. Des pistes de correction sont aussi proposées à la fin de l’enregistrement. Ainsi, l’élève se rend compte qu’il a un profil de scripteur qui exige qu’il soit plus vigilant devant tel type d’erreur.

7- Transfert : L’étape ultime, c’est celle qui suit… sauront-ils tirer profit de cet accompagnement lors d’une rédaction subséquente?

Réflexion d’expérimentation:

Je réalise que toute cette séquence pédagogique a donné lieu à beaucoup de beaux développements tant sur le plan relationnel que sur les plans personnel et émotionnel. Ainsi, nous développons notre intelligence interpersonnelle, l’intrapersonnelle et l’émotionnelle aussi.

D’ailleurs, si les IM (intelligences multiples) vous intéressent, consultez l’un ou l’autre des portfolios numériques de mes élèves spécialistes des IM et qui, de surcroît, deviennent tranquillement de plus en plus conscients des tenants et aboutissants de l’écriture sur le web.

Et on réalise ça en tant que groupe où chacun des membres a ses forces et peut, selon les occasions, aider l’autre.

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La prochaine aventure en sera une où le meurtre, le mystère et le récit policier seront au rendez-vous… j’y travaille! Et je croise mes doigts pour que les perches lancées permettent des associations à distance…

Vive le plaisir d’apprendre et d’enseigner!

L’Aventure #MduM, le topo final

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Bloc 3 : planifier et financer un voyage

Jamais je n’ai vu des élèves aussi facilement rédiger un texte courant! On aurait dit que ça allait de soi, que c’était évident que chaque paragraphe se devait de présenter son aspect, qu’il importait de bien amener le sujet et ensuite le diviser.

La notion de destinataire s’est installée dans leur schème de pensée en moins de deux. En effet, ils étaient appelés à écrire au directeur des finances de l’institution bancaire « Fric-Tive », M. Couture. Il s’agit en fait du directeur-adjoint de notre école qui a sauté à pieds joints dans l’aventure en prenant le temps de lire chacune des demandes de financement, de les recalculer et de leur répondre à l’aide des canevas d’acceptation, de refus ou d’ajustement que je lui avais fournis. Il a aussi pris le temps de venir rencontrer les élèves et de leur remettre la réponse de la banque en mains propres.

M.Couture

Les élèves y ont vu l’opportunité de montrer à leur directeur ce qu’ils étaient capables de faire. J’évaluais le brouillon (celui trituré, morcelé, témoignant du processus de rédaction vrai) et, dans une enveloppe, les élèves ont pris soin de glisser leur demande mise au propre de manière très conventionnelle sur traitement de texte. Ils soutenaient que ça avait l’air plus sérieux, plus professionnel comme ça et que ça s’adaptait davantage à la situation de communication! Cette étape leur a permis de pratiquer leur doigté, car nous avons eu peu de temps à consacrer à cela!

Curieux, plusieurs élèves ont vraiment voulu saisir le concept de « taux de change » alternant entre accords dans le GN et la calculatrice de leur iPod.

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« Anick, si ça coûte 12 € pour aller au musée d’Orsay, ça fait combien en dollars? »

Et nos experts logico-mathématiques de répondre:

« Tu fais x1.32, parce que ça coute 1,32$ pour acheter 1€. Regarde. »

Et ils se faisaient découvrir le taux de change.

Les élèves éprouvant plus de difficultés à l’école sont souvent ceux dont les intelligences linguistique et logico-mathématique sont moins développées. Évidemment, cet exercice a été plus fastidieux pour eux. Certains ont dû reprendre, car l’énumération régnait en reine dans LE paragraphe de développement où tout s’entassait. Structurer sa pensée n’est pas inné, ça doit s’apprendre. Et le contexte m’a permis d’accompagner davantage ces élèves qui, après avoir dû reprendre, m’ont remerciée. « J’ai compris, Mme Anick. » Effectivement, il y a eu cheminement…

Cette production écrite a été faite de manière manuscrite entièrement, et les élèves ont utilisé une méthode de correction papier-ouvrages de référence. Ils auraient bien voulu avoir accès aux outils d’aide en ligne, mais comprenaient bien qu’il importe de maîtriser les deux dans la conjoncture scolaire actuelle.

BLOC 4 : voyager!

De la rationalité financière, nous sommes passés à l’imagination aérienne. Si le texte courant vise à informer de manière séquentielle et rigoureusement structurée, le texte littéraire veut nous transporter vers un ailleurs unique en créant un univers littéraire.

