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Le mot ne permet pas de savoir ce qu’il est…

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 Le mot « phrase’ » ne permet pas de savoir ce qu’est une phrase.

Ce sont les paroles de Britt-Mari Barth.

Un soir de mars (un jeudi soir, je m’en rappelle, j’ai choisi la visioconférence au détriment de mon cours de taï chi), je suis restée au bureau jusqu’à 22 h 38 avec une collègue parce qu’on avait envie de cette rencontre avec cette grande dame de la réflexion. L’apprentissage de l’abstraction, c’est le livre que je pourchassais dernièrement. Introuvable. Des bribes très intéressantes çà et là, mais pas d’accès à l’ouvrage complet. Sentiment d’incomplet. Alors, ce jeudi soir de mars, lors de la première édition du REFER, grâce à la visioconférence, j’ai rejoint des collègues de partout dans le… monde et j’ai rencontré les mots et les idées de Mme Barth.

Le mot « carburateur » ne permet pas de savoir ce qu’est un carburateur.

Vous réfléchissez à l’hyperbole potentielle, au ton humoristique de l’emploi du mot « monde »? Hésitants? Il était utilisé au sens propre. J’avais écrit « Québec », mais ça aurait été faux. Ewan McIntosh vient de l’Écosse, Roberto Gauvin, du N-B, il y en a même du Lac-St-Jean, et de Montréal! Et derrière l’écran, comme Julie et moi (sans doute pas le soir) des gens de la France, de l’Inde, de la Bulgarie, de la Mauritanie, de la Suisse, de l’Alberta étaient là aussi. Et on se rejoignait pour ajouter à l’image les échanges que nous n’avions pas puisque nous n’y étions pas physiquement. On reproduisait le principe de la discussion sur Twitter.

Pas du tout le même type d’échanges! Riches tout de même, différemment riches. Riches aussi parce que ceux qui sont sur place nous permettent d’avoir accès à ce qui s’y passe en nous partageant leurs rencontres, le fruit de leurs échanges, les phrases grandioses, les photos des instants, souvent, on photographie des notes prises ou des graphiques élaborés, etc.

Le mot « réflexion » ne permet pas de savoir ce que c’est que réfléchir.

Comment enseigner la réflexion? la compréhension? la coopération?

Ouf! Pas si simple… Et on s’attend souvent à ce que nos élèves soient aptes à le faire « en criant bine », comme dirait une amie. Et on soupire. Souvent! « Ils ne comprennent pas! », « Ils ne sont pas capables de travailler en équipe. »

La vie se tricote bien…

Une collègue m’a écrit cette semaine. « Comment peut-on faire pour que les élèves réussissent à travailler en équipe? »

Quel beau questionnement! Wow! J’ai réfléchi. Je sais de plus en plus comment. J’apprends l’abstraction!

Pour apprendre ce qu’est le concept du travail d’équipe, je les amènerais à y réfléchir et à l’expérimenter pour l’apprivoiser…

Pour guider leur réflexion, j’utiliserais d’abord des exemples extérieurs à la classe comme ces vidéos :

Pub très comiques

Résultat d’un travail d’équipe monumental

 

Après chaque écoute, j’opterais pour des questions-guide comme

–          Quels moyens ont-ils choisi d’utiliser pour…?

–          Comment sont-ils parvenus à….?

–          Que croyez-vous qu’ils aient fait comme préparation avant de parvenir à être capables de faire ça?

–          Quelles qualités cela demande-t-il?

–          Racontez la suite des évènements si le contexte de préparation avait été différent/si les choix n’avaient pas été les mêmes pour tous les membres des équipes/ si… Que serait-il arrivé?

–          Croyez-vous que tous avaient le même rôle? Définissez les différents rôles et leur importance.

–          Est-ce que chacun était important même si tous n’avaient pas le même rôle?

–          Etc.

 

Ensuite, je ferais l’expérience réelle en classe. Deux équipes de quatre se forment (volontaires). On leur soumet un défi (parvenir à conjuguer 6 verbes en 3 minutes après avoir eu droit à 1 minute de consultation pour élaborer un plan de match, par exemple).

Les autres élèves sont en observation de la démarche et sont appelés à la commenter à la suite de la réalisation du défi.

–          Qu’est-ce qui a été fait qui était gagnant?

–          Quelles attitudes ont favorisé la réalisation? Lesquelles vous ont semblé nuire? Justifiez votre impression en vous basant sur des faits observables.

–          Quelles autres stratégies auraient pu être gagnantes?

–          Etc.

 

Après, ils relèvent tous un défi en équipe de 4. Ils ont aussi droit à une consultation d’une minute. À la fin, la rétroaction se fait en équipe avec les mêmes questions d’évaluation que celles utilisées aux étapes précédentes.

Évidemment, répéter l’exercice avec des tâches engageantes (à ce sujet, j’ai bien envie de rencontrer Ewan McIntosh à nouveau pour saisir son Design thinkink, j’ai bien l’impression que j’ai beaucoup à apprendre encore de sa vision…) est implicite. Je ne crois pas que deux ou trois moments de travail d’équipe permettent de développer, d’expérimenter et de consolider. Est-ce toujours une tâche facile que de travailler en équipe? Même pour nous? Peut-être même qu’à un certain moment de l’année le groupe deviendra une équipe pour certaines tâches… quel plaisir!

