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« Chaque jour : +1 »

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Chacune des brindilles de gazon porte maintenant son manteau blanc. L’hiver s’est installé. Lorsqu’on respire à l’extérieur, l’air qui entre glace nos paroies nasales et celui qui sort nous plonge dans un nuage de fumée. C’est un signe hivernal! Et sur cette neige, des paillettes pétillantes de soleil. Décor propice à la réflexion!

Nous avons tous vu défiler sur les médias sociaux les messages illustrés à la morale qui fait du bien. « Here, it’s where magic happens », vous l’avez vu? Voyez-vous ce cercle défini en périphérie éloignée duquel un point se tient fier sous cette phrase de moins de dix mots qui secouent? Non? La voilà!

 

 

Eh bien, chaque fois, en effet, que je me suis aventurée vers ce point, quelque chose de magique est né. Or, ce n’est pas du tout survenu de la manière que j’escomptais. C’est pour ça que je ne la voyais pas s’opérer, cette magie. Et le doute s’installait, et je revenais en lieu sûr, là où la certitude apaise. Chaque soir pourtant, je regarde au loin ce point-citation comme une étoile, mais la dernière fois que je l’ai approché, mes attentes ont été déçues. Déception, doute, désengagement. Mais sécurité. Peut-être le mystère de la foi est-il grand, mais celui de la peur l’est mille fois plus. Ventre noué, quinte de larmes, insomnie, stress, fatigue, sentiment d’inachevé, je construis le champ lexical de la peur.

« Chaque jour, +1 », aurait dit en français John Hattie, s’il eut parlé cette langue. Depuis que j’ai choisi l’enseignement, depuis que j’ai choisi l’apprentissage, chaque jour, j’ai fait +1. Chaque jour. Je ne me souviens que d’un petit nombre d’entre eux. Parfois, c’est en me remémorant hier que je parviens à les voir. Mais hier, je ne le voyais pas, j’avais l’impression d’avoir reculé. Hier avait fait naitre découragement, doute et déception. Par chance, aujourd’hui est toujours là et demain existe encore!

+1  grâce à ces enseignants passionnés et inspirants qui m’ont fait gouter à une école savoureuse.

+1 grâce à mes collègues de classe avec qui j’ai appris lors de nos soirées d’études. Ce que nous avons appris en questionnant la pertinence de certains travaux, de certaines notions! On apprenait à réfléchir, à tenter de trouver un sens! Seule, ça tourbillonnait! Parfois, c’était bon de pouvoir normaliser, partager, développer avec des pairs, amis, partenaires dans l’apprentissage!

+1 grâce à la curiosité.

+1 grâce à ces quatre enseignants qui m’ont accueillie comme stagiaire. Je ne pense pas qu’on octroie assez d’importance à ces rencontres professionnelles… Les stages sont, en fait, un accès privilégié et généreux à la réalité scolaire guidé par un expert du quotidien de la classe. Il n’y a rien de plus vrai que ce qui se passe dans une classe pour apprendre l’enseignement et voir s’opérer la dynamique de l’apprentissage.

+1 grâce à ces @ et # qui se sont mis à défiler sur un fil d’actualité qui me nourrit de ce que j’ai demandé. Twitter et les groupes Facebook permettent même un +1 à la seconde! Cela peut mener à une saturation. À consommer avec modération! Posologie : +1 au besoin.

+1 grâce aux défis que mes élèves m’ont lancés, chaque jour en ne comprenant pas, en disant que c’était impossible, que ça n’avait pas rapport, … Chaque fois, ils m’ont amenée à mieux comprendre les processus d’apprentissage, l’importance des deux piliers que sont les émotions et les sentiments. Ce n’est pas survenu sans ces phases de déception, de doute et de désengagement pourtant, mais aujourd’hui, je vois tous les +1.

+1 grâce aux défis professionnels qu’on m’offre de relever. Vivre l’enseignement-apprentissage en ayant le privilège de pouvoir regarder la situation d’un autre angle, c’est inestimable! Chacune des composantes organisationnelles de l’enseignement-apprentissage compte, joue un rôle, influence, a un impact sur l’apprentissage, cœur de l’éducation. Chaque +1 professionnel se constate entre moult instants de déception et de doute momentanés.