Pour pouvoir vivre ce voyage planifié, nous avons opté pour une visualisation. Guidés par des questions en rafale sur fond de musique « de relaxation », les élèves ont parfois fermé les yeux, dessiné sur une feuille, écrit quatre pages d’idées… Après 20 minutes de méditation guidée, ils avaient l’impression de vraiment être partis en voyage (Il ne faut jamais sous-estimer la force de nos IM intrapersonnelle et visuo-spatiale!).

« Dommage que le cours soit terminé, j’ai tellement d’idées que j’aurais voulu écrire mon récit de voyage tout de suite. Est-ce que je peux commencer chez moi? »

« Oui, car pour cette rédaction, vous choisirez un outil collaboratif web. Aucun papier cette fois! »

Quand je dis aucun, c’est aucun. Les Bescherelle et dictionnaires étaient « cachés » forçant ainsi les élèves à trouver en ligne l’outil nécessaire.

« Mme Anick, j’ai trouvé le Bescherelle en ligne », me dit un de mes poussins le sourire victorieux comme s’il était parvenu à déjouer les contraintes imposées! Ah! Quel bonheur!

Un Littmob!?

Au travers cet exercice de création, les élèves ont pris part à une entreprise d’envergure faisant appel principalement à leur intelligence interpersonnelle : la réalisation d’un LITTMOB.

Un Littmob (mot-valise inspiré de Flashmob) se veut un exercice littéraire public, comme une tempête d’idées immense, filmé par des appareils mobiles.

Pour ce faire, le procédé du « sondail » (mot-valise alliant sondage et chandail) a été retenu. Les élèves récoltaient sur un chandail les propositions de péripéties de voyage des différentes personnes rencontrées et questionnées. Ainsi, des idées ont été récoltées dans les milieux familiaux, auprès des autres élèves de l’école, dans le métro de Montréal lors d’une sortie scolaire, etc.

Cette démarche a occasionné beaucoup d’échanges en classe relatifs au courage et à la force du groupe.

Les frissons de fierté qui m’ont parcourue quand, à l’Agora de leur école secondaire, mes élèves de 1ère secondaire se sont levés sur les bancs devant les 500 autres élèves plus vieux qu’eux pour crier haut et fort :

« Après les flashmob et les Harlem shake/ faisons maintenant danser les mots/ sur nos chandails/ pour ensemble créer/ des idées folles/ produire une vidéo Youtube/ le premier Littmob au monde ! »

Et notre chanson (oui, oui, notre… en fait, la nouveauté de ZAZ « On ira » dépeint particulièrement bien notre histoire) a retentit partout.

La perfection de cette expérience n’aurait pas été si des pépins n’étaient pas survenus!

1er pépin : l’enfer, c’est les autres…

Lors du Littmob à l’Agora, évidemment, quelques élèves ont choisi d’écrire des propos non adéquats sur les chandails de ces courageux élèves plus jeunes qu’eux. À la fin, plusieurs de mes élèves semblaient débinés et nommaient que notre Littmob était gâché. Même si je demeurais en position d’écoute et de modération, à l’intérieur de moi une tristesse immense s’installait. Ils avaient tellement été courageux, avaient surmonté tant de craintes que j’avais du mal à concevoir que certains aient pu être si méchants. Quand nous avons fait un retour en classe l’après-midi même, notre discussion a mené à une solution. Trois élèves du groupe 11 ont pris la parole à l’interphone, et ce, en direct du bureau de leur directeur, M. Couture. Leur voix, celle de tous les élèves des groupes 11 et 13, a retenti partout dans les classes et les corridors, les gymnases et l’extérieur. Le message porté visait à remercier ceux qui avaient proposé d’excellentes idées et de souligner que d’autres avaient plutôt tenté de gâcher leur Littmob. À ces derniers, ils offraient la possibilité de réparer leur geste en se pointant au A-208 quand ils trouveraient le courage. Et leur message se terminait par « Peu importe tout ce qui a pu se passer, nous sommes fiers de nous! »

Et en classe, des applaudissements immédiats.

Plusieurs de mes collègues ont fait des retours avec leurs élèves. Solidarité inattendue.

Et, croyez-le ou non, trois élèves sont venus formuler leurs excuses. Pas devant mes élèves, seulement à moi. Évidemment, je me suis permis une pointe sur le courage…

2e pépin : Droits d’auteur…

Après avoir fait le tri des vidéos, nous avons constaté que nous disposions de suffisamment de séquences adéquates pour réaliser le montage d’un Littmob complet! Heureuse nouvelle! De manière évidente, la chanson « On ira » se devait d’être notre trame musicale. Or, malgré les tentatives, sur Twitter et Facebook, d’entrer en communication avec l’artiste ZAZ pour obtenir la permission de faire usage de cette chanson, nous demeurons, aujourd’hui encore, sans réponse. Le montage doit donc être réajusté sur fond musical moins significatif.