Des questionnaires qui permettent de mettre en lumière l’existence de façons de réfléchir différentes peuvent être utilisés pour rendre plus concret le concept de différence réelle et surtout normale (IM, styles d’apprentissage, etc.) L’objectif derrière l’utilisation de ces outils doit être clair et respecté : ils ne doivent pas catégoriser, ils gagneraient à n’être utilisés que pour soulever l’existence de différentes façons de faire, de réfléchir. Ainsi, on comprendra qu’on est complémentaire et, sans doute, si Raphaël ne réussit pas à faire ce que moi j’aurais fait aujourd’hui, plutôt que de me fâcher contre lui, je me rappelle que lui fait, sans doute, quelque chose que je ne ferais pas maintenant…  Éventuellement, la plasticité de mon cerveau me le permettra et lui permettra peut-être aussi un jour, si ça répond à un besoin.

Au début, j’ai dû me demander si je savais ce que les mots « travail d’équipe » voulaient vraiment dire. Oui. Ouain… Saurais-je expliciter le chemin à suivre pour construire cet apprentissage d’une abstraction? Pffff… pas si facilement!

Il m’apparaissait donc que le concept de travail d’équipe, comme bien d’autres insoupçonnés, était un concept peu défini dans nos têtes de grandes personnes, du moins dans la mienne. On en a une représentation très large. Le chemin de la réflexion vers l’explicitation d’un concept, j’adore ce voyage! La phrase de Mme Barth s’est installée quelque part à l’orée de mon cortex, une lettre dans le limbique pour qu’un jour peut-être les abstraites raisons de mon cœur puissent être connues de ma raison. Est-ce immuable de croire que « Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point » d’ailleurs? Les neurosciences mènent l’enquête!

J’ai aussi croisé ces capsules d’Éric Bon qui m’ont permis de consolider certains éléments de ma compréhension du concept de travail d’équipe. Je partage la 1re vidéo. Vous trouverez facilement les 2 autres!

 

Et vous, comment rendez-vous l’abstrait concret, collègues magiciens?

Si vous avez L’apprentissage de l’abstraction dans votre salon et que vous êtes ouvert à faire un prêt, faites-moi signe! 🙂

En échange, je propose Baillargeon et Demers (les autres, pour l’instant, ne sont pas disponibles, j’en fais la rencontre!)

Des livres vivants, j’adore ça. J’écris dans mes livres! Mais je sais me contenir quand ce ne sont pas les miens!

Les processus sensoriels : explications potentielles à certains comportements

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Je roulais en voiture et entretenais l’espoir de pouvoir enfin ouvrir ma fenêtre et sentir l’air printanier, mais la procédure aurait entrainé l’hypothermie. Le printemps choisit de se faire timide. Mon cerveau était, à ce moment précis, en train de constater l’information paradoxale livrée par ce soleil flamboyant quand soudainement, la radio nationale m’a extirpée de cet état semi-mélancolique! On mentionnait que dans les quatre dernières années, une augmentation de 40% des prescriptions de médicaments pour enfants et adolescents avait été observée. Ce phénomène se retrouve aussi du côté des adultes…

Avec une amorce comme celle-là, on pourrait croire que je m’apprête à rédiger une envolée protestataire, mais il n’en est rien! Qu’est-ce qu’un petit billet de blogue pourrait y faire?

Non, cette information m’a plutôt fait réfléchir… (Ah! ce que les balades en voiture peuvent offrir comme temps de réflexion!) D’abord naturalistes, mes pensées se sont tournées vers la classe, vers ces élèves qui, chaque matin, doivent avaler une pilule qui intervient clairement sur leur comportement. Étrangement, aussitôt qu’un enfant présente une différence comportementale par rapport à la norme acceptable, alors qu’il n’est visuellement pas atteint d’un handicap notable, on opte pour la présence potentielle d’un TDA(H). « Il est hyperactif, c’est sûr! Ou il a un déficit d’attention… Ça n’a pas de bon sens! Il n’est pas capable de suivre. Pantoute! » Et on demande une évaluation, car on sait qu’il faut agir, que l’on soit parent ou enseignant. Le nombre de demandes d’évaluation aussi augmente, dit-on, et le temps entre cette demande et la tombée d’un diagnostic est peuplé de soupirs. Aurait-on pensé envisager une autre potentielle explication à ces comportements? En existe-t-il d’autres ou tout est question de TDA(H)? Comment peut-on réagir, réfléchir, intervenir devant un constat comportemental?

Deux jours plus tard, j’assistais à une présentation de Mme Lemay, ergothérapeute, qui portait sur les processus sensoriels.

La vie m’étonnera toujours!

N.B. Les propos qui suivent se veulent un partage de la richesse de la présentation de Mme Lemay, de contenus de cours sur le fonctionnement du cerveau suivis avec M. Robillard et Mme Lafontaine à l’UdeS au 2e cycle et jugés pertinents dans ce cadre ainsi que de lectures complémentaires, entre autres sur le Portail enfance. La plupart des exemples ont été empruntés. En aucun cas il ne faudrait considérer ce billet comme le lieu de consignation de la part d’une professionnelle du sujet. Je ne suis pas ergothérapeute ni même psychologue ou professionnelle de la santé. Je suis une enseignante qui a été nourrie par ces apprentissages et qui juge pertinent de les partager, humblement.