+1 grâce à mes collègues dont l’expertise, différente de la mienne, est complémentaire et nourrissante. Il m’arrive de m’imaginer ce qu’une chaine d’addition de notre expertise à chacun pourrait donner comme résultat. Le total serait pétillant! Les CAP (communautés d’apprentissage professionnel) sont le moteur d’un travail où l’expertise de chacun fait tourner le moteur. Je me retrouve, apprenante perpétuelle, à construire le sens avec mes collègues, à questionner, à réfléchir, à expérimenter, à partager.

+1 grâce aux résultats de recherche en éducation. J’aime découvrir cette séquence d’analyse, ce cercle perpétuel de l’apprentissage.

ASirard

 

On n’a pas toujours la solution au moment où on croise un obstacle. Chaque fois, on a deux choix : « aller vers » ou « éviter de ». En « allant vers », on choisit de persévérer, de croire qu’il y a un moyen, ne serait-ce que de changer de chemin, d’accepter l’expertise des autres en la matière pour franchir cet obstacle qu’on peut considérer comme insurmontable à prime abord. « Aller vers » ne signifie pas que la peur n’est pas là… En « évitant de », on refuse d’accepter qu’on a d’autres possibilités, on décrit l’embuche, on est déçu, on doute, on se désengage.

Ce matin, en regardant les cristaux sur la neige, j’ai fait rouler la roue…

Les chercheurs font une prise de données, l’interprètent, choisissent une piste, l’explorent puis refont une prise de données et ainsi de suite jusqu’à l’atteinte de l’objectif qu’ils se sont fixé. Là, peut-être qu’un autre sera fixé. Les objectifs sont faits pour être atteints sans quoi le sentiment d’accomplissement ne vient jamais! Comment saurais-je que je réussis? Est-ce que cela ne se calcule qu’en pourcentage, en argent, en matériel ou en nombre d’amis? La réussite n’est-elle que sociale? La réussite, c’est de pouvoir se dire qu’on a fait, chaque jour, +1. Et ce +1, il dépend du point de départ de chacun. +1 ajouté à une équation demeurera toujours +1, il aura la même valeur.

Et la roue tourne.

Point de départ : la solitude de Jérémy.

Prise de données : faits de vécu, constats d’attitude, émotions nommées

Interprétation : fausse croyance (les faits prouvent que la croyance est fausse, mais bien ancrée) née d’émotions perçues comme vraies

Choix d’objectif : rendre visibles les occupations sociales du quotidien pour que soient aussi visibles les pleins, pas que le vide, impression de la solitude.

Choix de l’intervention et expérimentation : au quotidien, un calendrier est rempli et un bonhomme attitude est dessiné pour illustrer l’état émotif.

Prise de données : combien de jour l’émotion positive était au rendez-vous? Qu’est-ce que ces jours avaient de particulier? Quel contrôle as-tu eu sur ce qui se passait ces mêmes journées? Es-tu surpris du nombre de jours où tu ne te sentais pas seul? Qu’est-ce que cela te dit?

Interprétations : …

Choix d’objectif :…

Choix d’intervention et expérimentation :…

Prise de données : …

 

Peu importe le point de départ.

Professionnel, relationnel, monétaire, caractériel, émotionnel, etcaetérel.

 

* L’idée du +1 provient de Visible learning for teachers de Hattie, 2012.

J’ai vu passer une étoile filante…

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Je n’ai pas écrit de l’été. J’ai préféré lire les mots des autres, emprunter leurs yeux pour voir le monde et les laisser m’aider à continuer mon tricot de repères.
Je n’ai pas écrit de l’été.  J’ai eu envie de gouter mon été en en vivant l’histoire.  Et quelle histoire!
Maintenant, il me plairait bien de juste partager avec vous des parcelles de ce au travers quoi mes idées ont voyagé sous le soleil brulant, bien callée dans mon divan, avec des copains qui rendent la vie pétillante, entre les pages de Bauermeister et Hattie, en compagnie de jeunes avides d’apprendre comment ils apprennent et dans une voiture.

C’est le retour au boulot bientôt.  L’été, on se l’est bien tricoté, on s’apprête maintenant à se tricoter une année le plus à notre gout possible. C’est beau l’enseignement et l’apprentissage, mais c’est aussi bien déroutant certaines fois…

Déséquilibres et rencontres

Lire Hattie, Meirieu, Barth, Bruner, Willingham ou Baillargeon, c’est choisir de vivre des lectures confrontantes qui m’ont poussée à ralentir ma cadence de lectrice experte pour prendre le temps de vraiment créer le sens.

