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X-X’ : se représenter le changement

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On entend souvent : « Soyez le changement que vous souhaitez voir s’opérer! » Cette phrase fait partie de la catégorie des « facile à dire! » Le concept de changement n’est pas simpliste, Marc-André Girard, dans son ouvrage Le changement en milieu scolaire québécois, c’est impossible, expose bien la dynamique complexe ( attention, complexe n’est pas synonyme de compliquée!) de changement. Il ne suffit pas de souhaiter quelque chose pour que ça survienne… Cela relève de la pensée magique ou du modus operandi de l’enfant-roi! Et plus on espère que quelque chose autour change, plus la colère grandit et gronde. Le fait est que le désir nait de l’individu qui perçoit la nécessité d’un changement dans la situation qu’il vit. Ainsi, il apparait logique de considérer cet individu comme faisant partie de l’équation de changement… ou du non-changement.

J’étais assise sur mon divan et j’observais tout le ménage qui devait être fait en additionnant les éléments, en allongeant la liste pour en faire une de renouveau printanier. Je suis restée sur mon divan, car la tâche est rapidement devenue beaucoup trop colossale! En fait, si j’avais ciblé ce qui m’aurait satisfaite ce jour-là (ramasser les traineries et passer la balayeuse), je me serais mise en action me sachant capable de rencontrer mes exigences du jour plutôt que de me laisser submerger par tous les « faudrait ben ». Quand on regarde les plans d’entrainement pour la course, on voit bien que l’objectif n’est pas le marathon dès le jour 1! Encore une fois, les grands pédagogues que furent les New kids on the blocks avaient raison : « Step by step »! Vigotsky, sans doute plus crédible que la précédente source, parle de la zone proximale de développement, ce qui est à la portée de l’individu à ce moment précis.

Pour passer de la situation actuelle à la situation souhaitée, il importe de savoir cibler ce qu’il est essentiel de changer, ce qui est problématique. On vise souvent très large : on veut tout régler. On souhaite que ce sur quoi on n’a pas de contrôle change. Ou on tire dans tous les sens et on s’épuise, on ne remarque pas ce qui a évolué et on est éternellement insatisfaits. C’est une lecture qui s’applique à plusieurs et dans beaucoup de domaines de la vie… n’est-ce pas? 🙂

J’étais en rencontre avec des collègues dont l’esprit scientifique n’était pas bien servi par mes mots, j’ai donc opté pour une schématisation en langage mathématique!
Et j’ai dessiné avec vigueur sur le tableau. J’aurais aimé dessiner sur les murs… Ça viendra!

« On a un point de départ, X. C’est la situation connue. On veut pouvoir effectuer un changement pour se rendre à X’. C’est la situation souhaitée, le moment où on sera satisfait. Pour ce faire, il faut engager des actions qui permettront que le changement désiré s’opère, que l’on passe X à X’ grâce à Y. Ce sont les actions choisies. »

X-X'.PNG

Est né de ce moment avec mes collègues que j’adore un schéma que l’on a appelé X-X’ et que l’on utilise pour bien comprendre une situation, pour aider à réguler une démarche de changement et pour garder le cap.

Ce que j’observe, c’est qu’il est vraiment facile de se laisser détourner, de perdre le fil, de changer de cible ou d’en ajouter plusieurs en cours de route. Il y a toujours de bonnes raisons. Les plus fréquentes sont le manque de temps ou le « mais ça aussi, c’est important! ». À ce moment, je me demande à quel point le changement identifié était le plus important. Peut-être n’était-il pas bien ciblé. Peut-être est-ce que « Y » demandait trop d’énergie ou d’effort. Peut-être a-t-on tenté une intervention (Y), rien n’a évolué et on a choisi de jeter la serviette d’un geste fataliste, découragé. Peut-être…