Les processus sensoriels

« Les processus sensoriels permettent d’utiliser et d’interpréter les stimulus de l’environnement captés par nos différents sens et de transformer le tout en une réponse comportementale adaptée. »

Lorsqu’on parle de sens, on fait souvent référence à ce VAKOG (visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif), mais  en lisant sur les processus sensoriels, on semble préciser le K : le toucher (profond et léger), le vestibulaire (mouvement et gravité : placement du corps dans l’espace) et la proprioception (sentir son corps, en avoir conscience).

Chaque stimulus de l’environnement est traité. Chacun. Présentement, vos yeux reçoivent la lumière d’un écran, décryptent des caractères noirs sur un fond blanc, peut-être sont-ils brulants de fatigue? Vos oreilles, qu’entendent-elles? Les bruits d’une foule? Le vent? Le roulement des voitures sur la route près de l’arrêt de bus? Et votre corps, est-il confortable? Debout? Assis? Le cou recourbé pour regarder un écran de 17 pouces ou de 7 pouces? Vos vêtements sont-ils confortables? Ressentez-vous l’élastique de vos caleçons, la ceinture à votre taille, le bracelet sur votre poignet? Sentez-vous le dioxyde de carbone, la lavande de votre diffuseur, les pieds de votre conjoint? Est-ce que des enfants courent autour de vous?

Filtrer

Quelles que soient les circonstances dans lesquelles vous vous trouvez au moment où vous lisez ce billet (merci de le faire d’ailleurs!), il y a un nombre impressionnant de stimulus que vos sens interprètent et filtrent. Vous parvenez à faire fi de plusieurs de ces stimulus et à ne choisir que les lettres noires sur le fond blanc comme objet d’attention, on dira que c’est votre réponse comportementale adaptée à la situation. Le traitement des stimulus par vos processus sensoriels est autorégulé.

Certains jours, ce sera plus ardu de ne pas laisser la télévision qui joue en arrière-plan ou l’horloge qui bat les secondes venir altérer notre attention … il faudra agir sur l’environnement pour que le traitement se fasse adéquatement.

Le filtre apparait avoir ses limites circonstancielles.

Parfois, ce filtre ne s’applique pas et, pour certains, le traitement des stimulus est problématique. Et, mettons l’accent sur ce point, ce n’est pas une question de capacité physique. On ne dira pas d’une personne vivant avec une cécité qu’elle a un trouble de l’intégration sensorielle visuel… Sa condition est relative à une capacité physique, « ce n’est plus une question de traitement de l’information par les processus sensoriels », précise Mme Lemay.

Mécanismes de traitement sensoriel

Chez chacun de nous, lors du traitement de l’information captée par les sens, deux mécanismes sont impliqués : la discrimination et la modulation sensorielles (Anzalone & Lane, 2011).

La discrimination, c’est la capacité de dissocier les différents stimulus, de les distinguer et de les traiter en fonction de leurs caractéristiques. C’est la base de toute activité praxique. C’est cette discrimination qui nous permet, les yeux fermés, de trouver au fond d’une sacoche le baume à lèvres tant recherché. Quand le trouble de l’intégration sensorielle relève d’une altération de la discrimination, la personne peut ressentir la douleur d’une lacération occasionnée par une lame apparue soudainement dans son champ de vision alors que cette dernière n’est que très loin d’elle. (Exemples de Mme Lemay)

La modulation permet la régulation de l’intensité des réponses tant sur le plan comportemental, qu’émotionnel. Cette modulation est permise grâce au bon fonctionnement du SNC (système nerveux central) et du SNA (système nerveux autonome). Rappelons que c’est ce système nerveux qui est aussi responsable de l’état d’éveil et de vigilance, c’est lui qui commande les réactions de protection et de défense instinctives. (Mes cours d’anatomie dans le cadre de ma formation en massothérapie me servent en pédagogie, n’est-ce pas du beau transfert, ça?!)

L’hyporéactivité et l’hyperréactivité sont deux possibilités d’altération du système nerveux.

L’hyporéactivité est en quelque sorte une dormance sensorielle. Il est possible de noter des manifestations d’une hyporéactivité potentielle chez nos élèves : on doit enseigner de manière très dynamique pour qu’il y ait réaction minimale chez l’élève, souvent dans la lune, lent à répondre aux consignes, peu conscient de la douleur, semble malhabile, peu curieux, est souvent dans son monde, difficulté à entrer en relation avec les autres, etc.

D’un autre côté, l’hyperréactivité amène l’élève à être en constant état de défense sensorielle. Tout est « too much » pour lui, il a du mal à se concentrer quand il y a du bruit par exemple, se fâche quand un autre élève le regarde, se met en colère quand il ne comprend pas, est irrité par ses vêtements, car il ressent tout plus que la moyenne, perçoit un déplacement rapide près de lui comme une attaque, etc.

Un autre élève pourrait être en recherche sensorielle : a une envie insatiable de sensations fortes, prend des risques tout le temps, souvent de manière socialement inacceptable, si la recherche est interrompue parce que trop dérangeante, l’enfant devient colérique, etc.

Ces observations ne sont pas des évidences d’un diagnostic certain. D’ailleurs, il revient à des spécialistes de la santé d’établir un diagnostic. Ne tombons pas dans le piège de la catégorisation comme c’est souvent le cas. L’abus du verbe « être » en témoigne! 

