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« Chaque jour : +1 »

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Chacune des brindilles de gazon porte maintenant son manteau blanc. L’hiver s’est installé. Lorsqu’on respire à l’extérieur, l’air qui entre glace nos paroies nasales et celui qui sort nous plonge dans un nuage de fumée. C’est un signe hivernal! Et sur cette neige, des paillettes pétillantes de soleil. Décor propice à la réflexion!

Nous avons tous vu défiler sur les médias sociaux les messages illustrés à la morale qui fait du bien. « Here, it’s where magic happens », vous l’avez vu? Voyez-vous ce cercle défini en périphérie éloignée duquel un point se tient fier sous cette phrase de moins de dix mots qui secouent? Non? La voilà!

 

 

Eh bien, chaque fois, en effet, que je me suis aventurée vers ce point, quelque chose de magique est né. Or, ce n’est pas du tout survenu de la manière que j’escomptais. C’est pour ça que je ne la voyais pas s’opérer, cette magie. Et le doute s’installait, et je revenais en lieu sûr, là où la certitude apaise. Chaque soir pourtant, je regarde au loin ce point-citation comme une étoile, mais la dernière fois que je l’ai approché, mes attentes ont été déçues. Déception, doute, désengagement. Mais sécurité. Peut-être le mystère de la foi est-il grand, mais celui de la peur l’est mille fois plus. Ventre noué, quinte de larmes, insomnie, stress, fatigue, sentiment d’inachevé, je construis le champ lexical de la peur.

« Chaque jour, +1 », aurait dit en français John Hattie, s’il eut parlé cette langue. Depuis que j’ai choisi l’enseignement, depuis que j’ai choisi l’apprentissage, chaque jour, j’ai fait +1. Chaque jour. Je ne me souviens que d’un petit nombre d’entre eux. Parfois, c’est en me remémorant hier que je parviens à les voir. Mais hier, je ne le voyais pas, j’avais l’impression d’avoir reculé. Hier avait fait naitre découragement, doute et déception. Par chance, aujourd’hui est toujours là et demain existe encore!

+1  grâce à ces enseignants passionnés et inspirants qui m’ont fait gouter à une école savoureuse.

+1 grâce à mes collègues de classe avec qui j’ai appris lors de nos soirées d’études. Ce que nous avons appris en questionnant la pertinence de certains travaux, de certaines notions! On apprenait à réfléchir, à tenter de trouver un sens! Seule, ça tourbillonnait! Parfois, c’était bon de pouvoir normaliser, partager, développer avec des pairs, amis, partenaires dans l’apprentissage!

+1 grâce à la curiosité.

+1 grâce à ces quatre enseignants qui m’ont accueillie comme stagiaire. Je ne pense pas qu’on octroie assez d’importance à ces rencontres professionnelles… Les stages sont, en fait, un accès privilégié et généreux à la réalité scolaire guidé par un expert du quotidien de la classe. Il n’y a rien de plus vrai que ce qui se passe dans une classe pour apprendre l’enseignement et voir s’opérer la dynamique de l’apprentissage.

+1 grâce à ces @ et # qui se sont mis à défiler sur un fil d’actualité qui me nourrit de ce que j’ai demandé. Twitter et les groupes Facebook permettent même un +1 à la seconde! Cela peut mener à une saturation. À consommer avec modération! Posologie : +1 au besoin.

+1 grâce aux défis que mes élèves m’ont lancés, chaque jour en ne comprenant pas, en disant que c’était impossible, que ça n’avait pas rapport, … Chaque fois, ils m’ont amenée à mieux comprendre les processus d’apprentissage, l’importance des deux piliers que sont les émotions et les sentiments. Ce n’est pas survenu sans ces phases de déception, de doute et de désengagement pourtant, mais aujourd’hui, je vois tous les +1.

+1 grâce aux défis professionnels qu’on m’offre de relever. Vivre l’enseignement-apprentissage en ayant le privilège de pouvoir regarder la situation d’un autre angle, c’est inestimable! Chacune des composantes organisationnelles de l’enseignement-apprentissage compte, joue un rôle, influence, a un impact sur l’apprentissage, cœur de l’éducation. Chaque +1 professionnel se constate entre moult instants de déception et de doute momentanés.

+1 grâce à mes collègues dont l’expertise, différente de la mienne, est complémentaire et nourrissante. Il m’arrive de m’imaginer ce qu’une chaine d’addition de notre expertise à chacun pourrait donner comme résultat. Le total serait pétillant! Les CAP (communautés d’apprentissage professionnel) sont le moteur d’un travail où l’expertise de chacun fait tourner le moteur. Je me retrouve, apprenante perpétuelle, à construire le sens avec mes collègues, à questionner, à réfléchir, à expérimenter, à partager.

+1 grâce aux résultats de recherche en éducation. J’aime découvrir cette séquence d’analyse, ce cercle perpétuel de l’apprentissage.

ASirard

 

On n’a pas toujours la solution au moment où on croise un obstacle. Chaque fois, on a deux choix : « aller vers » ou « éviter de ». En « allant vers », on choisit de persévérer, de croire qu’il y a un moyen, ne serait-ce que de changer de chemin, d’accepter l’expertise des autres en la matière pour franchir cet obstacle qu’on peut considérer comme insurmontable à prime abord. « Aller vers » ne signifie pas que la peur n’est pas là… En « évitant de », on refuse d’accepter qu’on a d’autres possibilités, on décrit l’embuche, on est déçu, on doute, on se désengage.

Ce matin, en regardant les cristaux sur la neige, j’ai fait rouler la roue…

Les chercheurs font une prise de données, l’interprètent, choisissent une piste, l’explorent puis refont une prise de données et ainsi de suite jusqu’à l’atteinte de l’objectif qu’ils se sont fixé. Là, peut-être qu’un autre sera fixé. Les objectifs sont faits pour être atteints sans quoi le sentiment d’accomplissement ne vient jamais! Comment saurais-je que je réussis? Est-ce que cela ne se calcule qu’en pourcentage, en argent, en matériel ou en nombre d’amis? La réussite n’est-elle que sociale? La réussite, c’est de pouvoir se dire qu’on a fait, chaque jour, +1. Et ce +1, il dépend du point de départ de chacun. +1 ajouté à une équation demeurera toujours +1, il aura la même valeur.

Et la roue tourne.

Point de départ : la solitude de Jérémy.

Prise de données : faits de vécu, constats d’attitude, émotions nommées

Interprétation : fausse croyance (les faits prouvent que la croyance est fausse, mais bien ancrée) née d’émotions perçues comme vraies

Choix d’objectif : rendre visibles les occupations sociales du quotidien pour que soient aussi visibles les pleins, pas que le vide, impression de la solitude.