C’est poser un regard sur ma qualité d’enseignante, c’est vivre l’état de déséquilibre quand mes repères changent de place.

C’est aussi, et surtout, tenter d’ancrer ces nouvelles idées acceptées dans un quotidien qu’on se répète être exigeant.

Tout ce noir sur papier blanc bouillonne et trace de larges bandes et de délicates notes colorées dans notre réseau des concepts et le schème se précise.

Lorsqu’on fait une belle rencontre, on a envie de la revivre encore et encore en la racontant à ceux qui nous entourent avec les couleurs qu’on y a vues. Or, on se rend vite compte que les mots que l’on tente de choisir pour dépeindre oralement la toile éclatante qui s’est dessinée dans notre cortex à partir des noirs caractères ne réussissent pas à recréer l’éclat… Le partage que l’on espère ne survient pas toujours.

Parfois, l’envie d’entendre cette histoire n’est tout simplement pas au rendez-vous. Parfois, au contraire, c’est le bon moment et les questionnements intéressés et lucides ébranlent la compréhension initiale, obligent à retrouver un nouvel équilibre, à ajouter de nouvelles couleurs. C’est fort des discussions entre professionnels passionnés!

Passion

Et des passionnés, nous en sommes tous. Choisir l’enseignement, c’est un choix de cœur. On pourrait penser que notre cœur est à notre matière. Certes, il l’est, mais il est aussi et surtout à l’apprentissage sinon, on aurait choisi d’étudier en littérature exclusivement, non pas en enseignement du français au secondaire. Notre passion, c’est l’apprentissage, c’est prendre part à la progression de chaque élève. C’est voir l’étincelle de compréhension. C’est avoir le pouvoir de choisir parmi toutes nos ressources celles qui, nous le savons quelque part en nous (l’intuition?), sauront avoir la plus grande incidence sur l’apprentissage de nos élèves. Tous.

La passion pourrait bien être la seule ressource naturelle renouvelable.

                                                                                                                   – Doug Reeves

C’est d’ailleurs cette passion qui m’a amenée certaines fois à rager ou à me sentir impuissante devant les obstacles rencontrés par certains élèves. « Tu ne peux pas tous les sauver », disait-on. Et ça veut dire quoi « sauver un élève »? Ne sera-t-il « sauvé » que lorsqu’il aura atteint le standardisé 60%? Peut-on le considérer « sauvé » s’il parvient à croire enfin qu’il peut lui aussi apprendre? Est-il convenablement « sauvé » s’il développe sa méthode gagnante, s’il identifie ses difficultés et accepte de les surmonter une à une, pas toutes à la fois? Car on peut tous apprendre, peu importe notre âge. « La plasticité du cerveau », affirment les neuroscientifiques. Cela dit, on a parfois l’impression de ne pas toujours avoir les outils pour tous les aider comme on se demande de le faire puisque poussés par la passion que l’on a pour l’apprentissage. « Pour chaque élève, chaque jour, +1 à partir de son point de départ à lui », voilà l’exigence qu’Hattie nous propose d’avoir.

L’apprentissage de l’abstraction. Des lieux communs aux concepts clés.

Visible learning for teachers. Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école?

Légendes pédagogiques. L’école des saveurs.

Les grandes lignes de Visible learning for teachers

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Ces ouvrages mettent des mots sur ces zones marécageuses que le quotidien déjà bien rempli ne nous permet pas toujours d’aller explorer. Ils ébranlent. Dès lors qu’on a nommé l’inconnu, il existe et ne peut être ignoré. On sait qu’on gagnerait à changer certaines pratiques, mais comment? 

Il faut que je refasse tout. Il faut que je travaille jour et nuit. Il faut…

Oui, mais je n’ai pas le temps. Oui, mais ça fonctionnait avant. Oui, mais on n’a pas les ressources. Oui, mais…

Changements de points de repère. Réaction normale, humaine, lucide. L’identification des obstacles est une force. « En sachant ce que nous ne savons pas, on peut apprendre », soulève John Hattie.

Et en sachant qu’on fait partie d’une équipe, on peut aller au-delà de bien des obstacles.