Tous ceux qui ont écrit au sujet de la dynamique motivationnelle et de l’engagement mettent en lumière les éléments qui peuvent alimenter ou tuer le désir de changement. D’abord, puisque les croyances sont ce qui guide nos actions, il est clair qu’une pensée défaitiste ou fixiste aura un impact sur notre capacité de changement. « J’ai tout essayé, il n’y a rien à faire. » « Je ne peux rien y faire, c’est à eux de changer. » « Je sais ce que je pourrais faire, mais je n’y arriverai pas. » « Imagine tout ce que je devrai faire en plus, j’en ai déjà suffisamment sur les bras. » Carol Dweck parle d’un état d’esprit qui influence nos actions (voir le billet sur le Growth mindset). En outre, ne pas savoir comment y arriver, ne plus voir d’issue possible, affecte la perception de contrôle sur la situation, facteur important dans l’engagement. Aussi, la réelle valeur que l’on accorde au changement souhaité est cruciale tout comme le sentiment de capacité à relever le défi. Si l’un ou l’autre de ces facteurs est altéré, la motivation est ébranlée et l’engagement en souffre.

À quel point veut-on que ça change (importance)? Sur quoi a-t-on du contrôle (réalisme)? À quel point se sent-on capable d’y arriver (confiance)? À quel point se permet-on d’essayer? Quelle est notre relation avec la notion « d’erreur »? Comment perçoit-on les tentatives qui n’apportent pas entièrement le changement souhaité?

Parfois, être accompagné, challengé, permet de gagner en confiance et de mieux cibler ce sur quoi on souhaite plancher. L’autre nous permet de prendre une distance et de regarder la situation avec une autre paire de lunettes. Quand on est trop près de l’arbre, on ne voit plus la forêt, dit-on! Pas fou!

Je dis toujours (avec chaque fois la chanson de Tonton David en tête) « Chacun son chemin »! Je suis persuadée que chaque individu peut réussir à avoir une influence plus qu’importante sur le changement qu’il souhaite réellement voir s’opérer. Je suis aussi persuadée qu’on peut tous être le partenaire de quelqu’un pour accompagner les réflexions, poser les bonnes questions, challenger les idées, les conceptions, ramener l’individu à son X-X’ et lui permettre de remarquer l’influence de ses actions (Y) sur la situation.

Bref, je veux connaitre ce que la personne vit (X) et ce qu’elle souhaite voir comme changement (X’). Je veux aussi lui permettre de trouver ce qui lui apparait être la première chose à faire (Y) pour que ce qu’elle souhaite qui change change. Je sais que la possibilité d’en parler avec un partenaire permet d’organiser sa pensée et de tracer son chemin. Je sais que ce n’est pas moi qui ai les réponses de l’autre. Il peut arriver qu’ensemble on mette de l’avant une tempête d’idées, que je mette en jeu certaines connaissances/expériences pour poser un regard différent sur la situation. Le choix revient à celui qui est au volant, aux commandes : l’individu sur son propre chemin.  « Fais confiance au chauffeur », dit Fred Pellerin, et quel conte ça donne!

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« Chaque jour : +1 »

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Chacune des brindilles de gazon porte maintenant son manteau blanc. L’hiver s’est installé. Lorsqu’on respire à l’extérieur, l’air qui entre glace nos paroies nasales et celui qui sort nous plonge dans un nuage de fumée. C’est un signe hivernal! Et sur cette neige, des paillettes pétillantes de soleil. Décor propice à la réflexion!

Nous avons tous vu défiler sur les médias sociaux les messages illustrés à la morale qui fait du bien. « Here, it’s where magic happens », vous l’avez vu? Voyez-vous ce cercle défini en périphérie éloignée duquel un point se tient fier sous cette phrase de moins de dix mots qui secouent? Non? La voilà!