Choix de l’intervention et expérimentation : au quotidien, un calendrier est rempli et un bonhomme attitude est dessiné pour illustrer l’état émotif.

Prise de données : combien de jour l’émotion positive était au rendez-vous? Qu’est-ce que ces jours avaient de particulier? Quel contrôle as-tu eu sur ce qui se passait ces mêmes journées? Es-tu surpris du nombre de jours où tu ne te sentais pas seul? Qu’est-ce que cela te dit?

Interprétations : …

Choix d’objectif :…

Choix d’intervention et expérimentation :…

Prise de données : …

 

Peu importe le point de départ.

Professionnel, relationnel, monétaire, caractériel, émotionnel, etcaetérel.

 

* L’idée du +1 provient de Visible learning for teachers de Hattie, 2012.

J’ai vu passer une étoile filante…

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Je n’ai pas écrit de l’été. J’ai préféré lire les mots des autres, emprunter leurs yeux pour voir le monde et les laisser m’aider à continuer mon tricot de repères.
Je n’ai pas écrit de l’été.  J’ai eu envie de gouter mon été en en vivant l’histoire.  Et quelle histoire!
Maintenant, il me plairait bien de juste partager avec vous des parcelles de ce au travers quoi mes idées ont voyagé sous le soleil brulant, bien callée dans mon divan, avec des copains qui rendent la vie pétillante, entre les pages de Bauermeister et Hattie, en compagnie de jeunes avides d’apprendre comment ils apprennent et dans une voiture.

C’est le retour au boulot bientôt.  L’été, on se l’est bien tricoté, on s’apprête maintenant à se tricoter une année le plus à notre gout possible. C’est beau l’enseignement et l’apprentissage, mais c’est aussi bien déroutant certaines fois…

Déséquilibres et rencontres

Lire Hattie, Meirieu, Barth, Bruner, Willingham ou Baillargeon, c’est choisir de vivre des lectures confrontantes qui m’ont poussée à ralentir ma cadence de lectrice experte pour prendre le temps de vraiment créer le sens.

C’est poser un regard sur ma qualité d’enseignante, c’est vivre l’état de déséquilibre quand mes repères changent de place.

C’est aussi, et surtout, tenter d’ancrer ces nouvelles idées acceptées dans un quotidien qu’on se répète être exigeant.

Tout ce noir sur papier blanc bouillonne et trace de larges bandes et de délicates notes colorées dans notre réseau des concepts et le schème se précise.

Lorsqu’on fait une belle rencontre, on a envie de la revivre encore et encore en la racontant à ceux qui nous entourent avec les couleurs qu’on y a vues. Or, on se rend vite compte que les mots que l’on tente de choisir pour dépeindre oralement la toile éclatante qui s’est dessinée dans notre cortex à partir des noirs caractères ne réussissent pas à recréer l’éclat… Le partage que l’on espère ne survient pas toujours.

Parfois, l’envie d’entendre cette histoire n’est tout simplement pas au rendez-vous. Parfois, au contraire, c’est le bon moment et les questionnements intéressés et lucides ébranlent la compréhension initiale, obligent à retrouver un nouvel équilibre, à ajouter de nouvelles couleurs. C’est fort des discussions entre professionnels passionnés!

Passion

Et des passionnés, nous en sommes tous. Choisir l’enseignement, c’est un choix de cœur. On pourrait penser que notre cœur est à notre matière. Certes, il l’est, mais il est aussi et surtout à l’apprentissage sinon, on aurait choisi d’étudier en littérature exclusivement, non pas en enseignement du français au secondaire. Notre passion, c’est l’apprentissage, c’est prendre part à la progression de chaque élève. C’est voir l’étincelle de compréhension. C’est avoir le pouvoir de choisir parmi toutes nos ressources celles qui, nous le savons quelque part en nous (l’intuition?), sauront avoir la plus grande incidence sur l’apprentissage de nos élèves. Tous.

La passion pourrait bien être la seule ressource naturelle renouvelable.

                                                                                                                   – Doug Reeves

C’est d’ailleurs cette passion qui m’a amenée certaines fois à rager ou à me sentir impuissante devant les obstacles rencontrés par certains élèves. « Tu ne peux pas tous les sauver », disait-on. Et ça veut dire quoi « sauver un élève »? Ne sera-t-il « sauvé » que lorsqu’il aura atteint le standardisé 60%? Peut-on le considérer « sauvé » s’il parvient à croire enfin qu’il peut lui aussi apprendre? Est-il convenablement « sauvé » s’il développe sa méthode gagnante, s’il identifie ses difficultés et accepte de les surmonter une à une, pas toutes à la fois? Car on peut tous apprendre, peu importe notre âge. « La plasticité du cerveau », affirment les neuroscientifiques. Cela dit, on a parfois l’impression de ne pas toujours avoir les outils pour tous les aider comme on se demande de le faire puisque poussés par la passion que l’on a pour l’apprentissage. « Pour chaque élève, chaque jour, +1 à partir de son point de départ à lui », voilà l’exigence qu’Hattie nous propose d’avoir.

L’apprentissage de l’abstraction. Des lieux communs aux concepts clés.

Visible learning for teachers. Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école?

Légendes pédagogiques. L’école des saveurs.

Les grandes lignes de Visible learning for teachers

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Ces ouvrages mettent des mots sur ces zones marécageuses que le quotidien déjà bien rempli ne nous permet pas toujours d’aller explorer. Ils ébranlent. Dès lors qu’on a nommé l’inconnu, il existe et ne peut être ignoré. On sait qu’on gagnerait à changer certaines pratiques, mais comment? 

Il faut que je refasse tout. Il faut que je travaille jour et nuit. Il faut…

Oui, mais je n’ai pas le temps. Oui, mais ça fonctionnait avant. Oui, mais on n’a pas les ressources. Oui, mais…

Changements de points de repère. Réaction normale, humaine, lucide. L’identification des obstacles est une force. « En sachant ce que nous ne savons pas, on peut apprendre », soulève John Hattie.

Et en sachant qu’on fait partie d’une équipe, on peut aller au-delà de bien des obstacles.