La ligne directrice: une compréhension commune de la progression et du programme

Le coeur: l’apprentissage (l’enseignement est au service de l’apprentissage)

Le moteur: l’erreur, la passion et le feedback

Le cadre: la croyance en la capacité de tous d’apprendre et le climat sécuritaire où l’erreur est identifiée comme un moteur

La formule (et non la recette…): connaitre le bagage des élèves, rendre publiques les intentions d’apprentissage et les critères de succès (comment verra-t-on qu’on a réussi?) avant de s’engager, savoir qu’il y aura diverses routes qui y mèneront (à chaque obstacle/erreur, une nouvelle route se tracera) et préciser ce qui viendra après.

La tactique: bénéficier de la force de l’équipe de professionnels pour régulièrement évaluer, par le biais de la critique partagée, l’impact de nos choix sur l’apprentissage des élèves.

La clé: impliquer l’élève dans la connaissance de sa progression, de son cheminement en l’amenant à avoir une vision de plus en plus juste de sa réussite (self-report grades, 1.44 – John Hattie, Visible learning, 2009). Il choisira de plus en plus les stratégies qui sont gagnantes pour lui, il pourra dire avec de plus en plus de justesse le résultat qu’il peut parvenir à obtenir au regard du succès dépeint dès le départ par l’enseignant, etc.

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L’enseignant est l’acteur principal, par sa passion et son pouvoir d’influence

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Il me reste 71 pages à lire…

La rentrée scolaire comme une hâte de gamine!

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Je suis allée passer la fin de semaine au bas du fleuve, sous un soleil exquis qui lançait, généreux, ses diamants sur des eaux aux marées intenses d’amplitude. Et le vent n’a cessé de murmurer…

C’était la fin d’un été. Et le mot « fin », il est réel, mais je l’écris, le lis et le dis différemment. Sans amertume. Toujours avec hâte. Comme une gamine!

Un nouvel environnement, de nouveaux collègues riches d’expériences et d’humanité, de nouveaux projets-aventures-folies éducatifs et surtout, une nouvelle porte qui s’ouvre sur un univers de possibles, voilà ce qu’est la rentrée!

Ma lecture d’été

Qc_besoin_education J’ai tant à en dire! Ce bouquin a accompagné ces milliers de minutes de vacances que notre emploi nous offre. Il m’en reste deux ou trois pages, et les marges sont noircies d’annotations dont je parviendrai à synthétiser très certainement les grandes lignes lors d’un prochain billet.  Il est plus que bénéfique de lire les points de vue de plusieurs acteurs sociaux, témoins actifs de la réalité éducative. N’est-ce pas d’ailleurs un thème social qui rejoint tout un chacun? Oui, j’aurais pu m’offusquer qu’on n’y retrouve aucun propos d’enseignant en fonction, d’élève à bord ou de parent témoin. Oui, j’aurais pu y lire des reproches. J’ai plutôt rencontré 11 citoyens québécois préoccupés et intéressés par la situation en éducation au Québec en 2012. Des angles de lecture de la situation différents du nôtre. C’est rafraîchissant. Ça éclaire. Ça fait réfléchir. L’idée bouge, se meut, et ne meurt pas! Que les réflexions quant à l’éducation soient vivantes, pas seulement dans les écoles, montre qu’on a envie d’insuffler quelques ventilations…

Il serait profitable que quelques exemplaires traînent çà et là dans les salons du personnel des écoles, sur des tables d’appoint dans des salles d’attente… On jaserait éducation, on réfuterait, on proposerait, on solutionnerait socialement une situation sociale!

Aujourd’hui, c’était la rentrée. Un nouveau collègue et moi avons jasé de cette lecture commune en attendant les clés de nos paradis d’apprentissage. De ça, et un peu du bas du fleuve!

Mettre la table

USPPP

21 août 2013.

Certains sont déjà retournés au travail et accueilleront les élèves le lendemain. C’est principalement la réalité des écoles privées où excellent ces collègues éloignés que je rencontre au premier #USPPP de l’année 2013-2014. Près de 30 professionnels de l’enseignement, du primaire au collégial, en passant par ce secondaire que j’adore, sont réunis pour échanger d’abord leurs noms, pour ne plus être des inconnus et, ensuite, pour discuter autour du thème choisi par les organisateurs, cette fois-ci : La Valorisation de la profession.