 

 

Eh bien, chaque fois, en effet, que je me suis aventurée vers ce point, quelque chose de magique est né. Or, ce n’est pas du tout survenu de la manière que j’escomptais. C’est pour ça que je ne la voyais pas s’opérer, cette magie. Et le doute s’installait, et je revenais en lieu sûr, là où la certitude apaise. Chaque soir pourtant, je regarde au loin ce point-citation comme une étoile, mais la dernière fois que je l’ai approché, mes attentes ont été déçues. Déception, doute, désengagement. Mais sécurité. Peut-être le mystère de la foi est-il grand, mais celui de la peur l’est mille fois plus. Ventre noué, quinte de larmes, insomnie, stress, fatigue, sentiment d’inachevé, je construis le champ lexical de la peur.

« Chaque jour, +1 », aurait dit en français John Hattie, s’il eut parlé cette langue. Depuis que j’ai choisi l’enseignement, depuis que j’ai choisi l’apprentissage, chaque jour, j’ai fait +1. Chaque jour. Je ne me souviens que d’un petit nombre d’entre eux. Parfois, c’est en me remémorant hier que je parviens à les voir. Mais hier, je ne le voyais pas, j’avais l’impression d’avoir reculé. Hier avait fait naitre découragement, doute et déception. Par chance, aujourd’hui est toujours là et demain existe encore!

+1  grâce à ces enseignants passionnés et inspirants qui m’ont fait gouter à une école savoureuse.

+1 grâce à mes collègues de classe avec qui j’ai appris lors de nos soirées d’études. Ce que nous avons appris en questionnant la pertinence de certains travaux, de certaines notions! On apprenait à réfléchir, à tenter de trouver un sens! Seule, ça tourbillonnait! Parfois, c’était bon de pouvoir normaliser, partager, développer avec des pairs, amis, partenaires dans l’apprentissage!

+1 grâce à la curiosité.

+1 grâce à ces quatre enseignants qui m’ont accueillie comme stagiaire. Je ne pense pas qu’on octroie assez d’importance à ces rencontres professionnelles… Les stages sont, en fait, un accès privilégié et généreux à la réalité scolaire guidé par un expert du quotidien de la classe. Il n’y a rien de plus vrai que ce qui se passe dans une classe pour apprendre l’enseignement et voir s’opérer la dynamique de l’apprentissage.

+1 grâce à ces @ et # qui se sont mis à défiler sur un fil d’actualité qui me nourrit de ce que j’ai demandé. Twitter et les groupes Facebook permettent même un +1 à la seconde! Cela peut mener à une saturation. À consommer avec modération! Posologie : +1 au besoin.

+1 grâce aux défis que mes élèves m’ont lancés, chaque jour en ne comprenant pas, en disant que c’était impossible, que ça n’avait pas rapport, … Chaque fois, ils m’ont amenée à mieux comprendre les processus d’apprentissage, l’importance des deux piliers que sont les émotions et les sentiments. Ce n’est pas survenu sans ces phases de déception, de doute et de désengagement pourtant, mais aujourd’hui, je vois tous les +1.

+1 grâce aux défis professionnels qu’on m’offre de relever. Vivre l’enseignement-apprentissage en ayant le privilège de pouvoir regarder la situation d’un autre angle, c’est inestimable! Chacune des composantes organisationnelles de l’enseignement-apprentissage compte, joue un rôle, influence, a un impact sur l’apprentissage, cœur de l’éducation. Chaque +1 professionnel se constate entre moult instants de déception et de doute momentanés.

+1 grâce à mes collègues dont l’expertise, différente de la mienne, est complémentaire et nourrissante. Il m’arrive de m’imaginer ce qu’une chaine d’addition de notre expertise à chacun pourrait donner comme résultat. Le total serait pétillant! Les CAP (communautés d’apprentissage professionnel) sont le moteur d’un travail où l’expertise de chacun fait tourner le moteur. Je me retrouve, apprenante perpétuelle, à construire le sens avec mes collègues, à questionner, à réfléchir, à expérimenter, à partager.