La ligne directrice: une compréhension commune de la progression et du programme

Le coeur: l’apprentissage (l’enseignement est au service de l’apprentissage)

Le moteur: l’erreur, la passion et le feedback

Le cadre: la croyance en la capacité de tous d’apprendre et le climat sécuritaire où l’erreur est identifiée comme un moteur

La formule (et non la recette…): connaitre le bagage des élèves, rendre publiques les intentions d’apprentissage et les critères de succès (comment verra-t-on qu’on a réussi?) avant de s’engager, savoir qu’il y aura diverses routes qui y mèneront (à chaque obstacle/erreur, une nouvelle route se tracera) et préciser ce qui viendra après.

La tactique: bénéficier de la force de l’équipe de professionnels pour régulièrement évaluer, par le biais de la critique partagée, l’impact de nos choix sur l’apprentissage des élèves.

La clé: impliquer l’élève dans la connaissance de sa progression, de son cheminement en l’amenant à avoir une vision de plus en plus juste de sa réussite (self-report grades, 1.44 – John Hattie, Visible learning, 2009). Il choisira de plus en plus les stratégies qui sont gagnantes pour lui, il pourra dire avec de plus en plus de justesse le résultat qu’il peut parvenir à obtenir au regard du succès dépeint dès le départ par l’enseignant, etc.

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L’enseignant est l’acteur principal, par sa passion et son pouvoir d’influence

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Il me reste 71 pages à lire…

Les processus sensoriels : explications potentielles à certains comportements

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Je roulais en voiture et entretenais l’espoir de pouvoir enfin ouvrir ma fenêtre et sentir l’air printanier, mais la procédure aurait entrainé l’hypothermie. Le printemps choisit de se faire timide. Mon cerveau était, à ce moment précis, en train de constater l’information paradoxale livrée par ce soleil flamboyant quand soudainement, la radio nationale m’a extirpée de cet état semi-mélancolique! On mentionnait que dans les quatre dernières années, une augmentation de 40% des prescriptions de médicaments pour enfants et adolescents avait été observée. Ce phénomène se retrouve aussi du côté des adultes…

Avec une amorce comme celle-là, on pourrait croire que je m’apprête à rédiger une envolée protestataire, mais il n’en est rien! Qu’est-ce qu’un petit billet de blogue pourrait y faire?

Non, cette information m’a plutôt fait réfléchir… (Ah! ce que les balades en voiture peuvent offrir comme temps de réflexion!) D’abord naturalistes, mes pensées se sont tournées vers la classe, vers ces élèves qui, chaque matin, doivent avaler une pilule qui intervient clairement sur leur comportement. Étrangement, aussitôt qu’un enfant présente une différence comportementale par rapport à la norme acceptable, alors qu’il n’est visuellement pas atteint d’un handicap notable, on opte pour la présence potentielle d’un TDA(H). « Il est hyperactif, c’est sûr! Ou il a un déficit d’attention… Ça n’a pas de bon sens! Il n’est pas capable de suivre. Pantoute! » Et on demande une évaluation, car on sait qu’il faut agir, que l’on soit parent ou enseignant. Le nombre de demandes d’évaluation aussi augmente, dit-on, et le temps entre cette demande et la tombée d’un diagnostic est peuplé de soupirs. Aurait-on pensé envisager une autre potentielle explication à ces comportements? En existe-t-il d’autres ou tout est question de TDA(H)? Comment peut-on réagir, réfléchir, intervenir devant un constat comportemental?

Deux jours plus tard, j’assistais à une présentation de Mme Lemay, ergothérapeute, qui portait sur les processus sensoriels.

La vie m’étonnera toujours!

N.B. Les propos qui suivent se veulent un partage de la richesse de la présentation de Mme Lemay, de contenus de cours sur le fonctionnement du cerveau suivis avec M. Robillard et Mme Lafontaine à l’UdeS au 2e cycle et jugés pertinents dans ce cadre ainsi que de lectures complémentaires, entre autres sur le Portail enfance. La plupart des exemples ont été empruntés. En aucun cas il ne faudrait considérer ce billet comme le lieu de consignation de la part d’une professionnelle du sujet. Je ne suis pas ergothérapeute ni même psychologue ou professionnelle de la santé. Je suis une enseignante qui a été nourrie par ces apprentissages et qui juge pertinent de les partager, humblement.

Les processus sensoriels

« Les processus sensoriels permettent d’utiliser et d’interpréter les stimulus de l’environnement captés par nos différents sens et de transformer le tout en une réponse comportementale adaptée. »

Lorsqu’on parle de sens, on fait souvent référence à ce VAKOG (visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif), mais  en lisant sur les processus sensoriels, on semble préciser le K : le toucher (profond et léger), le vestibulaire (mouvement et gravité : placement du corps dans l’espace) et la proprioception (sentir son corps, en avoir conscience).

Chaque stimulus de l’environnement est traité. Chacun. Présentement, vos yeux reçoivent la lumière d’un écran, décryptent des caractères noirs sur un fond blanc, peut-être sont-ils brulants de fatigue? Vos oreilles, qu’entendent-elles? Les bruits d’une foule? Le vent? Le roulement des voitures sur la route près de l’arrêt de bus? Et votre corps, est-il confortable? Debout? Assis? Le cou recourbé pour regarder un écran de 17 pouces ou de 7 pouces? Vos vêtements sont-ils confortables? Ressentez-vous l’élastique de vos caleçons, la ceinture à votre taille, le bracelet sur votre poignet? Sentez-vous le dioxyde de carbone, la lavande de votre diffuseur, les pieds de votre conjoint? Est-ce que des enfants courent autour de vous?

Filtrer

Quelles que soient les circonstances dans lesquelles vous vous trouvez au moment où vous lisez ce billet (merci de le faire d’ailleurs!), il y a un nombre impressionnant de stimulus que vos sens interprètent et filtrent. Vous parvenez à faire fi de plusieurs de ces stimulus et à ne choisir que les lettres noires sur le fond blanc comme objet d’attention, on dira que c’est votre réponse comportementale adaptée à la situation. Le traitement des stimulus par vos processus sensoriels est autorégulé.

Certains jours, ce sera plus ardu de ne pas laisser la télévision qui joue en arrière-plan ou l’horloge qui bat les secondes venir altérer notre attention … il faudra agir sur l’environnement pour que le traitement se fasse adéquatement.

Le filtre apparait avoir ses limites circonstancielles.

Parfois, ce filtre ne s’applique pas et, pour certains, le traitement des stimulus est problématique. Et, mettons l’accent sur ce point, ce n’est pas une question de capacité physique. On ne dira pas d’une personne vivant avec une cécité qu’elle a un trouble de l’intégration sensorielle visuel… Sa condition est relative à une capacité physique, « ce n’est plus une question de traitement de l’information par les processus sensoriels », précise Mme Lemay.