Protégée par une pochette transparente, une série de pistes de réflexion guide les propos qui se faufilent d’une bouche aux oreilles des autres, puis d’une autre aux oreilles des uns. Soudain, au coeur de rires, @cogilbert propose un mouvement. Et nous voilà lancés à la découverte d’autres fils d’idées et d’opinions pour se tricoter, au final, une cape de possibles. Et on ressort de là avec un « suit stretch » et une folle envie de continuer à changer le monde un cours, un élève, une seconde, une discussion, une idée, une parole, une année à la fois.

Quand est-ce qu’on se revoit? Le 25 septembre? C’est noté!

Et @AleTremblay, séduite par cette première tablée, me propose de m’y raccompagner. Combien serons-nous dans cette voiture à migrer en septembre vers le #USPPPMtl ? Peut-être, en cours de route, choisirons-nous d’opter pour un #USPPPLanaudière!?

Formation continue: livraison à domicile

Si l’équipe de travail terrain a quasi entièrement changé de visage, ma cyberéquipe, elle, demeure, bonifiée par de nouveaux ajouts croisés lors d’un Tweet-up ou du #USPPP. Je raffole de tout ce que les membres de cette équipe de professionnels partagent. Tout? C’est une hyperbole car, évidemment,  il est impossible de tout capter au passage. On pige sur le fil d’actualité et on découvre des ruelles, des voies, des autoroutes qui nous font faire un petit bout réflexif, un grand bout pratique ou un voyage créatif. Bref, mon PNL ou ENA m’offre une FORMATION CONTINUE qui satisfait mon besoin de toujours nourrir ma pratique et ma réflexion pédagogiques certes, et sociale aussi. 
twitter
Vous voulez venir piger dans ce « buffet » cognitif? Oui!!! Soyez tellement les bienvenus! Au départ, je ne comprenais pas comment ça fonctionnait. J’étais spectatrice passive, voire colérique. Quand on a RT (retweeté) un des mes premiers tweets gênés, j’ai compris que j’y avais ma place, que j’avais quelque chose à dire. Ça aura pris 1 an avant que j’accorde du crédit à mes propos, que je rédige ces 140 caractères et que j’appuie, le coeur qui battait la chamade, sur « Publier ». J’aurai été figurante 1 an avant de prendre un rôle secondaire timide et finalement accepter que nous avons tous un rôle principal en tant que professionnel et que notre expérience peut rejoindre un, deux, trois, plusieurs collègues que nous rencontrerons peut-être un jour lors d’un congrès et qui s’exclameront : « Ah, c’est toi @ASirard! Mes élèves et moi avons tellement ri et appris en travaillant la reprise de l’information à partir de ta vidéo de classe inversée! » Et l’envie renaît!

Embarquez, tranquillement, rapidement, comme cela vous convient! Je vous invite @ASirard sur Twitter 🙂

ET

BONNE RENTRÉE!!!

Je nous souhaite tout le bonheur du monde au coeur de cette aventure fabuleuse qu’est l’éducation! Apprenons, désapprenons, découvrons, réapprenons, créons, et refusons de tourner en rond! Au plaisir!

L’Aventure #MduM, le topo final

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Bloc 3 : planifier et financer un voyage

Jamais je n’ai vu des élèves aussi facilement rédiger un texte courant! On aurait dit que ça allait de soi, que c’était évident que chaque paragraphe se devait de présenter son aspect, qu’il importait de bien amener le sujet et ensuite le diviser.

La notion de destinataire s’est installée dans leur schème de pensée en moins de deux. En effet, ils étaient appelés à écrire au directeur des finances de l’institution bancaire « Fric-Tive », M. Couture. Il s’agit en fait du directeur-adjoint de notre école qui a sauté à pieds joints dans l’aventure en prenant le temps de lire chacune des demandes de financement, de les recalculer et de leur répondre à l’aide des canevas d’acceptation, de refus ou d’ajustement que je lui avais fournis. Il a aussi pris le temps de venir rencontrer les élèves et de leur remettre la réponse de la banque en mains propres.

M.Couture

Les élèves y ont vu l’opportunité de montrer à leur directeur ce qu’ils étaient capables de faire. J’évaluais le brouillon (celui trituré, morcelé, témoignant du processus de rédaction vrai) et, dans une enveloppe, les élèves ont pris soin de glisser leur demande mise au propre de manière très conventionnelle sur traitement de texte. Ils soutenaient que ça avait l’air plus sérieux, plus professionnel comme ça et que ça s’adaptait davantage à la situation de communication! Cette étape leur a permis de pratiquer leur doigté, car nous avons eu peu de temps à consacrer à cela!

