Archives Mensuelles: décembre 2015

Ligne du temps

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Cette nuit, j’ai rêvé qu’on se votait un MAP, un ministère de l’apprentissage. Apprendre, désapprendre,  réapprendre,  c’est le nouveau visage de l’apprentissage. Chaque nouvelle mise à jour de logiciel demande de désapprendre partiellement et de réapprendre. Des emplois qui existent aujourd’hui n’existeront plus, et d’autres auront été créés. La création…

On a un jour opéré un homme au champ de combat avec des scies manuelles, l’alcool ou rien pour tout anesthésiant et des conditions d’hygiène difficiles à se représenter. Si on s’asseyait un moment pour jouer à Timeline médecine, on constaterait la vitesse d’évolution, de changements, de découvertes,  de créations permises par de nouveaux apprentissages. Aux problèmes rencontrés, on cherchait à trouver des solutions et ça continue aujourd’hui.

On a un jour été portés par des chevaux, puis par des chars, des bagnoles, des voitures et des bolides. On retrouve maintenant des engins dont on ne pouvait se douter dans Back to the future.

On a appris à comprendre la mécanique, l’électricité, le corps humain, l’informatique, la robotique et, dans les 15 dernières années,  on a appris à découvrir le cerveau. Les neurosciences sont nées. Et tout récemment, la neuroéducation. Au Québec,  l’ARN, l’association pour la recherche en neuroéducation, a été fondée par Steve Masson, professeur à l’université du Québec à Montréal. Elle vise la diffusion et le partage des nouveaux apprentissages en neuroéducation et le partage d’expertise au niveau mondial afin de tirer profit des découvertes de chacun pour faire progresser la recherche à son plein potentiel.

Comment apprend-on? Est-ce qu’apprendre est polysémique? Est-ce qu’on apprend son numéro de téléphone comme on apprend à dessiner ou à calculer? Comment peut – on guider, favoriser l’apprentissage?

Et si on concevait le jeu Timeline de l’éducation, de quoi cela aurait-il l’air? Où se situe dans le temps l’invention de la feuille mobile? Des pupitres? Du crayon mine et du stylo? De la dictée?  De l’école active ou du mot métacogniton?

Comment cultive-t-on notre passion? Celle qui nous a poussés à oeuvrer dans le milieu de l’éducation, le creuset de demain, le porteur d’hier, le favorisateur de création… C’est en train de devenir quoi notre système d’éducation? Et j’en connais plusieurs profs et intervenants qui inspirent par leur passion!

J’ai appris à faire du ski un jour. Luc m’a appris à skier. J’avais peur, j’étais en position de vulnérabilité et mon ego en prenait un coup! Luc, il m’a acueillie là-dedans. Pas de jugement,  rapidement en sécurité, car il est assuré, solide, ancré. On peut se hasarder, il nous protégera de ce qui effraie. Je n’étais pas seule. Il m’a expliqué, m’a montré, m’a fait pratiquer et m’a amenée à réfléchir à ce qui pourrait être fait pour bonifier mes balbutiements de bébé skieuse. Et à tenter de comprendre pourquoi cela aiderait. Qu’est – ce que cela me permettrait de faire? Le succès visé.  Pas celui d’aller dans les bosses, le succès suivant, mon succès suivant, mon +1. Je partageais la pente avec des bambins entre 3 et 8 ans. Ego. Et je me rends compte qu’on apprend tous. Point. Au diable l’âge! « Il n’y a pas d’âge pour apprendre », disait-on. Aujourd’hui,  on parle de plasticité du cerveau. On observe l’apprentissage par imagerie… Comment fait-on? Comment apprend-on?
J’ai appris à faire du ski un jour. Je me sentais en sécurité. J’avais cette conviction que Luc ne me jugeait pas, qu’il me croyait capable, j’ai eu confiance, j’ai appris. Je dois me pratiquer maintenant. Seule. Mais il se peut que je redemande de l’aide à un autre ou encore que j’en offre un soupçon…

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À cet instant, à ce moment précis…

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Il y a cet instant.
Tu sais, l’instant où tu prends le temps…
Ce moment où tu ressens entièrement ce qui t’habite…
Où le temps, tu n’as plus l’impression qu’il te précipite…

Il y a cet instant.
L’appel d’une amie un matin qui te propose un plan de match où l’improvisation aura sa place, une journée peinte à partir d’une palette offrant folie, plaisir et zenitude. Il y a ces soirées où tu choisis la facilité et la liberté que t’offre le taxi! Et tous les autres instants où tu réinventes le monde à grands coups de discussions, où tu attises un fou rire, où tu découvres l’autre un peu plus, où tu te sais davantage.

Il y a aussi les instants capturés, un clin d’oeil subtil, à peine perceptible, le frisson qui court sur ta peau, le lever du soleil, son coucher, une étoile filante, la sensation de ses lèvres sur ta peau.

Et ce bien-être quand tu sais que tu fais ce qui est bon, c’est aussi ça, l’instant. Donner ton ticket de tram à un touriste arrivant dans la ville que tu quittes. Permettre à quelqu’un d’utiliser le temps restant de ton parcomètre. Faire rire l’autre. Rire avec lui! Prendre des nouvelles d’un collègue, d’une amie. Écouter. Trouver le cadeau idéal pour une personne que tu apprécies.

Tu te souviens de ces moments passés à faire des casse-tête qui donnaient la mission à ton cerveau de regrouper les morceaux avec un côté plat pour d’abord établir les balises territoriales de cette toile à assembler avec des graines de patience. Ceux où on s’inventaient des clubs secrets dont le quartier général était le grenier ou le hangar de la maison, on s’écrivait en code, tu t’en souviens?

Tu as gouté cet instant où tu penses à lui. Et celui où tu sens le vent juste à peine plus chaud que ta peau glisser dans ton cou, pas tout à fait rafraichissant, mais velouté, enveloppant. Il y a ces instants où tu te retrouves couché sur le dos, le nez dans les étoiles, l’infini partout et même en toi, la tête prise dans un tourbillon d’idées créatives, de possibles.

Parfois, le moment se présente sous forme de mots, de phrases, d’un regard, d’une main sur ton avant-bras, de l’heure qui t’informe qu’il est 2:22, 4,44, 11:11, 12:34…

À d’autres moments, on te fait un cadeau, comme ça, sans raison, on te dit merci, on t’accompagne, t’accueille, te sourit.

Tu as déjà senti ce moment où la vérité te frappe de plein fouet, où une sorte de vertige s’empare de toi. Tes points de repère valsent, la route s’arrête. Tu es coincé dans ces pensées qui naissent, qui se tricotent en réflexions et dont tu perds le fil. Parfois, la vérité est si foudroyante que le temps où tu as l’impression de piétiner, d’être à côté de tes pompes, dure éternellement! Puis, tu l’acceptes. Tu comprends certains éléments qui t’avaient échappé jusque là. Ta route reprend, sur un nouvel itinéraire.

Ce qui est magique, c’est que tout ça a existé…

Et même s’il ne neige pas, il a neigé.
Et même s’il n’est plus là, tu l’as connu.
Et même s’il y a des « il faut », il y a aussi des « je peux » et des « je veux ».
Il y aura toujours cet instant, ce moment précis.
Maintenant.