Si l’école ne se terminait pas si tôt (on aurait voulu que ça continue!), il aurait été génial de faire appel à l’intelligence musicale des élèves pour créer le slam de notre année qui aurait pu devenir notre trame sonore, mais bon, semble-t-il que l’année se termine et que ce soit un fait immuable…

Chantier LLT

Bref, après avoir amassé la poussière dans des boites depuis 2008, l’aventure #MduM renait en 2013 de ses cendres sous un nouveau jour dans le cadre du Chantier littératie, littérarité et TNI présenté par @AndreRoux lors de son trop bref passage à la CSS. Cette aventure actualisée et teintée d’un bagage de 2e cycle universitaire relatif au fonctionnement du cerveau a été le lieu d’explorations technopédagogiques inestimables, d’expérimentations enseignantes et estudiantines riches en apprentissages variés tout en rayonnant au-delà de la classe, à l’intérieur même de notre école, jusque dans les Laurentides, par-delà l’océan dans le journal Le Monde, partout sur le web grâce à ces cyber rencontres professionnelles sur Twitter et dans les cyber habitudes de ces adolescents magnifiques qui m’ont fait confiance tout au long de cette promenade à tâtons sur des sentiers plus ou moins balisés.

Merci à mille et une belles âmes!

D’abord à ces élèves qu’il me coute de quitter sous peu.

À @AndreRoux pour avoir attisé la flamme.

À @Rick_Cliche pour avoir maintenu l’étincelle de collaboration.

À @BrigitteProf, @nathcouz et @marcottea pour cette inspiration constante.

À @sebastienwart pour le billet… de reconnaissance.

Aux USPPP pour le plein d’énergie et d’idées.

À CLAIR2013 pour ces rencontres humaines et technopédagogiques.

Aux parents qui ont suivi les balbutiements de leur enfant sur la Twitosphère et qui ont cru en mes idées.

À M. Couture qui a écouté mon discours pédagogique et qui, presque convaincu, m’a donné le droit de repousser certaines limites.

À @SBrousseau, mon maitre Jedi. Je n’oublierai jamais que tu as été le premier à me pousser au-delà… vers… plus!

Un été sublime à tous!

Puisse-t-il être fertile 🙂

La double intention de partage

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Tweeter des informations, des commentaires, des idées : INFORMER et S’INFORMER

En classe, hier, nous avons reçu deux auteurs qui sont venus nous partager leur chemin de vie, leur rencontre littéraire avec les mots.

Totale improvisation, j’ai lancé le défi à mes élèves de parvenir à tweeter simultanément en partageant les informations cueillies çà et là dans les discours. Que 12 portables disponibles… Qu’à cela ne tienne, on se lance dans le partage polysémique!

Pour s’assurer du respect inhérent à leur démarche, ils ont su s’informer auprès desdits visiteurs quant à leur confort vis-à-vis la procédure. (Je suis si fière! Maxime et Émy ont bien formulé la demande!) Et ils étaient partis! Je ne savais pas ce que cela allait donner. Crainte soudaine. J’étais prise d’un certain vertige. « Fais-leur confiance, Anick! »

Vous irez voir #sdachutes… (Ce matin, ils m’ont eux-mêmes dit que la qualité de la langue n’était pas à son meilleur, car ils voulaient faire vite pour éviter d’écrire trop longtemps et de perdre le fil de la conférence… on a discuté des moyens! C’est ça l’apprentissage, non?)

C’était tout un défi, Mme Anick, d’écouter, de mémoriser, de composer et de corriger en même temps! Beaucoup de gestes mentaux!

Visite de Priska Poirier

Tweeter des assemblages de mots, des images littéraires, de la poésie : S’ÉVADER, BERCER PAR SES MOTS

Si depuis le début de l’aventure des #MduM les élèves partagent des informations, aujourd’hui, nous avons abordé l’aspect littéraire d’un partage à saveur créative.

Origine de ce revirement : Rencontre d’auteurs hier en classe.

Pour suivre la vague (le jeu de mot, dont je me suis aperçu à la relecture, comment dit-on, post-scriptumement?! était bien involontaire, mais coquin au final. Je le laisse là! Vous comprendrez…), lorsque l’occasion s’est présentée, j’ai dévoilé aux élèves, qui venaient de découvrir en Georges Perec un fou de la forme (parce que oui, en 1ère secondaire, nous avons parlé du fond et de la forme!), l’existence d’un institut de Twittérature.

Twittérature, que connait-on comme mot dans ce mot-valise judicieusement assemblé? Facile! Nous sommes maintenant des experts de la création de sens à l’aide des « petits mots dans les grands mots »! Mais qu’est-ce? Pour l’exemplifier, j’ai fait appel à cette idée d’#Eausanso portée par la toujours aussi imaginative @BrigitteProf et soutenue par de ferventes « twittériennes », @nathcouz et @Aurise.