Bref

Au retour, à la fin de cette journée riche, j’étais en voiture et je réfléchissais… (Ah! décidément, la voiture est un lieu très intellectuel!) Je me rappelais un documentaire à Découvertes relatif au TDA(H) où l’on faisait mention d’un retard développemental du lobe préfrontal altérant la production de dopamine comme  cause du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Quant à lui, le trouble du traitement de l’information sensorielle est défini par Lucy Jane Miller comme « un trouble d’organisation des stimulus entrainant une incapacité à produire une réponse adaptée qui résulte en des problèmes dans la routine de tous les jours et dans les activités (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007) ». Il apparait donc évident que le diagnostic de TDAH ne soit pas la seule réponse à un comportement présentant des caractéristiques qui l’éloignent de la norme. Intéressant.

Bla, bla, bla, bla, bla, penserez-vous peut-être… Aucune piste d’intervention, aucun moyen concret, rien.

En fait, si, il y a quelque chose : une compréhension élargie de la réalité et une prise de conscience qui ouvrira nos horizons de compréhension et d’adaptation.

Pour ce qui est du « Oui, mais comment je fais en classe au quotidien avec cet élève? », je suis néophyte et continuerai à collecter les informations à ce sujet. Une chose est certaine, mes lunettes, comme dirait Mme Lemay, ont changé, et ma perception des comportements est sans doute plus éclairée. Si Mathias est plus attentif à une consigne orale lorsqu’il est assis à genoux sur sa chaise, il se peut que je n’exige plus de lui qu’il s’assoie « correctement ». Il se peut aussi que le concept de « position d’écoute » ait une autre signification maintenant… Sans doute, en outre, ne percevrai-je pas une réaction disproportionnée de la même façon, nuançant mes propres réactions.

Comme le monde de l’enseignement, du cerveau, de l’être humain est fascinant!

Liens

Pour en apprendre davantage sur les troubles de traitement de l’information sensorielle : Portail enfance
Pour mieux connaitre le TDAH : Trousse d’information et d’intervention au secondaire de la CS des Samares
Pour se référer aux services d’un ergothérapeute : Ordre des ergothérapeutes du Québec
Centre le Bouclier

L’Aventure #MduM, le topo final

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Bloc 3 : planifier et financer un voyage

Jamais je n’ai vu des élèves aussi facilement rédiger un texte courant! On aurait dit que ça allait de soi, que c’était évident que chaque paragraphe se devait de présenter son aspect, qu’il importait de bien amener le sujet et ensuite le diviser.

La notion de destinataire s’est installée dans leur schème de pensée en moins de deux. En effet, ils étaient appelés à écrire au directeur des finances de l’institution bancaire « Fric-Tive », M. Couture. Il s’agit en fait du directeur-adjoint de notre école qui a sauté à pieds joints dans l’aventure en prenant le temps de lire chacune des demandes de financement, de les recalculer et de leur répondre à l’aide des canevas d’acceptation, de refus ou d’ajustement que je lui avais fournis. Il a aussi pris le temps de venir rencontrer les élèves et de leur remettre la réponse de la banque en mains propres.

M.Couture

Les élèves y ont vu l’opportunité de montrer à leur directeur ce qu’ils étaient capables de faire. J’évaluais le brouillon (celui trituré, morcelé, témoignant du processus de rédaction vrai) et, dans une enveloppe, les élèves ont pris soin de glisser leur demande mise au propre de manière très conventionnelle sur traitement de texte. Ils soutenaient que ça avait l’air plus sérieux, plus professionnel comme ça et que ça s’adaptait davantage à la situation de communication! Cette étape leur a permis de pratiquer leur doigté, car nous avons eu peu de temps à consacrer à cela!

Curieux, plusieurs élèves ont vraiment voulu saisir le concept de « taux de change » alternant entre accords dans le GN et la calculatrice de leur iPod.

jessetsami

« Anick, si ça coûte 12 € pour aller au musée d’Orsay, ça fait combien en dollars? »

Et nos experts logico-mathématiques de répondre:

« Tu fais x1.32, parce que ça coute 1,32$ pour acheter 1€. Regarde. »

Et ils se faisaient découvrir le taux de change.

Les élèves éprouvant plus de difficultés à l’école sont souvent ceux dont les intelligences linguistique et logico-mathématique sont moins développées. Évidemment, cet exercice a été plus fastidieux pour eux. Certains ont dû reprendre, car l’énumération régnait en reine dans LE paragraphe de développement où tout s’entassait. Structurer sa pensée n’est pas inné, ça doit s’apprendre. Et le contexte m’a permis d’accompagner davantage ces élèves qui, après avoir dû reprendre, m’ont remerciée. « J’ai compris, Mme Anick. » Effectivement, il y a eu cheminement…

Cette production écrite a été faite de manière manuscrite entièrement, et les élèves ont utilisé une méthode de correction papier-ouvrages de référence. Ils auraient bien voulu avoir accès aux outils d’aide en ligne, mais comprenaient bien qu’il importe de maîtriser les deux dans la conjoncture scolaire actuelle.

BLOC 4 : voyager!

De la rationalité financière, nous sommes passés à l’imagination aérienne. Si le texte courant vise à informer de manière séquentielle et rigoureusement structurée, le texte littéraire veut nous transporter vers un ailleurs unique en créant un univers littéraire.

Pour pouvoir vivre ce voyage planifié, nous avons opté pour une visualisation. Guidés par des questions en rafale sur fond de musique « de relaxation », les élèves ont parfois fermé les yeux, dessiné sur une feuille, écrit quatre pages d’idées… Après 20 minutes de méditation guidée, ils avaient l’impression de vraiment être partis en voyage (Il ne faut jamais sous-estimer la force de nos IM intrapersonnelle et visuo-spatiale!).