Mécanismes de traitement sensoriel

Chez chacun de nous, lors du traitement de l’information captée par les sens, deux mécanismes sont impliqués : la discrimination et la modulation sensorielles (Anzalone & Lane, 2011).

La discrimination, c’est la capacité de dissocier les différents stimulus, de les distinguer et de les traiter en fonction de leurs caractéristiques. C’est la base de toute activité praxique. C’est cette discrimination qui nous permet, les yeux fermés, de trouver au fond d’une sacoche le baume à lèvres tant recherché. Quand le trouble de l’intégration sensorielle relève d’une altération de la discrimination, la personne peut ressentir la douleur d’une lacération occasionnée par une lame apparue soudainement dans son champ de vision alors que cette dernière n’est que très loin d’elle. (Exemples de Mme Lemay)

La modulation permet la régulation de l’intensité des réponses tant sur le plan comportemental, qu’émotionnel. Cette modulation est permise grâce au bon fonctionnement du SNC (système nerveux central) et du SNA (système nerveux autonome). Rappelons que c’est ce système nerveux qui est aussi responsable de l’état d’éveil et de vigilance, c’est lui qui commande les réactions de protection et de défense instinctives. (Mes cours d’anatomie dans le cadre de ma formation en massothérapie me servent en pédagogie, n’est-ce pas du beau transfert, ça?!)

L’hyporéactivité et l’hyperréactivité sont deux possibilités d’altération du système nerveux.

L’hyporéactivité est en quelque sorte une dormance sensorielle. Il est possible de noter des manifestations d’une hyporéactivité potentielle chez nos élèves : on doit enseigner de manière très dynamique pour qu’il y ait réaction minimale chez l’élève, souvent dans la lune, lent à répondre aux consignes, peu conscient de la douleur, semble malhabile, peu curieux, est souvent dans son monde, difficulté à entrer en relation avec les autres, etc.

D’un autre côté, l’hyperréactivité amène l’élève à être en constant état de défense sensorielle. Tout est « too much » pour lui, il a du mal à se concentrer quand il y a du bruit par exemple, se fâche quand un autre élève le regarde, se met en colère quand il ne comprend pas, est irrité par ses vêtements, car il ressent tout plus que la moyenne, perçoit un déplacement rapide près de lui comme une attaque, etc.

Un autre élève pourrait être en recherche sensorielle : a une envie insatiable de sensations fortes, prend des risques tout le temps, souvent de manière socialement inacceptable, si la recherche est interrompue parce que trop dérangeante, l’enfant devient colérique, etc.

Ces observations ne sont pas des évidences d’un diagnostic certain. D’ailleurs, il revient à des spécialistes de la santé d’établir un diagnostic. Ne tombons pas dans le piège de la catégorisation comme c’est souvent le cas. L’abus du verbe « être » en témoigne! 

Bref

Au retour, à la fin de cette journée riche, j’étais en voiture et je réfléchissais… (Ah! décidément, la voiture est un lieu très intellectuel!) Je me rappelais un documentaire à Découvertes relatif au TDA(H) où l’on faisait mention d’un retard développemental du lobe préfrontal altérant la production de dopamine comme  cause du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Quant à lui, le trouble du traitement de l’information sensorielle est défini par Lucy Jane Miller comme « un trouble d’organisation des stimulus entrainant une incapacité à produire une réponse adaptée qui résulte en des problèmes dans la routine de tous les jours et dans les activités (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007) ». Il apparait donc évident que le diagnostic de TDAH ne soit pas la seule réponse à un comportement présentant des caractéristiques qui l’éloignent de la norme. Intéressant.

Bla, bla, bla, bla, bla, penserez-vous peut-être… Aucune piste d’intervention, aucun moyen concret, rien.

En fait, si, il y a quelque chose : une compréhension élargie de la réalité et une prise de conscience qui ouvrira nos horizons de compréhension et d’adaptation.

Pour ce qui est du « Oui, mais comment je fais en classe au quotidien avec cet élève? », je suis néophyte et continuerai à collecter les informations à ce sujet. Une chose est certaine, mes lunettes, comme dirait Mme Lemay, ont changé, et ma perception des comportements est sans doute plus éclairée. Si Mathias est plus attentif à une consigne orale lorsqu’il est assis à genoux sur sa chaise, il se peut que je n’exige plus de lui qu’il s’assoie « correctement ». Il se peut aussi que le concept de « position d’écoute » ait une autre signification maintenant… Sans doute, en outre, ne percevrai-je pas une réaction disproportionnée de la même façon, nuançant mes propres réactions.

Comme le monde de l’enseignement, du cerveau, de l’être humain est fascinant!

Liens

Pour en apprendre davantage sur les troubles de traitement de l’information sensorielle : Portail enfance
Pour mieux connaitre le TDAH : Trousse d’information et d’intervention au secondaire de la CS des Samares
Pour se référer aux services d’un ergothérapeute : Ordre des ergothérapeutes du Québec
Centre le Bouclier

#Clair2014, un premier jet

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Un premier jet, car je ne peux contenir toute cette énergie collectée, j’ai envie que rapidement vous y ayez accès vous aussi.

Un premier jet, car c’est une certitude que germeront d’autres graines recueillies au CAHM, et que des ébauches se préciseront.

Sans blague, que vous soyez en enseignement ou non, l’éducation touche tout le monde… l’inspiration, le leadership, la création, c’est universel. Clair est un pèlerinage pédagogique dans mon cas, un lieu de rencontres, de renaissance cognitive, un terreau de possibles, une addition de réflexions qui, littéralement, dansent un rock’n roll en ligne neuronale. Jean-Yves Fréchette (@jyfrechette et @pierrepaulpleau) « slame » la créativité, Annick Arseneault (@annickcarter1) s’ancre dans la réalité d’une classe qu’elle inverse, Nancy Brousseau (@nancybrousseau) colle des évidences pour faire un reflet et Raymond Vaillancourt dessine le leadership avec beaucoup de couleurs. Ce sont mes coups de coeur, et je ne parviens pas à n’en choisir qu’un… C’est tout dire! Offrez-vous une parcelle, croquez la saveur de ‪#‎Clair2014‬.

Grâce à la participation de l’Université de Moncton et des élèves du CAHM (l’école qui accueille l’événement annuellement depuis 5 ans déjà), les conférences de chacun sont disponibles en ligne et les présentations PowerPoint, SlideShare ou autres sont aussi accessibles.

Mes yeux brulent.

La route fut longue.

À suivre!

La rentrée scolaire comme une hâte de gamine!