L’effet a été immédiat.

– Est-ce qu’on peut en faire?

Des Lipolys? (*néologisme créé par Strofka Méop)  Mon cours ne prévoyait pas cela. Déjà, nous avions pris un détour… Allais-je taire cette envie d’écrire? Réprimer ce besoin de créer?

Tandis qu’ils s’évertuaient à faire couler leurs idées « sans o », j’entendais:

Mme Anick, on pensait que ça allait être facile! C’est toute une gymnastique mentale! Il y a vraiment des élèves du primaire qui y parviennent?

Démonstration faite, la grandeur du défi était à son paroxysme. Le temps avait pourtant fuit.

Nous sommes vendredi soir, et si je me branche sur mon fil Twitter de classe, je les vois leurs tweets. Certains empreints de traces de dyslexie, d’autres d’accès de confiance en bonpatron.com, et j’en lis plusieurs qui me font sourire. Et sourire de fierté, ça se peut!

Tweet

La richesse d’un réseau

Avoir fait ces rencontres pédagogiques avec de grands pédagogues explorateurs innovants et maintenir un cyberlien avec eux par l’entremise de réseaux sociaux, ça nourrit et, surtout, ça fait découvrir des ailleurs d’apprentissage inespérés et inattendus.

@BrigittePorf publie, elle écrit bien et sa plume est d’une pertinence inouïe. Consultez son billet de l’Eau sans O sur son blogue.

@Aurise propose encore d’autres formes pour les microblogues dans son billet Twittérature, formes brèves et contraintes bénéfiques.

Sur mon Pearltrees, vous trouverez aussi d’autres blogues riches.

Magie et épines – Partie 2: segment épineux

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Épines

1) Ressources, code de vie et interdits

Les conditions de mise en oeuvre de l’aventure de Merveilles du monde sont les suivantes: nous avons deux flottes de  portables, deux bornes sans fil mobiles, une fixe au secrétariat, un lab et demi d’ordinateurs. Deux autres bornes sans fil fixes sont à venir. La direction mène le dossier avec considération.

On a compris qu’Internet ouvrait des portes. Toutes ces ressources sont souvent utilisées pour permettre la recherche (pour l’instant, c’est ça…) à l’intérieur des cours, principalement de PI, d’ECR et de MCO (si je me fie aux statistiques de réservations). Le gr.13 est en classe avec moi quand ces autres cours ont lieu… Par chance, mes collègues sont géniaux de générosité, lorsqu’il reste 2 ou 3 portables disponibles, on installe des stations de communication dans ma classe, je débranche puis rebranche et on est parti!

Le code de vie est clair: aucun appareil mobile n’est autorisé en classe pour les élèves. Parfois, j’ai envie d’être professionnellement délinquante…

Bref, l’aventure des Merveilles du monde prend vie dans des conditions semblables à celles de la plupart des écoles secondaires publiques. Il en va de même pour M. Rich qui pilote l’aventure simultanément avec son groupe d’adaptation scolaire. Avis à tous ceux qui auraient voulu penser que des conditions gagnantes devaient être d’abord mises en place avant que nous puissions engager un changement de pratiques actualisées. On fait du camping technologique! Les élèves participent même à la recherche de solutions. Parfois, on inverse littéralement le cours à cause de situations matérielles.

2)  Classe inversée

J’y reviens… Ça tourne pas « sur un dix cennes » des habitudes!

La classe inversée demande une mobilisation des élèves et les plus en difficulté n’y parviennent pas tous… pour l’instant. Ce n’est pas magique, il leur faut conscientiser que cet outil est accessible. Or, ils l’évitent, trouvent des excuses (plus recherchées que le chien qui a mangé le devoir, ça développe leur imagination, il me faut le reconnaitre!!) Je me rends compte que le fonctionnement du« Je ne comprends pas! » et on accourt pour me répéter une 42e fois quelque chose que je n’écoute pas jusqu’à ce qu’on finisse par me donner la réponse, enfin! est très ancré dans les pratiques de certains jeunes. Sont-ce eux ou nous qui avons construit ça? Le cerveau est intelligent, il choisit toujours la voie facilitante…

3) « Oui, mais »

« Oui, mais mon enfant a des difficultés d’apprentissage.

– Raison de plus madame! Ces vidéos sont un excellent moyen de lui permettre de prendre le temps de comprendre sans avoir seulement accès à la lecture de notes de cours ou de cahier d’exercices, il peut appuyer sur pause, recommencer, vous demander de l’accompagner là-dedans…

– Oui, mais, je n’ai pas le temps!