« Dommage que le cours soit terminé, j’ai tellement d’idées que j’aurais voulu écrire mon récit de voyage tout de suite. Est-ce que je peux commencer chez moi? »

« Oui, car pour cette rédaction, vous choisirez un outil collaboratif web. Aucun papier cette fois! »

Quand je dis aucun, c’est aucun. Les Bescherelle et dictionnaires étaient « cachés » forçant ainsi les élèves à trouver en ligne l’outil nécessaire.

« Mme Anick, j’ai trouvé le Bescherelle en ligne », me dit un de mes poussins le sourire victorieux comme s’il était parvenu à déjouer les contraintes imposées! Ah! Quel bonheur!

Un Littmob!?

Au travers cet exercice de création, les élèves ont pris part à une entreprise d’envergure faisant appel principalement à leur intelligence interpersonnelle : la réalisation d’un LITTMOB.

Un Littmob (mot-valise inspiré de Flashmob) se veut un exercice littéraire public, comme une tempête d’idées immense, filmé par des appareils mobiles.

Pour ce faire, le procédé du « sondail » (mot-valise alliant sondage et chandail) a été retenu. Les élèves récoltaient sur un chandail les propositions de péripéties de voyage des différentes personnes rencontrées et questionnées. Ainsi, des idées ont été récoltées dans les milieux familiaux, auprès des autres élèves de l’école, dans le métro de Montréal lors d’une sortie scolaire, etc.

Cette démarche a occasionné beaucoup d’échanges en classe relatifs au courage et à la force du groupe.

Les frissons de fierté qui m’ont parcourue quand, à l’Agora de leur école secondaire, mes élèves de 1ère secondaire se sont levés sur les bancs devant les 500 autres élèves plus vieux qu’eux pour crier haut et fort :

« Après les flashmob et les Harlem shake/ faisons maintenant danser les mots/ sur nos chandails/ pour ensemble créer/ des idées folles/ produire une vidéo Youtube/ le premier Littmob au monde ! »

Et notre chanson (oui, oui, notre… en fait, la nouveauté de ZAZ « On ira » dépeint particulièrement bien notre histoire) a retentit partout.

La perfection de cette expérience n’aurait pas été si des pépins n’étaient pas survenus!

1er pépin : l’enfer, c’est les autres…

Lors du Littmob à l’Agora, évidemment, quelques élèves ont choisi d’écrire des propos non adéquats sur les chandails de ces courageux élèves plus jeunes qu’eux. À la fin, plusieurs de mes élèves semblaient débinés et nommaient que notre Littmob était gâché. Même si je demeurais en position d’écoute et de modération, à l’intérieur de moi une tristesse immense s’installait. Ils avaient tellement été courageux, avaient surmonté tant de craintes que j’avais du mal à concevoir que certains aient pu être si méchants. Quand nous avons fait un retour en classe l’après-midi même, notre discussion a mené à une solution. Trois élèves du groupe 11 ont pris la parole à l’interphone, et ce, en direct du bureau de leur directeur, M. Couture. Leur voix, celle de tous les élèves des groupes 11 et 13, a retenti partout dans les classes et les corridors, les gymnases et l’extérieur. Le message porté visait à remercier ceux qui avaient proposé d’excellentes idées et de souligner que d’autres avaient plutôt tenté de gâcher leur Littmob. À ces derniers, ils offraient la possibilité de réparer leur geste en se pointant au A-208 quand ils trouveraient le courage. Et leur message se terminait par « Peu importe tout ce qui a pu se passer, nous sommes fiers de nous! »

Et en classe, des applaudissements immédiats.

Plusieurs de mes collègues ont fait des retours avec leurs élèves. Solidarité inattendue.

Et, croyez-le ou non, trois élèves sont venus formuler leurs excuses. Pas devant mes élèves, seulement à moi. Évidemment, je me suis permis une pointe sur le courage…

2e pépin : Droits d’auteur…

Après avoir fait le tri des vidéos, nous avons constaté que nous disposions de suffisamment de séquences adéquates pour réaliser le montage d’un Littmob complet! Heureuse nouvelle! De manière évidente, la chanson « On ira » se devait d’être notre trame musicale. Or, malgré les tentatives, sur Twitter et Facebook, d’entrer en communication avec l’artiste ZAZ pour obtenir la permission de faire usage de cette chanson, nous demeurons, aujourd’hui encore, sans réponse. Le montage doit donc être réajusté sur fond musical moins significatif.

Si l’école ne se terminait pas si tôt (on aurait voulu que ça continue!), il aurait été génial de faire appel à l’intelligence musicale des élèves pour créer le slam de notre année qui aurait pu devenir notre trame sonore, mais bon, semble-t-il que l’année se termine et que ce soit un fait immuable…

Chantier LLT

Bref, après avoir amassé la poussière dans des boites depuis 2008, l’aventure #MduM renait en 2013 de ses cendres sous un nouveau jour dans le cadre du Chantier littératie, littérarité et TNI présenté par @AndreRoux lors de son trop bref passage à la CSS. Cette aventure actualisée et teintée d’un bagage de 2e cycle universitaire relatif au fonctionnement du cerveau a été le lieu d’explorations technopédagogiques inestimables, d’expérimentations enseignantes et estudiantines riches en apprentissages variés tout en rayonnant au-delà de la classe, à l’intérieur même de notre école, jusque dans les Laurentides, par-delà l’océan dans le journal Le Monde, partout sur le web grâce à ces cyber rencontres professionnelles sur Twitter et dans les cyber habitudes de ces adolescents magnifiques qui m’ont fait confiance tout au long de cette promenade à tâtons sur des sentiers plus ou moins balisés.