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Je suis allée passer la fin de semaine au bas du fleuve, sous un soleil exquis qui lançait, généreux, ses diamants sur des eaux aux marées intenses d’amplitude. Et le vent n’a cessé de murmurer…

C’était la fin d’un été. Et le mot « fin », il est réel, mais je l’écris, le lis et le dis différemment. Sans amertume. Toujours avec hâte. Comme une gamine!

Un nouvel environnement, de nouveaux collègues riches d’expériences et d’humanité, de nouveaux projets-aventures-folies éducatifs et surtout, une nouvelle porte qui s’ouvre sur un univers de possibles, voilà ce qu’est la rentrée!

Ma lecture d’été

Qc_besoin_education J’ai tant à en dire! Ce bouquin a accompagné ces milliers de minutes de vacances que notre emploi nous offre. Il m’en reste deux ou trois pages, et les marges sont noircies d’annotations dont je parviendrai à synthétiser très certainement les grandes lignes lors d’un prochain billet.  Il est plus que bénéfique de lire les points de vue de plusieurs acteurs sociaux, témoins actifs de la réalité éducative. N’est-ce pas d’ailleurs un thème social qui rejoint tout un chacun? Oui, j’aurais pu m’offusquer qu’on n’y retrouve aucun propos d’enseignant en fonction, d’élève à bord ou de parent témoin. Oui, j’aurais pu y lire des reproches. J’ai plutôt rencontré 11 citoyens québécois préoccupés et intéressés par la situation en éducation au Québec en 2012. Des angles de lecture de la situation différents du nôtre. C’est rafraîchissant. Ça éclaire. Ça fait réfléchir. L’idée bouge, se meut, et ne meurt pas! Que les réflexions quant à l’éducation soient vivantes, pas seulement dans les écoles, montre qu’on a envie d’insuffler quelques ventilations…

Il serait profitable que quelques exemplaires traînent çà et là dans les salons du personnel des écoles, sur des tables d’appoint dans des salles d’attente… On jaserait éducation, on réfuterait, on proposerait, on solutionnerait socialement une situation sociale!

Aujourd’hui, c’était la rentrée. Un nouveau collègue et moi avons jasé de cette lecture commune en attendant les clés de nos paradis d’apprentissage. De ça, et un peu du bas du fleuve!

Mettre la table

USPPP

21 août 2013.

Certains sont déjà retournés au travail et accueilleront les élèves le lendemain. C’est principalement la réalité des écoles privées où excellent ces collègues éloignés que je rencontre au premier #USPPP de l’année 2013-2014. Près de 30 professionnels de l’enseignement, du primaire au collégial, en passant par ce secondaire que j’adore, sont réunis pour échanger d’abord leurs noms, pour ne plus être des inconnus et, ensuite, pour discuter autour du thème choisi par les organisateurs, cette fois-ci : La Valorisation de la profession.

Protégée par une pochette transparente, une série de pistes de réflexion guide les propos qui se faufilent d’une bouche aux oreilles des autres, puis d’une autre aux oreilles des uns. Soudain, au coeur de rires, @cogilbert propose un mouvement. Et nous voilà lancés à la découverte d’autres fils d’idées et d’opinions pour se tricoter, au final, une cape de possibles. Et on ressort de là avec un « suit stretch » et une folle envie de continuer à changer le monde un cours, un élève, une seconde, une discussion, une idée, une parole, une année à la fois.

Quand est-ce qu’on se revoit? Le 25 septembre? C’est noté!

Et @AleTremblay, séduite par cette première tablée, me propose de m’y raccompagner. Combien serons-nous dans cette voiture à migrer en septembre vers le #USPPPMtl ? Peut-être, en cours de route, choisirons-nous d’opter pour un #USPPPLanaudière!?

Formation continue: livraison à domicile

Si l’équipe de travail terrain a quasi entièrement changé de visage, ma cyberéquipe, elle, demeure, bonifiée par de nouveaux ajouts croisés lors d’un Tweet-up ou du #USPPP. Je raffole de tout ce que les membres de cette équipe de professionnels partagent. Tout? C’est une hyperbole car, évidemment,  il est impossible de tout capter au passage. On pige sur le fil d’actualité et on découvre des ruelles, des voies, des autoroutes qui nous font faire un petit bout réflexif, un grand bout pratique ou un voyage créatif. Bref, mon PNL ou ENA m’offre une FORMATION CONTINUE qui satisfait mon besoin de toujours nourrir ma pratique et ma réflexion pédagogiques certes, et sociale aussi. 
twitter
Vous voulez venir piger dans ce « buffet » cognitif? Oui!!! Soyez tellement les bienvenus! Au départ, je ne comprenais pas comment ça fonctionnait. J’étais spectatrice passive, voire colérique. Quand on a RT (retweeté) un des mes premiers tweets gênés, j’ai compris que j’y avais ma place, que j’avais quelque chose à dire. Ça aura pris 1 an avant que j’accorde du crédit à mes propos, que je rédige ces 140 caractères et que j’appuie, le coeur qui battait la chamade, sur « Publier ». J’aurai été figurante 1 an avant de prendre un rôle secondaire timide et finalement accepter que nous avons tous un rôle principal en tant que professionnel et que notre expérience peut rejoindre un, deux, trois, plusieurs collègues que nous rencontrerons peut-être un jour lors d’un congrès et qui s’exclameront : « Ah, c’est toi @ASirard! Mes élèves et moi avons tellement ri et appris en travaillant la reprise de l’information à partir de ta vidéo de classe inversée! » Et l’envie renaît!

Embarquez, tranquillement, rapidement, comme cela vous convient! Je vous invite @ASirard sur Twitter 🙂

ET

BONNE RENTRÉE!!!

Je nous souhaite tout le bonheur du monde au coeur de cette aventure fabuleuse qu’est l’éducation! Apprenons, désapprenons, découvrons, réapprenons, créons, et refusons de tourner en rond! Au plaisir!

L’Aventure #MduM, le topo final

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Bloc 3 : planifier et financer un voyage

Jamais je n’ai vu des élèves aussi facilement rédiger un texte courant! On aurait dit que ça allait de soi, que c’était évident que chaque paragraphe se devait de présenter son aspect, qu’il importait de bien amener le sujet et ensuite le diviser.

La notion de destinataire s’est installée dans leur schème de pensée en moins de deux. En effet, ils étaient appelés à écrire au directeur des finances de l’institution bancaire « Fric-Tive », M. Couture. Il s’agit en fait du directeur-adjoint de notre école qui a sauté à pieds joints dans l’aventure en prenant le temps de lire chacune des demandes de financement, de les recalculer et de leur répondre à l’aide des canevas d’acceptation, de refus ou d’ajustement que je lui avais fournis. Il a aussi pris le temps de venir rencontrer les élèves et de leur remettre la réponse de la banque en mains propres.