Curieux, plusieurs élèves ont vraiment voulu saisir le concept de « taux de change » alternant entre accords dans le GN et la calculatrice de leur iPod.

jessetsami

« Anick, si ça coûte 12 € pour aller au musée d’Orsay, ça fait combien en dollars? »

Et nos experts logico-mathématiques de répondre:

« Tu fais x1.32, parce que ça coute 1,32$ pour acheter 1€. Regarde. »

Et ils se faisaient découvrir le taux de change.

Les élèves éprouvant plus de difficultés à l’école sont souvent ceux dont les intelligences linguistique et logico-mathématique sont moins développées. Évidemment, cet exercice a été plus fastidieux pour eux. Certains ont dû reprendre, car l’énumération régnait en reine dans LE paragraphe de développement où tout s’entassait. Structurer sa pensée n’est pas inné, ça doit s’apprendre. Et le contexte m’a permis d’accompagner davantage ces élèves qui, après avoir dû reprendre, m’ont remerciée. « J’ai compris, Mme Anick. » Effectivement, il y a eu cheminement…

Cette production écrite a été faite de manière manuscrite entièrement, et les élèves ont utilisé une méthode de correction papier-ouvrages de référence. Ils auraient bien voulu avoir accès aux outils d’aide en ligne, mais comprenaient bien qu’il importe de maîtriser les deux dans la conjoncture scolaire actuelle.

BLOC 4 : voyager!

De la rationalité financière, nous sommes passés à l’imagination aérienne. Si le texte courant vise à informer de manière séquentielle et rigoureusement structurée, le texte littéraire veut nous transporter vers un ailleurs unique en créant un univers littéraire.

Pour pouvoir vivre ce voyage planifié, nous avons opté pour une visualisation. Guidés par des questions en rafale sur fond de musique « de relaxation », les élèves ont parfois fermé les yeux, dessiné sur une feuille, écrit quatre pages d’idées… Après 20 minutes de méditation guidée, ils avaient l’impression de vraiment être partis en voyage (Il ne faut jamais sous-estimer la force de nos IM intrapersonnelle et visuo-spatiale!).

« Dommage que le cours soit terminé, j’ai tellement d’idées que j’aurais voulu écrire mon récit de voyage tout de suite. Est-ce que je peux commencer chez moi? »

« Oui, car pour cette rédaction, vous choisirez un outil collaboratif web. Aucun papier cette fois! »

Quand je dis aucun, c’est aucun. Les Bescherelle et dictionnaires étaient « cachés » forçant ainsi les élèves à trouver en ligne l’outil nécessaire.

« Mme Anick, j’ai trouvé le Bescherelle en ligne », me dit un de mes poussins le sourire victorieux comme s’il était parvenu à déjouer les contraintes imposées! Ah! Quel bonheur!

Un Littmob!?

Au travers cet exercice de création, les élèves ont pris part à une entreprise d’envergure faisant appel principalement à leur intelligence interpersonnelle : la réalisation d’un LITTMOB.

Un Littmob (mot-valise inspiré de Flashmob) se veut un exercice littéraire public, comme une tempête d’idées immense, filmé par des appareils mobiles.

Pour ce faire, le procédé du « sondail » (mot-valise alliant sondage et chandail) a été retenu. Les élèves récoltaient sur un chandail les propositions de péripéties de voyage des différentes personnes rencontrées et questionnées. Ainsi, des idées ont été récoltées dans les milieux familiaux, auprès des autres élèves de l’école, dans le métro de Montréal lors d’une sortie scolaire, etc.

Cette démarche a occasionné beaucoup d’échanges en classe relatifs au courage et à la force du groupe.

Les frissons de fierté qui m’ont parcourue quand, à l’Agora de leur école secondaire, mes élèves de 1ère secondaire se sont levés sur les bancs devant les 500 autres élèves plus vieux qu’eux pour crier haut et fort :

« Après les flashmob et les Harlem shake/ faisons maintenant danser les mots/ sur nos chandails/ pour ensemble créer/ des idées folles/ produire une vidéo Youtube/ le premier Littmob au monde ! »

Et notre chanson (oui, oui, notre… en fait, la nouveauté de ZAZ « On ira » dépeint particulièrement bien notre histoire) a retentit partout.

La perfection de cette expérience n’aurait pas été si des pépins n’étaient pas survenus!