Merci à mille et une belles âmes!

D’abord à ces élèves qu’il me coute de quitter sous peu.

À @AndreRoux pour avoir attisé la flamme.

À @Rick_Cliche pour avoir maintenu l’étincelle de collaboration.

À @BrigitteProf, @nathcouz et @marcottea pour cette inspiration constante.

À @sebastienwart pour le billet… de reconnaissance.

Aux USPPP pour le plein d’énergie et d’idées.

À CLAIR2013 pour ces rencontres humaines et technopédagogiques.

Aux parents qui ont suivi les balbutiements de leur enfant sur la Twitosphère et qui ont cru en mes idées.

À M. Couture qui a écouté mon discours pédagogique et qui, presque convaincu, m’a donné le droit de repousser certaines limites.

À @SBrousseau, mon maitre Jedi. Je n’oublierai jamais que tu as été le premier à me pousser au-delà… vers… plus!

Un été sublime à tous!

Puisse-t-il être fertile 🙂

Magie et épines – Partie 1: segment magique

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Toujours en expérimentation avec l’aventure des Merveilles du monde, je prends un temps pour garder des traces de cette mise en place. Pour moi, pour vous, pour être seuls, mais ensemble!

Comme pour toute bonne aventure, il y a des moments magiques (est-ce réservé aux poudings, cette expression?) et d’autres qui savent irriter, comme des épines. Voici donc un peu de tout ça jusqu’à maintenant!

Magie

1) S’adapter à la situation de communication…

Au départ, l’utilisation de Twitter a été chaotique. Où est la magie? Laissez-moi aller!

Les élèves, peu conscients du concept inconnu d’identité numérique, n’entrevoyaient pas la portée mondiale et incontrôlable des publications sur les réseaux sociaux, et ce, malgré l’amorce faite à ce sujet lors du bloc 1 de l’aventure. Plusieurs interventions ont dû être réalisées quant au choix d’avatar et, surtout, à la qualité de la langue (pour ne nommer que cela!).

L’engagement progressif de différents acteurs a supporté l’avancement foudroyant qui s’est opéré. En effet, la visite du M. Rich de @ClassedeMRich a su donner vie au cyber en le rendant réel. À cela se sont ajoutés d’autres abonnés tels que @AnneGucciardi (responsable du projet lecture de l’école), @julie_vzina (orthopédagogue de l’école), @yvanpelletier (enseignant de l’école) . À l’intérieur de leur école, les élèves suscitent l’intérêt d’autres professionnels, et on devient témoins de discussions de corridor où les mots « Twitter », « Popplet« , « Bonpatron » et « Larousse.fr » résonnent. Des élèves présentent des outils à des adultes avec assurance et conviction, comme des conseillers.

Lorsque les élèves ont vu les salutations suisses de @classe6eynard, ils ont cru à une blague. Certains sont demeurés perplexes jusqu’à ce qu’ils voient passer l’article de @Sebastienwart qui présentait en détails notre aventure en incluant des tweets d’élèves de nos groupes. Là, ils ont saisi l’ampleur. Ils ont compris qu’ils étaient lus par plus de gens que ceux qui se trouvaient dans la classe. Alors que cela générait un stress chez quelques-uns (qui voulaient tout abandonner, car le défi devenait trop grand), d’autres y voyaient la possibilité d’obtenir « reconnaissance » au-delà des murs d’une seule et même classe. Je leur ai aussi exposé l’anxiété qui m’avait envahie en voyant les vidéos de mes balbutiements de classe inversée. « On voit ma face… tout à coup qu’on juge que je ne suis pas une bonne enseignante… je sais que mes vidéos ne sont pas parfaites… que vont dire les autres? » On a normalisé cette peur. Sartre avait vraiment raison d’écrire que « L’enfer, c’est les autres ». Grâce à la conférence sur l’estime de soi de M. Widemir Normil, on a choisi de « ne laisser personne péter notre balloune! » « Go on Anick! On est avec toi! » (1ère secondaire… Oui, ils m’impressionnent aussi! ;))

Et soudainement, un parent nous suit sur Twitter. Puis une amie à moi, mère perplexe et intriguée. Du jour au lendemain, @Classe_dAnick voit s’ajouter des abonnés inconnus et, de ce même jour à ce même lendemain, les élèves gazouillent de plus en plus. Pour d’autres raisons aussi que les « tweet-missions » données en classe.

Pendant un cours d’ECR en compagnie d’un remplaçant, les élèves ayant terminé leur recherche peuvent s’occuper comme bon leur semble. Ordinateurs en main,  le groupe 11 choisit de soutenir le groupe 13 qui se trouve en français en gazouillant des indications de correction avec le mot-clic deviné par déduction #corr13. D’autres publient des informations surprenantes recueillies lors de leur recherche d’ECR. Certains en profitent pour compléter leurs « tweet-missions ».  (Quelques-uns encore penchent pour les échanges sociaux incluant les « sa va? » contre lesquels nous sommes en cavale. Je n’ai pas eu à intervenir. L’intervention avait déjà été faite quand j’ai croisé ces quelques-uns…)

Parfois, le soir, je reçois des messages privés d’élèves qui, voulant s’assurer de bien rédiger leur gazouillis, s’informent des outils d’aide à la correction qu’ils pourraient utiliser ou des mots-clics à intégrer. Si je ne suis pas suffisamment rapide à répondre à leur gout, ils se retournent vers le groupe et publient leur questionnement sur le fil. Souvent, ce n’est pas moi qui solutionne le problème! On assiste donc à un partage sur plusieurs plans.