M.Couture

Les élèves y ont vu l’opportunité de montrer à leur directeur ce qu’ils étaient capables de faire. J’évaluais le brouillon (celui trituré, morcelé, témoignant du processus de rédaction vrai) et, dans une enveloppe, les élèves ont pris soin de glisser leur demande mise au propre de manière très conventionnelle sur traitement de texte. Ils soutenaient que ça avait l’air plus sérieux, plus professionnel comme ça et que ça s’adaptait davantage à la situation de communication! Cette étape leur a permis de pratiquer leur doigté, car nous avons eu peu de temps à consacrer à cela!

Curieux, plusieurs élèves ont vraiment voulu saisir le concept de « taux de change » alternant entre accords dans le GN et la calculatrice de leur iPod.

jessetsami

« Anick, si ça coûte 12 € pour aller au musée d’Orsay, ça fait combien en dollars? »

Et nos experts logico-mathématiques de répondre:

« Tu fais x1.32, parce que ça coute 1,32$ pour acheter 1€. Regarde. »

Et ils se faisaient découvrir le taux de change.

Les élèves éprouvant plus de difficultés à l’école sont souvent ceux dont les intelligences linguistique et logico-mathématique sont moins développées. Évidemment, cet exercice a été plus fastidieux pour eux. Certains ont dû reprendre, car l’énumération régnait en reine dans LE paragraphe de développement où tout s’entassait. Structurer sa pensée n’est pas inné, ça doit s’apprendre. Et le contexte m’a permis d’accompagner davantage ces élèves qui, après avoir dû reprendre, m’ont remerciée. « J’ai compris, Mme Anick. » Effectivement, il y a eu cheminement…

Cette production écrite a été faite de manière manuscrite entièrement, et les élèves ont utilisé une méthode de correction papier-ouvrages de référence. Ils auraient bien voulu avoir accès aux outils d’aide en ligne, mais comprenaient bien qu’il importe de maîtriser les deux dans la conjoncture scolaire actuelle.

BLOC 4 : voyager!

De la rationalité financière, nous sommes passés à l’imagination aérienne. Si le texte courant vise à informer de manière séquentielle et rigoureusement structurée, le texte littéraire veut nous transporter vers un ailleurs unique en créant un univers littéraire.

Pour pouvoir vivre ce voyage planifié, nous avons opté pour une visualisation. Guidés par des questions en rafale sur fond de musique « de relaxation », les élèves ont parfois fermé les yeux, dessiné sur une feuille, écrit quatre pages d’idées… Après 20 minutes de méditation guidée, ils avaient l’impression de vraiment être partis en voyage (Il ne faut jamais sous-estimer la force de nos IM intrapersonnelle et visuo-spatiale!).

« Dommage que le cours soit terminé, j’ai tellement d’idées que j’aurais voulu écrire mon récit de voyage tout de suite. Est-ce que je peux commencer chez moi? »

« Oui, car pour cette rédaction, vous choisirez un outil collaboratif web. Aucun papier cette fois! »

Quand je dis aucun, c’est aucun. Les Bescherelle et dictionnaires étaient « cachés » forçant ainsi les élèves à trouver en ligne l’outil nécessaire.

« Mme Anick, j’ai trouvé le Bescherelle en ligne », me dit un de mes poussins le sourire victorieux comme s’il était parvenu à déjouer les contraintes imposées! Ah! Quel bonheur!

Un Littmob!?

Au travers cet exercice de création, les élèves ont pris part à une entreprise d’envergure faisant appel principalement à leur intelligence interpersonnelle : la réalisation d’un LITTMOB.

Un Littmob (mot-valise inspiré de Flashmob) se veut un exercice littéraire public, comme une tempête d’idées immense, filmé par des appareils mobiles.

Pour ce faire, le procédé du « sondail » (mot-valise alliant sondage et chandail) a été retenu. Les élèves récoltaient sur un chandail les propositions de péripéties de voyage des différentes personnes rencontrées et questionnées. Ainsi, des idées ont été récoltées dans les milieux familiaux, auprès des autres élèves de l’école, dans le métro de Montréal lors d’une sortie scolaire, etc.

Cette démarche a occasionné beaucoup d’échanges en classe relatifs au courage et à la force du groupe.

Les frissons de fierté qui m’ont parcourue quand, à l’Agora de leur école secondaire, mes élèves de 1ère secondaire se sont levés sur les bancs devant les 500 autres élèves plus vieux qu’eux pour crier haut et fort :

« Après les flashmob et les Harlem shake/ faisons maintenant danser les mots/ sur nos chandails/ pour ensemble créer/ des idées folles/ produire une vidéo Youtube/ le premier Littmob au monde ! »

Et notre chanson (oui, oui, notre… en fait, la nouveauté de ZAZ « On ira » dépeint particulièrement bien notre histoire) a retentit partout.

La perfection de cette expérience n’aurait pas été si des pépins n’étaient pas survenus!

1er pépin : l’enfer, c’est les autres…

Lors du Littmob à l’Agora, évidemment, quelques élèves ont choisi d’écrire des propos non adéquats sur les chandails de ces courageux élèves plus jeunes qu’eux. À la fin, plusieurs de mes élèves semblaient débinés et nommaient que notre Littmob était gâché. Même si je demeurais en position d’écoute et de modération, à l’intérieur de moi une tristesse immense s’installait. Ils avaient tellement été courageux, avaient surmonté tant de craintes que j’avais du mal à concevoir que certains aient pu être si méchants. Quand nous avons fait un retour en classe l’après-midi même, notre discussion a mené à une solution. Trois élèves du groupe 11 ont pris la parole à l’interphone, et ce, en direct du bureau de leur directeur, M. Couture. Leur voix, celle de tous les élèves des groupes 11 et 13, a retenti partout dans les classes et les corridors, les gymnases et l’extérieur. Le message porté visait à remercier ceux qui avaient proposé d’excellentes idées et de souligner que d’autres avaient plutôt tenté de gâcher leur Littmob. À ces derniers, ils offraient la possibilité de réparer leur geste en se pointant au A-208 quand ils trouveraient le courage. Et leur message se terminait par « Peu importe tout ce qui a pu se passer, nous sommes fiers de nous! »

Et en classe, des applaudissements immédiats.

Plusieurs de mes collègues ont fait des retours avec leurs élèves. Solidarité inattendue.