1er pépin : l’enfer, c’est les autres…

Lors du Littmob à l’Agora, évidemment, quelques élèves ont choisi d’écrire des propos non adéquats sur les chandails de ces courageux élèves plus jeunes qu’eux. À la fin, plusieurs de mes élèves semblaient débinés et nommaient que notre Littmob était gâché. Même si je demeurais en position d’écoute et de modération, à l’intérieur de moi une tristesse immense s’installait. Ils avaient tellement été courageux, avaient surmonté tant de craintes que j’avais du mal à concevoir que certains aient pu être si méchants. Quand nous avons fait un retour en classe l’après-midi même, notre discussion a mené à une solution. Trois élèves du groupe 11 ont pris la parole à l’interphone, et ce, en direct du bureau de leur directeur, M. Couture. Leur voix, celle de tous les élèves des groupes 11 et 13, a retenti partout dans les classes et les corridors, les gymnases et l’extérieur. Le message porté visait à remercier ceux qui avaient proposé d’excellentes idées et de souligner que d’autres avaient plutôt tenté de gâcher leur Littmob. À ces derniers, ils offraient la possibilité de réparer leur geste en se pointant au A-208 quand ils trouveraient le courage. Et leur message se terminait par « Peu importe tout ce qui a pu se passer, nous sommes fiers de nous! »

Et en classe, des applaudissements immédiats.

Plusieurs de mes collègues ont fait des retours avec leurs élèves. Solidarité inattendue.

Et, croyez-le ou non, trois élèves sont venus formuler leurs excuses. Pas devant mes élèves, seulement à moi. Évidemment, je me suis permis une pointe sur le courage…

2e pépin : Droits d’auteur…

Après avoir fait le tri des vidéos, nous avons constaté que nous disposions de suffisamment de séquences adéquates pour réaliser le montage d’un Littmob complet! Heureuse nouvelle! De manière évidente, la chanson « On ira » se devait d’être notre trame musicale. Or, malgré les tentatives, sur Twitter et Facebook, d’entrer en communication avec l’artiste ZAZ pour obtenir la permission de faire usage de cette chanson, nous demeurons, aujourd’hui encore, sans réponse. Le montage doit donc être réajusté sur fond musical moins significatif.

Si l’école ne se terminait pas si tôt (on aurait voulu que ça continue!), il aurait été génial de faire appel à l’intelligence musicale des élèves pour créer le slam de notre année qui aurait pu devenir notre trame sonore, mais bon, semble-t-il que l’année se termine et que ce soit un fait immuable…

Chantier LLT

Bref, après avoir amassé la poussière dans des boites depuis 2008, l’aventure #MduM renait en 2013 de ses cendres sous un nouveau jour dans le cadre du Chantier littératie, littérarité et TNI présenté par @AndreRoux lors de son trop bref passage à la CSS. Cette aventure actualisée et teintée d’un bagage de 2e cycle universitaire relatif au fonctionnement du cerveau a été le lieu d’explorations technopédagogiques inestimables, d’expérimentations enseignantes et estudiantines riches en apprentissages variés tout en rayonnant au-delà de la classe, à l’intérieur même de notre école, jusque dans les Laurentides, par-delà l’océan dans le journal Le Monde, partout sur le web grâce à ces cyber rencontres professionnelles sur Twitter et dans les cyber habitudes de ces adolescents magnifiques qui m’ont fait confiance tout au long de cette promenade à tâtons sur des sentiers plus ou moins balisés.

Merci à mille et une belles âmes!

D’abord à ces élèves qu’il me coute de quitter sous peu.

À @AndreRoux pour avoir attisé la flamme.

À @Rick_Cliche pour avoir maintenu l’étincelle de collaboration.

À @BrigitteProf, @nathcouz et @marcottea pour cette inspiration constante.

À @sebastienwart pour le billet… de reconnaissance.

Aux USPPP pour le plein d’énergie et d’idées.

À CLAIR2013 pour ces rencontres humaines et technopédagogiques.

Aux parents qui ont suivi les balbutiements de leur enfant sur la Twitosphère et qui ont cru en mes idées.

À M. Couture qui a écouté mon discours pédagogique et qui, presque convaincu, m’a donné le droit de repousser certaines limites.

À @SBrousseau, mon maitre Jedi. Je n’oublierai jamais que tu as été le premier à me pousser au-delà… vers… plus!