+1 grâce aux résultats de recherche en éducation. J’aime découvrir cette séquence d’analyse, ce cercle perpétuel de l’apprentissage.

ASirard

 

On n’a pas toujours la solution au moment où on croise un obstacle. Chaque fois, on a deux choix : « aller vers » ou « éviter de ». En « allant vers », on choisit de persévérer, de croire qu’il y a un moyen, ne serait-ce que de changer de chemin, d’accepter l’expertise des autres en la matière pour franchir cet obstacle qu’on peut considérer comme insurmontable à prime abord. « Aller vers » ne signifie pas que la peur n’est pas là… En « évitant de », on refuse d’accepter qu’on a d’autres possibilités, on décrit l’embuche, on est déçu, on doute, on se désengage.

Ce matin, en regardant les cristaux sur la neige, j’ai fait rouler la roue…

Les chercheurs font une prise de données, l’interprètent, choisissent une piste, l’explorent puis refont une prise de données et ainsi de suite jusqu’à l’atteinte de l’objectif qu’ils se sont fixé. Là, peut-être qu’un autre sera fixé. Les objectifs sont faits pour être atteints sans quoi le sentiment d’accomplissement ne vient jamais! Comment saurais-je que je réussis? Est-ce que cela ne se calcule qu’en pourcentage, en argent, en matériel ou en nombre d’amis? La réussite n’est-elle que sociale? La réussite, c’est de pouvoir se dire qu’on a fait, chaque jour, +1. Et ce +1, il dépend du point de départ de chacun. +1 ajouté à une équation demeurera toujours +1, il aura la même valeur.

Et la roue tourne.

Point de départ : la solitude de Jérémy.

Prise de données : faits de vécu, constats d’attitude, émotions nommées

Interprétation : fausse croyance (les faits prouvent que la croyance est fausse, mais bien ancrée) née d’émotions perçues comme vraies

Choix d’objectif : rendre visibles les occupations sociales du quotidien pour que soient aussi visibles les pleins, pas que le vide, impression de la solitude.

Choix de l’intervention et expérimentation : au quotidien, un calendrier est rempli et un bonhomme attitude est dessiné pour illustrer l’état émotif.

Prise de données : combien de jour l’émotion positive était au rendez-vous? Qu’est-ce que ces jours avaient de particulier? Quel contrôle as-tu eu sur ce qui se passait ces mêmes journées? Es-tu surpris du nombre de jours où tu ne te sentais pas seul? Qu’est-ce que cela te dit?

Interprétations : …

Choix d’objectif :…

Choix d’intervention et expérimentation :…

Prise de données : …

 

Peu importe le point de départ.

Professionnel, relationnel, monétaire, caractériel, émotionnel, etcaetérel.

 

* L’idée du +1 provient de Visible learning for teachers de Hattie, 2012.

J’ai vu passer une étoile filante…

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Je n’ai pas écrit de l’été. J’ai préféré lire les mots des autres, emprunter leurs yeux pour voir le monde et les laisser m’aider à continuer mon tricot de repères.
Je n’ai pas écrit de l’été.  J’ai eu envie de gouter mon été en en vivant l’histoire.  Et quelle histoire!
Maintenant, il me plairait bien de juste partager avec vous des parcelles de ce au travers quoi mes idées ont voyagé sous le soleil brulant, bien callée dans mon divan, avec des copains qui rendent la vie pétillante, entre les pages de Bauermeister et Hattie, en compagnie de jeunes avides d’apprendre comment ils apprennent et dans une voiture.

C’est le retour au boulot bientôt.  L’été, on se l’est bien tricoté, on s’apprête maintenant à se tricoter une année le plus à notre gout possible. C’est beau l’enseignement et l’apprentissage, mais c’est aussi bien déroutant certaines fois…

Déséquilibres et rencontres

Lire Hattie, Meirieu, Barth, Bruner, Willingham ou Baillargeon, c’est choisir de vivre des lectures confrontantes qui m’ont poussée à ralentir ma cadence de lectrice experte pour prendre le temps de vraiment créer le sens.