Et, croyez-le ou non, trois élèves sont venus formuler leurs excuses. Pas devant mes élèves, seulement à moi. Évidemment, je me suis permis une pointe sur le courage…

2e pépin : Droits d’auteur…

Après avoir fait le tri des vidéos, nous avons constaté que nous disposions de suffisamment de séquences adéquates pour réaliser le montage d’un Littmob complet! Heureuse nouvelle! De manière évidente, la chanson « On ira » se devait d’être notre trame musicale. Or, malgré les tentatives, sur Twitter et Facebook, d’entrer en communication avec l’artiste ZAZ pour obtenir la permission de faire usage de cette chanson, nous demeurons, aujourd’hui encore, sans réponse. Le montage doit donc être réajusté sur fond musical moins significatif.

Si l’école ne se terminait pas si tôt (on aurait voulu que ça continue!), il aurait été génial de faire appel à l’intelligence musicale des élèves pour créer le slam de notre année qui aurait pu devenir notre trame sonore, mais bon, semble-t-il que l’année se termine et que ce soit un fait immuable…

Chantier LLT

Bref, après avoir amassé la poussière dans des boites depuis 2008, l’aventure #MduM renait en 2013 de ses cendres sous un nouveau jour dans le cadre du Chantier littératie, littérarité et TNI présenté par @AndreRoux lors de son trop bref passage à la CSS. Cette aventure actualisée et teintée d’un bagage de 2e cycle universitaire relatif au fonctionnement du cerveau a été le lieu d’explorations technopédagogiques inestimables, d’expérimentations enseignantes et estudiantines riches en apprentissages variés tout en rayonnant au-delà de la classe, à l’intérieur même de notre école, jusque dans les Laurentides, par-delà l’océan dans le journal Le Monde, partout sur le web grâce à ces cyber rencontres professionnelles sur Twitter et dans les cyber habitudes de ces adolescents magnifiques qui m’ont fait confiance tout au long de cette promenade à tâtons sur des sentiers plus ou moins balisés.

Merci à mille et une belles âmes!

D’abord à ces élèves qu’il me coute de quitter sous peu.

À @AndreRoux pour avoir attisé la flamme.

À @Rick_Cliche pour avoir maintenu l’étincelle de collaboration.

À @BrigitteProf, @nathcouz et @marcottea pour cette inspiration constante.

À @sebastienwart pour le billet… de reconnaissance.

Aux USPPP pour le plein d’énergie et d’idées.

À CLAIR2013 pour ces rencontres humaines et technopédagogiques.

Aux parents qui ont suivi les balbutiements de leur enfant sur la Twitosphère et qui ont cru en mes idées.

À M. Couture qui a écouté mon discours pédagogique et qui, presque convaincu, m’a donné le droit de repousser certaines limites.

À @SBrousseau, mon maitre Jedi. Je n’oublierai jamais que tu as été le premier à me pousser au-delà… vers… plus!

Un été sublime à tous!

Puisse-t-il être fertile 🙂

Magie et épines – Partie 2: segment épineux

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Épines

1) Ressources, code de vie et interdits

Les conditions de mise en oeuvre de l’aventure de Merveilles du monde sont les suivantes: nous avons deux flottes de  portables, deux bornes sans fil mobiles, une fixe au secrétariat, un lab et demi d’ordinateurs. Deux autres bornes sans fil fixes sont à venir. La direction mène le dossier avec considération.

On a compris qu’Internet ouvrait des portes. Toutes ces ressources sont souvent utilisées pour permettre la recherche (pour l’instant, c’est ça…) à l’intérieur des cours, principalement de PI, d’ECR et de MCO (si je me fie aux statistiques de réservations). Le gr.13 est en classe avec moi quand ces autres cours ont lieu… Par chance, mes collègues sont géniaux de générosité, lorsqu’il reste 2 ou 3 portables disponibles, on installe des stations de communication dans ma classe, je débranche puis rebranche et on est parti!

Le code de vie est clair: aucun appareil mobile n’est autorisé en classe pour les élèves. Parfois, j’ai envie d’être professionnellement délinquante…

Bref, l’aventure des Merveilles du monde prend vie dans des conditions semblables à celles de la plupart des écoles secondaires publiques. Il en va de même pour M. Rich qui pilote l’aventure simultanément avec son groupe d’adaptation scolaire. Avis à tous ceux qui auraient voulu penser que des conditions gagnantes devaient être d’abord mises en place avant que nous puissions engager un changement de pratiques actualisées. On fait du camping technologique! Les élèves participent même à la recherche de solutions. Parfois, on inverse littéralement le cours à cause de situations matérielles.

2)  Classe inversée

J’y reviens… Ça tourne pas « sur un dix cennes » des habitudes!

La classe inversée demande une mobilisation des élèves et les plus en difficulté n’y parviennent pas tous… pour l’instant. Ce n’est pas magique, il leur faut conscientiser que cet outil est accessible. Or, ils l’évitent, trouvent des excuses (plus recherchées que le chien qui a mangé le devoir, ça développe leur imagination, il me faut le reconnaitre!!) Je me rends compte que le fonctionnement du« Je ne comprends pas! » et on accourt pour me répéter une 42e fois quelque chose que je n’écoute pas jusqu’à ce qu’on finisse par me donner la réponse, enfin! est très ancré dans les pratiques de certains jeunes. Sont-ce eux ou nous qui avons construit ça? Le cerveau est intelligent, il choisit toujours la voie facilitante…

3) « Oui, mais »

« Oui, mais mon enfant a des difficultés d’apprentissage.

– Raison de plus madame! Ces vidéos sont un excellent moyen de lui permettre de prendre le temps de comprendre sans avoir seulement accès à la lecture de notes de cours ou de cahier d’exercices, il peut appuyer sur pause, recommencer, vous demander de l’accompagner là-dedans…

– Oui, mais, je n’ai pas le temps!

– Chaque vidéo ne dépasse pas 15 minutes. « 

Enfin, les « oui, mais » sont plus que nombreux de la bouche des élèves et aussi des parents… et aussi de certains collègues qui remettent en doute mes remaniements pédagogiques.

4)  Se sentir seul et gérer l’incertitude

Justement, ces remises en question constantes de toutes parts peuvent devenir lourdes à gérer. J’informe ma direction et mes CP de l’avancement de cette aventure et des essais pilotés en joignant à de brefs courriels les traces de publications web qui parlent de nous, qui reconnaissent le travail fait. Aucun retour dans l’immédiat (l’histoire montrera, à la fin du parcours, que plusieurs ont suivi l’aventure silencieusement et de manière tout à fait intéressée. Le temps s’avère un ennemi pour les échanges. Tous sujets confondus). Sans doute est-ce normal. Je ne fais que mon travail, comme tous mes collègues. C’est l’exploration qui m’insécurise et qui m’amène à avoir davantage besoin de soutien, en fait, de feedback qui me confirmerait être dans le droit chemin. Je dois travailler mon intelligence intrapersonnelle à ce sujet!