2)  lecture aisance-fluidité (Bloc 2)

Il y a 4 ans, accompagnée par Mme Lacharité, j’ai expérimenté ce type de lecture en accompagnement de douze élèves en difficultés lors de 4 à 6 obligatoires après l’école. Cette même année, j’ai observé M. Turcotte, un enseignant d’une autre école, responsable de l’accompagnement en lecture. Dans son école, pendant 3 mois, on retirait une douzaine d’élèves de certains de leurs cours pour travailler la lecture et chaque rencontre commençait pas la lecture aisance-fluidité.

L’idée générale de ce type de lecture est de rencontrer le texte à répétitions, à haute voix, pendant 10 minutes. L’enseignant écoute chacun et intervient pour ajuster les méprises. On remarque ainsi que:

  • certains élèves décodent bien les mots de 2 syllabes, pas ceux de trois;
  • d’autres escamotent tous les petits mots (prépositions, déterminants, pronoms) et décryptent bien les longs;
  • plusieurs devinent les mots longs;
  • peu reprennent lorsqu’ils ne saisissent pas le sens des phrases lues;
  • la ponctuation apparaît accessoire pour la plupart.

Ainsi, on se rend compte que le sens à construire lors de la lecture est altéré pour diverses raisons. Tant que cette lecture se fait en silence, il est impossible de déceler là où le bât blesse et de pouvoir intervenir en guidant.

En classe régulière, l’intégration étant en vogue, on se retrouve avec des élèves pour qui cette lecture à haute voix est aisée et d’autres pour qui elle est plus qu’ardue. À quoi bon la mettre en place si elle ne peut être bénéfique pour tous?

Ah! Pour plusieurs raisons, je vous l’assure! Et qui a dit que tous n’y trouveraient pas leur compte, hein?! 😉

En effet, l’attention et la concentration sont des gestes mentaux nécessités par ce type de lecture. Plus d’un sens est mis à profit. Le bourdonnement qui naît de la lecture simultanée amène d’emblée les élèves à dire : « Je ne suis pas capable, le bruit me dérange. » Combien de fois plusieurs ont choisi cette excuse pour contourner l’exercice? Je ne les compte plus! « Essaie. » « Non, moi, je ne suis pas capable. » Temps d’arrêt. Discutons du poids de ces mots « pas capable » sur notre cerveau…Jasons de ces gestes mentaux que notre cerveau est humainement capable de poser. Trouvons des moyens. Les chanteurs placent leur main près de leur oreille pour créer une caisse de résonnance. Et si on essayait? « Moi, je vais boucher mes oreilles. » Ok. « Moi, je vais aller m’asseoir dans le coin intra. » Ok. Et on réessaie.

Au départ, près de 50% étaient rébarbatifs, qu’ils soient titulaires d’un bulletin de 91% ou de 32%. La situation a tôt fait de changer et, hier, lors de la dernière période de lecture aisance-fluidité intensive, tous lisaient à haute voix, attentifs à leur texte, concentrés sur leur propre voix, assurés dans leur lecture à la ponctuation plus efficace, entre autres.

À la fin:

« Eh puis, qui a vu une progression dans son habileté à lire depuis le début de l’expérimentation? » 28 mains levées. 29 élèves.  Même les plus habiles lecteurs sont capables de qualifier l’amélioration.

« Mme Anick?

– Oui!

– Merci! Je suis bien content que vous nous ayez forcés à lire comme ça. Ça m’a vraiment aidé. Je fais mes devoirs de math en lisant à voix haute à la maison.

– Et en classe?

– Ben non, je ne peux pas, je vais déranger les autres… »

Et si pour cet élève (et tous les autres qui hochaient la tête) cette lecture était nécessaire pendant un temps, ne pourrions-nous pas lui (leur) permettre d’utiliser ses oreilles pour comprendre ce qu’il lit? Discussion de salon du personnel à venir! 🙂

3) Classe inversée : Improvisation libre avec les moyens du bord

Pour l’instant, cette façon de faire soutien l’apprentissage des élèves les plus doués, ceux qui sont habituellement ralentis par le rythme du groupe. Les vidéos les accompagnent et font naître des questionnements pertinents auxquels je peux répondre pendant qu’une vidéo s’occupe d’éclairer un autre élève. Et vice versa. C’est la parcelle magique! Voici celle qui est plus épineuse et qui prépare le terrain pour l’article Magie et épines – Partie 2 : segment épineux:

Bon, à la base, j’aurais voulu pouvoir implanter la classe inversée telle que mes lectures m’ont amenée à la comprendre. Cours en « devoir », travail accompagné à l’école.