– Chaque vidéo ne dépasse pas 15 minutes. « 

Enfin, les « oui, mais » sont plus que nombreux de la bouche des élèves et aussi des parents… et aussi de certains collègues qui remettent en doute mes remaniements pédagogiques.

4)  Se sentir seul et gérer l’incertitude

Justement, ces remises en question constantes de toutes parts peuvent devenir lourdes à gérer. J’informe ma direction et mes CP de l’avancement de cette aventure et des essais pilotés en joignant à de brefs courriels les traces de publications web qui parlent de nous, qui reconnaissent le travail fait. Aucun retour dans l’immédiat (l’histoire montrera, à la fin du parcours, que plusieurs ont suivi l’aventure silencieusement et de manière tout à fait intéressée. Le temps s’avère un ennemi pour les échanges. Tous sujets confondus). Sans doute est-ce normal. Je ne fais que mon travail, comme tous mes collègues. C’est l’exploration qui m’insécurise et qui m’amène à avoir davantage besoin de soutien, en fait, de feedback qui me confirmerait être dans le droit chemin. Je dois travailler mon intelligence intrapersonnelle à ce sujet!

« Moi, là, Anick, je trouve que tu travailles pour rien. Ça ne changera rien! Tu peux ben continuer à jouer avec eux, ils n’apprendront pas plus. Et les ordinateurs, on les utilise aussi, partout. Ils font plein de recherches les élèves. Ils font des Power Point. Et ils ne réussissent pas mieux. « 

Je tente des réponses qui mettent en lumière la nuance importante qui existe entre le changement d’outils et le changement de pratiques…

« En tous cas. »

Et la discussion se termine là. Trop souvent. Pas tout le temps. Presque.

Enfin, cet état de fait amène certaines incertitudes quant à la pertinence de ce qu’on tente comme remaniement, comme actualisation. Une incertitude qui doit, dans le quotidien, être quasi gérée seule. C’est là que prend tout son sens le réseau professionnel d’échange. Facebook, Twitter et, surtout, le partenariat avec M. Rich savent venir stabiliser le sol lorsque j’ai l’impression qu’il s’effondre sous mes pieds…

Et c’est là où prend tout son sens la présence quotidienne de ces êtres complets qui se trouvent dans la même pièce que moi…

Magie et épines – Partie 1: segment magique

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Toujours en expérimentation avec l’aventure des Merveilles du monde, je prends un temps pour garder des traces de cette mise en place. Pour moi, pour vous, pour être seuls, mais ensemble!

Comme pour toute bonne aventure, il y a des moments magiques (est-ce réservé aux poudings, cette expression?) et d’autres qui savent irriter, comme des épines. Voici donc un peu de tout ça jusqu’à maintenant!

Magie

1) S’adapter à la situation de communication…

Au départ, l’utilisation de Twitter a été chaotique. Où est la magie? Laissez-moi aller!

Les élèves, peu conscients du concept inconnu d’identité numérique, n’entrevoyaient pas la portée mondiale et incontrôlable des publications sur les réseaux sociaux, et ce, malgré l’amorce faite à ce sujet lors du bloc 1 de l’aventure. Plusieurs interventions ont dû être réalisées quant au choix d’avatar et, surtout, à la qualité de la langue (pour ne nommer que cela!).

L’engagement progressif de différents acteurs a supporté l’avancement foudroyant qui s’est opéré. En effet, la visite du M. Rich de @ClassedeMRich a su donner vie au cyber en le rendant réel. À cela se sont ajoutés d’autres abonnés tels que @AnneGucciardi (responsable du projet lecture de l’école), @julie_vzina (orthopédagogue de l’école), @yvanpelletier (enseignant de l’école) . À l’intérieur de leur école, les élèves suscitent l’intérêt d’autres professionnels, et on devient témoins de discussions de corridor où les mots « Twitter », « Popplet« , « Bonpatron » et « Larousse.fr » résonnent. Des élèves présentent des outils à des adultes avec assurance et conviction, comme des conseillers.