« Moi, là, Anick, je trouve que tu travailles pour rien. Ça ne changera rien! Tu peux ben continuer à jouer avec eux, ils n’apprendront pas plus. Et les ordinateurs, on les utilise aussi, partout. Ils font plein de recherches les élèves. Ils font des Power Point. Et ils ne réussissent pas mieux. « 

Je tente des réponses qui mettent en lumière la nuance importante qui existe entre le changement d’outils et le changement de pratiques…

« En tous cas. »

Et la discussion se termine là. Trop souvent. Pas tout le temps. Presque.

Enfin, cet état de fait amène certaines incertitudes quant à la pertinence de ce qu’on tente comme remaniement, comme actualisation. Une incertitude qui doit, dans le quotidien, être quasi gérée seule. C’est là que prend tout son sens le réseau professionnel d’échange. Facebook, Twitter et, surtout, le partenariat avec M. Rich savent venir stabiliser le sol lorsque j’ai l’impression qu’il s’effondre sous mes pieds…

Et c’est là où prend tout son sens la présence quotidienne de ces êtres complets qui se trouvent dans la même pièce que moi…

CLAIR 2013 : En tous cas, j’étais là!

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Quand 2013 s’est levé, un 1er janvier, frivole, je ne savais pas qu’il allait me transporter de délicieuses découvertes en succulentes surprises en passant par d’exquises rencontres…

Janvier s’achevait. Je me rendais au Nouveau-Brunswick, à Clair au CAHM. Tu n’y es jamais allé(e)? Ajoute ça à ta To Do list! Tu veux y aller! Avant Clair, la conductrice carburait aux tourments et la voiture était poussée par l’ouragan timide qui laissait valsant quelques fils électriques et, gisant, quelques troncs. Je me sentais déphasée. J’avais oublié l’heure de décalage…

Et quand je suis arrivée dans la cour de l’école, puis dans le gymnase pour retrouver cette atmosphère unique, la magie a opéré, Clair’s magic!

Des histoires d’images ont été portées par la conférence « Trouveurs d’histoires » de Darren Kuropatwa (@dkuropatwa).

Sébastien Stasse (@sstasse) a jonglé avec les nouveaux paramètres indéniables de la réalité qui nous glisse entre les doigts, sans cesse mouvante, au rythme de l’avancement. Une course dans laquelle nous nous sommes précipités. Zone d’inconfort. Déstabilisation perpétuelle. Et devoir rechercher son équilibre au travers tout ça… Qu’est-ce que ça implique cette nouvelle configuration du vieillissement grâce aux technologiques avancées médicales? Est-ce envisageable de n’avoir qu’une carrière dans toute une vie plus longue à l’heure où tout va si vite? Et si on devait dorénavant apprendre à désapprendre et à réapprendre ? Quel plaisir on a quand on apprend! Non? En tous cas, moi, je trippe!

Le pouvoir pédagogique de la provocation nous a été dévoilé par l’excellent et fort sympathique Ewan McIntosh (@ewanmcintosh), un Écossais défricheur de sentiers humains. C’est bien agréable, pour nous pédagogues, qu’il ait choisi la terre de l’Éducation!

Pour rencontrer ces conférenciers en différé, consultez ce site issu d’un travail de collaboration. Les  élèves du CAHM, les enseignants, le personnel, les gens du coin, la direction et des collaborateurs en ligne comme@Slyberu ou mon fidèle comparse dans ce TICworld, Steph Brouss (@SBrousseau), tous ces gens se sont impliqués dans la réalisation de Clair au même titre que chacun des participants en twittant, en suivant la webdiffusion ou en s’informant au retour de l’envoyé(e) spécial(e) de leur commission scolaire. C’est rassembleur! C’est magique!  It’s Clair’s magic!

Bref, j’étais assise dans cette école sans parfum, en bonne compagnie, et j’entendais les échanges des différents acteurs de la scène éducative. Wow! On sait jaser des vraies affaires! Ça fait du bien de voir que « les discussions de salon du personnel » ont des échos partout ailleurs. Nous ne sommes pas seuls! La transition, nous sommes en train de nous la tracer. Chacun, à notre rythme, on apprivoise petit à petit ce changement de conception éducative. Je suis fière de mes collègues. Certains utilisent de plus en plus le TNI et son potentiel auprès de l’élève. D’autres s’acoquinent à Facebook et Twitter pour se mettre en réseau. Plusieurs vont à Clair, des nouveaux venus en grand nombre, hourra! L’an dernier, à Clair2012, on avait parlé d’être viraux… Eh bien, force est de constater que nous sommes contagion! Roberto Gauvin@Gauviro, il y a de quoi être fier!  De fil en aiguille, chacun développe une force qui s’ajoute à celles des autres pour créer une force commune. A ben fallu que quelqu’un allume une étincelle! Merci!

Tout ça, ça s’est passé il y a environ deux semaines. J’avais peur que ça s’estompe ce Clair’s Magic unic.

Et février est arrivé. Le douze du même mois s’est pointé, un matin. Une formation à la commission scolaire. @AndreRoux y était tout comme plusieurs autres comparses @. Et beaucoup d’autres 🙂 De nouveaux visages, de nouvelles rencontres, une autre belle journée. Quelques outils de plus à mettre en lien pour mes élèves. Deux ou trois nouveaux germes d’idées ont explosé, je dois ramener le tout dans le réel actuel circonstanciel…  Serait-ce qu’on pourrait faire éclore un CSS’s magic? Peut-être pourrait-on s’organiser des rassemblements cousins de Clair? Qu’ça fasse des p’tits ces bonnes idées-lâ! Sans doute! Tout se peut! Après tout, ne sommes-nous pas ceux qui traçons la transition?

Pour finir, je suppose que vous avez lu ces mots alignés en partage d’expériences sur un support informatique. Certains auront opté pour les iQuelquechose, d’autres pour un cellulaire. Un portable sur les cuisses gisant sur un divan? De grâce, jetez un oeil à ceci et faites-en un jeu avec vos élèves et vos enfants! Un clin d’oeil postural pour développer l’intelligence somato-kinesthésique 😉

On se recroise!

@ASirard