Un été sublime à tous!

Puisse-t-il être fertile 🙂

La double intention de partage

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Tweeter des informations, des commentaires, des idées : INFORMER et S’INFORMER

En classe, hier, nous avons reçu deux auteurs qui sont venus nous partager leur chemin de vie, leur rencontre littéraire avec les mots.

Totale improvisation, j’ai lancé le défi à mes élèves de parvenir à tweeter simultanément en partageant les informations cueillies çà et là dans les discours. Que 12 portables disponibles… Qu’à cela ne tienne, on se lance dans le partage polysémique!

Pour s’assurer du respect inhérent à leur démarche, ils ont su s’informer auprès desdits visiteurs quant à leur confort vis-à-vis la procédure. (Je suis si fière! Maxime et Émy ont bien formulé la demande!) Et ils étaient partis! Je ne savais pas ce que cela allait donner. Crainte soudaine. J’étais prise d’un certain vertige. « Fais-leur confiance, Anick! »

Vous irez voir #sdachutes… (Ce matin, ils m’ont eux-mêmes dit que la qualité de la langue n’était pas à son meilleur, car ils voulaient faire vite pour éviter d’écrire trop longtemps et de perdre le fil de la conférence… on a discuté des moyens! C’est ça l’apprentissage, non?)

C’était tout un défi, Mme Anick, d’écouter, de mémoriser, de composer et de corriger en même temps! Beaucoup de gestes mentaux!

Visite de Priska Poirier

Tweeter des assemblages de mots, des images littéraires, de la poésie : S’ÉVADER, BERCER PAR SES MOTS

Si depuis le début de l’aventure des #MduM les élèves partagent des informations, aujourd’hui, nous avons abordé l’aspect littéraire d’un partage à saveur créative.

Origine de ce revirement : Rencontre d’auteurs hier en classe.

Pour suivre la vague (le jeu de mot, dont je me suis aperçu à la relecture, comment dit-on, post-scriptumement?! était bien involontaire, mais coquin au final. Je le laisse là! Vous comprendrez…), lorsque l’occasion s’est présentée, j’ai dévoilé aux élèves, qui venaient de découvrir en Georges Perec un fou de la forme (parce que oui, en 1ère secondaire, nous avons parlé du fond et de la forme!), l’existence d’un institut de Twittérature.

Twittérature, que connait-on comme mot dans ce mot-valise judicieusement assemblé? Facile! Nous sommes maintenant des experts de la création de sens à l’aide des « petits mots dans les grands mots »! Mais qu’est-ce? Pour l’exemplifier, j’ai fait appel à cette idée d’#Eausanso portée par la toujours aussi imaginative @BrigitteProf et soutenue par de ferventes « twittériennes », @nathcouz et @Aurise.

L’effet a été immédiat.

– Est-ce qu’on peut en faire?

Des Lipolys? (*néologisme créé par Strofka Méop)  Mon cours ne prévoyait pas cela. Déjà, nous avions pris un détour… Allais-je taire cette envie d’écrire? Réprimer ce besoin de créer?

Tandis qu’ils s’évertuaient à faire couler leurs idées « sans o », j’entendais:

Mme Anick, on pensait que ça allait être facile! C’est toute une gymnastique mentale! Il y a vraiment des élèves du primaire qui y parviennent?

Démonstration faite, la grandeur du défi était à son paroxysme. Le temps avait pourtant fuit.

Nous sommes vendredi soir, et si je me branche sur mon fil Twitter de classe, je les vois leurs tweets. Certains empreints de traces de dyslexie, d’autres d’accès de confiance en bonpatron.com, et j’en lis plusieurs qui me font sourire. Et sourire de fierté, ça se peut!

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La richesse d’un réseau

Avoir fait ces rencontres pédagogiques avec de grands pédagogues explorateurs innovants et maintenir un cyberlien avec eux par l’entremise de réseaux sociaux, ça nourrit et, surtout, ça fait découvrir des ailleurs d’apprentissage inespérés et inattendus.

@BrigittePorf publie, elle écrit bien et sa plume est d’une pertinence inouïe. Consultez son billet de l’Eau sans O sur son blogue.

@Aurise propose encore d’autres formes pour les microblogues dans son billet Twittérature, formes brèves et contraintes bénéfiques.

Sur mon Pearltrees, vous trouverez aussi d’autres blogues riches.