Lorsque les élèves ont vu les salutations suisses de @classe6eynard, ils ont cru à une blague. Certains sont demeurés perplexes jusqu’à ce qu’ils voient passer l’article de @Sebastienwart qui présentait en détails notre aventure en incluant des tweets d’élèves de nos groupes. Là, ils ont saisi l’ampleur. Ils ont compris qu’ils étaient lus par plus de gens que ceux qui se trouvaient dans la classe. Alors que cela générait un stress chez quelques-uns (qui voulaient tout abandonner, car le défi devenait trop grand), d’autres y voyaient la possibilité d’obtenir « reconnaissance » au-delà des murs d’une seule et même classe. Je leur ai aussi exposé l’anxiété qui m’avait envahie en voyant les vidéos de mes balbutiements de classe inversée. « On voit ma face… tout à coup qu’on juge que je ne suis pas une bonne enseignante… je sais que mes vidéos ne sont pas parfaites… que vont dire les autres? » On a normalisé cette peur. Sartre avait vraiment raison d’écrire que « L’enfer, c’est les autres ». Grâce à la conférence sur l’estime de soi de M. Widemir Normil, on a choisi de « ne laisser personne péter notre balloune! » « Go on Anick! On est avec toi! » (1ère secondaire… Oui, ils m’impressionnent aussi! ;))

Et soudainement, un parent nous suit sur Twitter. Puis une amie à moi, mère perplexe et intriguée. Du jour au lendemain, @Classe_dAnick voit s’ajouter des abonnés inconnus et, de ce même jour à ce même lendemain, les élèves gazouillent de plus en plus. Pour d’autres raisons aussi que les « tweet-missions » données en classe.

Pendant un cours d’ECR en compagnie d’un remplaçant, les élèves ayant terminé leur recherche peuvent s’occuper comme bon leur semble. Ordinateurs en main,  le groupe 11 choisit de soutenir le groupe 13 qui se trouve en français en gazouillant des indications de correction avec le mot-clic deviné par déduction #corr13. D’autres publient des informations surprenantes recueillies lors de leur recherche d’ECR. Certains en profitent pour compléter leurs « tweet-missions ».  (Quelques-uns encore penchent pour les échanges sociaux incluant les « sa va? » contre lesquels nous sommes en cavale. Je n’ai pas eu à intervenir. L’intervention avait déjà été faite quand j’ai croisé ces quelques-uns…)

Parfois, le soir, je reçois des messages privés d’élèves qui, voulant s’assurer de bien rédiger leur gazouillis, s’informent des outils d’aide à la correction qu’ils pourraient utiliser ou des mots-clics à intégrer. Si je ne suis pas suffisamment rapide à répondre à leur gout, ils se retournent vers le groupe et publient leur questionnement sur le fil. Souvent, ce n’est pas moi qui solutionne le problème! On assiste donc à un partage sur plusieurs plans.

2)  lecture aisance-fluidité (Bloc 2)

Il y a 4 ans, accompagnée par Mme Lacharité, j’ai expérimenté ce type de lecture en accompagnement de douze élèves en difficultés lors de 4 à 6 obligatoires après l’école. Cette même année, j’ai observé M. Turcotte, un enseignant d’une autre école, responsable de l’accompagnement en lecture. Dans son école, pendant 3 mois, on retirait une douzaine d’élèves de certains de leurs cours pour travailler la lecture et chaque rencontre commençait pas la lecture aisance-fluidité.

L’idée générale de ce type de lecture est de rencontrer le texte à répétitions, à haute voix, pendant 10 minutes. L’enseignant écoute chacun et intervient pour ajuster les méprises. On remarque ainsi que:

  • certains élèves décodent bien les mots de 2 syllabes, pas ceux de trois;
  • d’autres escamotent tous les petits mots (prépositions, déterminants, pronoms) et décryptent bien les longs;
  • plusieurs devinent les mots longs;
  • peu reprennent lorsqu’ils ne saisissent pas le sens des phrases lues;
  • la ponctuation apparaît accessoire pour la plupart.

Ainsi, on se rend compte que le sens à construire lors de la lecture est altéré pour diverses raisons. Tant que cette lecture se fait en silence, il est impossible de déceler là où le bât blesse et de pouvoir intervenir en guidant.

En classe régulière, l’intégration étant en vogue, on se retrouve avec des élèves pour qui cette lecture à haute voix est aisée et d’autres pour qui elle est plus qu’ardue. À quoi bon la mettre en place si elle ne peut être bénéfique pour tous?

Ah! Pour plusieurs raisons, je vous l’assure! Et qui a dit que tous n’y trouveraient pas leur compte, hein?! 😉

En effet, l’attention et la concentration sont des gestes mentaux nécessités par ce type de lecture. Plus d’un sens est mis à profit. Le bourdonnement qui naît de la lecture simultanée amène d’emblée les élèves à dire : « Je ne suis pas capable, le bruit me dérange. » Combien de fois plusieurs ont choisi cette excuse pour contourner l’exercice? Je ne les compte plus! « Essaie. » « Non, moi, je ne suis pas capable. » Temps d’arrêt. Discutons du poids de ces mots « pas capable » sur notre cerveau…Jasons de ces gestes mentaux que notre cerveau est humainement capable de poser. Trouvons des moyens. Les chanteurs placent leur main près de leur oreille pour créer une caisse de résonnance. Et si on essayait? « Moi, je vais boucher mes oreilles. » Ok. « Moi, je vais aller m’asseoir dans le coin intra. » Ok. Et on réessaie.