La réalité est que:

  • 11 élèves n’ont pas Internet à la maison;
  •  6 ont des interdictions d’y avoir accès pour des raisons de gestion de comportement propre à chaque cellule familiale;
  • 3 ont des parents qui ont choisi de dire que cette utilisation d’Internet n’est pas pertinente et qu’il serait plus judicieux de continuer à apprendre comme eux ont appris. (Il faut savoir qu’ils ont tout de même signé la feuille qui présentait la situation pédagogique de la classe de français de Mme Anick… Mais je ne me questionne plus, car ce sont aussi ces parents qui, lorsque leur enfant est en suspension externe, en profitent pour aller magasiner avec eux…);
  • Ah, eh puis, les élèves n’ont pas accès à Youtube à l’école. (C’est une question de bande passante que je peux comprendre. J’ai fait la demande d’ajout de droits d’accès au profil des 11 élèves qui n’ont pas Internet à la maison. La demande est toujours en attente sur un bureau quelque part. Sans doute une question de ne pas créer de précédents… En attendant, je fais des récupérations supplémentaires de visionnement, je dépose les vidéos qui ne sont pas trop lourdes sur le lecteur « communélèves » de ma commission scolaire, j’invente des solutions et, surtout, je respire profondément!)

Bon, voilà le topo! Pourquoi m’entêter, dans ces circonstances, à verser du côté de la classe inversée?

Parce que j’y crois! Parce qu’il y a déjà des retombées pour les élèves qui ont déjà une facilité à progresser dans le système scolaire. Parce que certains parents travaillent avec leur enfant à la maison (honnêté : pour l’instant, on ne parle que de deux cas isolés connus… ils existent ces cas!). Parce que, si l’élève en difficulté finit par se mobiliser, il y trouvera son compte, c’est indéniable. Parce qu’un changement de manière de faire ça ne se fait pas « sur un dix cennes », je persévère!

Techniquement parlant, c’est encore à peaufiner! J’ai exploré JING, CAMstudio, l’enregistreur des produits SMART (mais je n’ai pas de TNI), la webcam et Windows Live Movie Maker. Je me suis imposé des limites de temps, car le perfectionnisme peut rapidement rendre cette façon de faire énergivore et occasionner des pertes de temps monumentales qui affecteraient l’équilibre mental en diminuant les temps d’arrêt nécessaires à tout être humain! Je ne suis pas encore satisfaite de la qualité des vidéos. Du son surtout. J’envisage l’achat d’une tablette Bamboo connect pour faciliter ma vie sans TNI (disons-le, écrire avec une souris ou un pavé tactile, c’est un art de dextérité qui n’est pas évident à maîtriser! Les élèves rient de ma langue qui se pointe lorsque je tente la manoeuvre!) et d’un micro-casque pour améliorer la qualité sonore.  Je pense que j’irai magasiner et que je m’offrirai ces outils moi-même! J’ai envie de continuer à avancer!

À suivre…

Une aventure, c’est le cas de le dire!

Par défaut

De recueil de textes lus et annotés suivi d’un examen de lecture, la séquence d’enseignement Les Merveilles du monde contemporain rédigée en 2008, alors que j’avais encore beaucoup d’énergie, est devenue potentiellement une histoire d’étape Lanaudière-Laurentides, adaptation scolaire-régulier, old and new school.

Si la semaine dernière nous nous sommes questionnés sur le concept d’identité numérique en prenant position physiquement et mentalement lors d’un débat kinesthésique, en composant des cartes de jeu Questions-Réponses, en empruntant ensuite les règles et la planche du jeu Cranium, en réagissant au visionnement d’une vidéo sur l’identité numérique par le biais de Twitter, et ce, après avoir conçu une charte d’utilisation, cette semaine, mes élèves découvrent le monde et ses merveilles sans autre limite de sélection que l’émerveillement. Et ils partagent leurs découvertes. Sur Twitter.

Parfois, on doit intervenir sur les choix de photos utilisées et, puisque c’est un endroit public, on se questionne ensemble. Et l’élève fait le changement le soir-même. Avancement! Et un autre s’informe auprès du groupe de l’exactitude de sa compréhension du devoir à faire, et ce, sur Twitter. En même temps que l’un partage ses notes de classe inversée en intégrant l’image de son Popplet dans un gazouillis, un autre, plus rebelle, se joint enfin à l’aventure et y prend part. Victoires!

Je découvre enfin, en pratique, en réalité, en vrai les effets de tous ces changements opérés dans ma vision, dans ma pratique, dans ma formation grâce à toutes ces rencontres tantôt cyber réelles, tantôt réellement 3D.  Alors qu’on croirait que pour parvenir à jongler avec toutes cette technologie et les inquiétudes qui lui sont inhérentes, je prendrais part à des formations à ce sujet pour parvenir à tout saisir, à tout maitriser, j’opte pour explorer le cerveau, l’intelligence multiple, les diverses pratiques pédagogiques, etc. Et le reste, le côté techno, il est si simple à apprivoiser! Tu as un besoin, tu trouves un moyen en questionnant ton réseau professionnel qui finira par s’élargir au fur et à mesure que l’exploration se fera. « Step by step » On fait du pouce sur les idées et les conseils des autres et on devient ensuite apte, à notre tour, à accompagner un autre collègue. Du mentorat à l’école, et aussi du cyber mentorat!

Enfin, l’aventure se poursuit! Chaque jour, on s’amuse!

Je referai un topo de l’avancement à la fin du bloc 2. Pour parler le même langage, sans doute gagneriez-vous à consulter le site de ma classe 😉 Suivez-nous aussi sur Twitter @Classe_dAnick !