Au départ, près de 50% étaient rébarbatifs, qu’ils soient titulaires d’un bulletin de 91% ou de 32%. La situation a tôt fait de changer et, hier, lors de la dernière période de lecture aisance-fluidité intensive, tous lisaient à haute voix, attentifs à leur texte, concentrés sur leur propre voix, assurés dans leur lecture à la ponctuation plus efficace, entre autres.

À la fin:

« Eh puis, qui a vu une progression dans son habileté à lire depuis le début de l’expérimentation? » 28 mains levées. 29 élèves.  Même les plus habiles lecteurs sont capables de qualifier l’amélioration.

« Mme Anick?

– Oui!

– Merci! Je suis bien content que vous nous ayez forcés à lire comme ça. Ça m’a vraiment aidé. Je fais mes devoirs de math en lisant à voix haute à la maison.

– Et en classe?

– Ben non, je ne peux pas, je vais déranger les autres… »

Et si pour cet élève (et tous les autres qui hochaient la tête) cette lecture était nécessaire pendant un temps, ne pourrions-nous pas lui (leur) permettre d’utiliser ses oreilles pour comprendre ce qu’il lit? Discussion de salon du personnel à venir! 🙂

3) Classe inversée : Improvisation libre avec les moyens du bord

Pour l’instant, cette façon de faire soutien l’apprentissage des élèves les plus doués, ceux qui sont habituellement ralentis par le rythme du groupe. Les vidéos les accompagnent et font naître des questionnements pertinents auxquels je peux répondre pendant qu’une vidéo s’occupe d’éclairer un autre élève. Et vice versa. C’est la parcelle magique! Voici celle qui est plus épineuse et qui prépare le terrain pour l’article Magie et épines – Partie 2 : segment épineux:

Bon, à la base, j’aurais voulu pouvoir implanter la classe inversée telle que mes lectures m’ont amenée à la comprendre. Cours en « devoir », travail accompagné à l’école.

La réalité est que:

  • 11 élèves n’ont pas Internet à la maison;
  •  6 ont des interdictions d’y avoir accès pour des raisons de gestion de comportement propre à chaque cellule familiale;
  • 3 ont des parents qui ont choisi de dire que cette utilisation d’Internet n’est pas pertinente et qu’il serait plus judicieux de continuer à apprendre comme eux ont appris. (Il faut savoir qu’ils ont tout de même signé la feuille qui présentait la situation pédagogique de la classe de français de Mme Anick… Mais je ne me questionne plus, car ce sont aussi ces parents qui, lorsque leur enfant est en suspension externe, en profitent pour aller magasiner avec eux…);
  • Ah, eh puis, les élèves n’ont pas accès à Youtube à l’école. (C’est une question de bande passante que je peux comprendre. J’ai fait la demande d’ajout de droits d’accès au profil des 11 élèves qui n’ont pas Internet à la maison. La demande est toujours en attente sur un bureau quelque part. Sans doute une question de ne pas créer de précédents… En attendant, je fais des récupérations supplémentaires de visionnement, je dépose les vidéos qui ne sont pas trop lourdes sur le lecteur « communélèves » de ma commission scolaire, j’invente des solutions et, surtout, je respire profondément!)

Bon, voilà le topo! Pourquoi m’entêter, dans ces circonstances, à verser du côté de la classe inversée?

Parce que j’y crois! Parce qu’il y a déjà des retombées pour les élèves qui ont déjà une facilité à progresser dans le système scolaire. Parce que certains parents travaillent avec leur enfant à la maison (honnêté : pour l’instant, on ne parle que de deux cas isolés connus… ils existent ces cas!). Parce que, si l’élève en difficulté finit par se mobiliser, il y trouvera son compte, c’est indéniable. Parce qu’un changement de manière de faire ça ne se fait pas « sur un dix cennes », je persévère!

Techniquement parlant, c’est encore à peaufiner! J’ai exploré JING, CAMstudio, l’enregistreur des produits SMART (mais je n’ai pas de TNI), la webcam et Windows Live Movie Maker. Je me suis imposé des limites de temps, car le perfectionnisme peut rapidement rendre cette façon de faire énergivore et occasionner des pertes de temps monumentales qui affecteraient l’équilibre mental en diminuant les temps d’arrêt nécessaires à tout être humain! Je ne suis pas encore satisfaite de la qualité des vidéos. Du son surtout. J’envisage l’achat d’une tablette Bamboo connect pour faciliter ma vie sans TNI (disons-le, écrire avec une souris ou un pavé tactile, c’est un art de dextérité qui n’est pas évident à maîtriser! Les élèves rient de ma langue qui se pointe lorsque je tente la manoeuvre!) et d’un micro-casque pour améliorer la qualité sonore.  Je pense que j’irai magasiner et que je m’offrirai ces outils moi-même! J’ai envie de continuer à avancer!

À suivre…

Une aventure, c’est le cas de le dire!

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De recueil de textes lus et annotés suivi d’un examen de lecture, la séquence d’enseignement Les Merveilles du monde contemporain rédigée en 2008, alors que j’avais encore beaucoup d’énergie, est devenue potentiellement une histoire d’étape Lanaudière-Laurentides, adaptation scolaire-régulier, old and new school.

Si la semaine dernière nous nous sommes questionnés sur le concept d’identité numérique en prenant position physiquement et mentalement lors d’un débat kinesthésique, en composant des cartes de jeu Questions-Réponses, en empruntant ensuite les règles et la planche du jeu Cranium, en réagissant au visionnement d’une vidéo sur l’identité numérique par le biais de Twitter, et ce, après avoir conçu une charte d’utilisation, cette semaine, mes élèves découvrent le monde et ses merveilles sans autre limite de sélection que l’émerveillement. Et ils partagent leurs découvertes. Sur Twitter.

Parfois, on doit intervenir sur les choix de photos utilisées et, puisque c’est un endroit public, on se questionne ensemble. Et l’élève fait le changement le soir-même. Avancement! Et un autre s’informe auprès du groupe de l’exactitude de sa compréhension du devoir à faire, et ce, sur Twitter. En même temps que l’un partage ses notes de classe inversée en intégrant l’image de son Popplet dans un gazouillis, un autre, plus rebelle, se joint enfin à l’aventure et y prend part. Victoires!

Je découvre enfin, en pratique, en réalité, en vrai les effets de tous ces changements opérés dans ma vision, dans ma pratique, dans ma formation grâce à toutes ces rencontres tantôt cyber réelles, tantôt réellement 3D.  Alors qu’on croirait que pour parvenir à jongler avec toutes cette technologie et les inquiétudes qui lui sont inhérentes, je prendrais part à des formations à ce sujet pour parvenir à tout saisir, à tout maitriser, j’opte pour explorer le cerveau, l’intelligence multiple, les diverses pratiques pédagogiques, etc. Et le reste, le côté techno, il est si simple à apprivoiser! Tu as un besoin, tu trouves un moyen en questionnant ton réseau professionnel qui finira par s’élargir au fur et à mesure que l’exploration se fera. « Step by step » On fait du pouce sur les idées et les conseils des autres et on devient ensuite apte, à notre tour, à accompagner un autre collègue. Du mentorat à l’école, et aussi du cyber mentorat!

Enfin, l’aventure se poursuit! Chaque jour, on s’amuse!

Je referai un topo de l’avancement à la fin du bloc 2. Pour parler le même langage, sans doute gagneriez-vous à consulter le site de ma classe 😉 Suivez-nous aussi sur Twitter @Classe_dAnick !

Décoiffer, ça mène loin!

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J’aime bien les éléments déclencheurs qui décoiffent. J’aime bien surprendre mes élèves et leur permettre aussi de me surprendre par la profondeur de leurs réflexions humaines. Je souhaite souvent qu’ils en retirent quelque chose de permanent. Une voix de conscience sociale, ou de conscience de soi. Enfin, je vis d’espoir!

Je vous partage deux-trois idées 🙂

Des pubs qui parlent de racisme, 50 pubs!

Je twittais et je suis tombée sur un lien d’une collègue en univers social: le voici! Merci à Hélène Séguin!

La musique. Un peu.

Il y a tellement de bons auteurs compositeurs interprètes francophones merveilleux et qu’on fait radiophoniquement taire que je me dis qu’il est de notre devoir de passeurs culturels d’en faire découvrir les couleurs. Je ne me fais pas agente d’artistes, mais bien agente de culture sans prétention!

Mon papoute d’amour me demandait l’autre fois, dans la voiture au retour d’un spectacle de Mickey Mouse: « Pourquoi ZAZ, elle dit qu’elle mange avec ses mains dans la chanson tante Anick? » On écoutait « Je veux ». À 4 ans et demi, il se questionnait déjà sur les recoins de la littérature. Il a besoin de créer le sens.

J’ai fait écouter L’écrivain d’Alexandre Poulin à mes élèves. Ils ont fait leur production écrite avec un crayon remis enroulé dans un velours épais. Sourires complices. Sourires complices.

 

Construire un cours autour de ce genre d’éléments, j’adore!