C’est poser un regard sur ma qualité d’enseignante, c’est vivre l’état de déséquilibre quand mes repères changent de place.

C’est aussi, et surtout, tenter d’ancrer ces nouvelles idées acceptées dans un quotidien qu’on se répète être exigeant.

Tout ce noir sur papier blanc bouillonne et trace de larges bandes et de délicates notes colorées dans notre réseau des concepts et le schème se précise.

Lorsqu’on fait une belle rencontre, on a envie de la revivre encore et encore en la racontant à ceux qui nous entourent avec les couleurs qu’on y a vues. Or, on se rend vite compte que les mots que l’on tente de choisir pour dépeindre oralement la toile éclatante qui s’est dessinée dans notre cortex à partir des noirs caractères ne réussissent pas à recréer l’éclat… Le partage que l’on espère ne survient pas toujours.

Parfois, l’envie d’entendre cette histoire n’est tout simplement pas au rendez-vous. Parfois, au contraire, c’est le bon moment et les questionnements intéressés et lucides ébranlent la compréhension initiale, obligent à retrouver un nouvel équilibre, à ajouter de nouvelles couleurs. C’est fort des discussions entre professionnels passionnés!

Passion

Et des passionnés, nous en sommes tous. Choisir l’enseignement, c’est un choix de cœur. On pourrait penser que notre cœur est à notre matière. Certes, il l’est, mais il est aussi et surtout à l’apprentissage sinon, on aurait choisi d’étudier en littérature exclusivement, non pas en enseignement du français au secondaire. Notre passion, c’est l’apprentissage, c’est prendre part à la progression de chaque élève. C’est voir l’étincelle de compréhension. C’est avoir le pouvoir de choisir parmi toutes nos ressources celles qui, nous le savons quelque part en nous (l’intuition?), sauront avoir la plus grande incidence sur l’apprentissage de nos élèves. Tous.

La passion pourrait bien être la seule ressource naturelle renouvelable.

                                                                                                                   – Doug Reeves

C’est d’ailleurs cette passion qui m’a amenée certaines fois à rager ou à me sentir impuissante devant les obstacles rencontrés par certains élèves. « Tu ne peux pas tous les sauver », disait-on. Et ça veut dire quoi « sauver un élève »? Ne sera-t-il « sauvé » que lorsqu’il aura atteint le standardisé 60%? Peut-on le considérer « sauvé » s’il parvient à croire enfin qu’il peut lui aussi apprendre? Est-il convenablement « sauvé » s’il développe sa méthode gagnante, s’il identifie ses difficultés et accepte de les surmonter une à une, pas toutes à la fois? Car on peut tous apprendre, peu importe notre âge. « La plasticité du cerveau », affirment les neuroscientifiques. Cela dit, on a parfois l’impression de ne pas toujours avoir les outils pour tous les aider comme on se demande de le faire puisque poussés par la passion que l’on a pour l’apprentissage. « Pour chaque élève, chaque jour, +1 à partir de son point de départ à lui », voilà l’exigence qu’Hattie nous propose d’avoir.

L’apprentissage de l’abstraction. Des lieux communs aux concepts clés.

Visible learning for teachers. Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école?

Légendes pédagogiques. L’école des saveurs.

Les grandes lignes de Visible learning for teachers

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Ces ouvrages mettent des mots sur ces zones marécageuses que le quotidien déjà bien rempli ne nous permet pas toujours d’aller explorer. Ils ébranlent. Dès lors qu’on a nommé l’inconnu, il existe et ne peut être ignoré. On sait qu’on gagnerait à changer certaines pratiques, mais comment? 

Il faut que je refasse tout. Il faut que je travaille jour et nuit. Il faut…

Oui, mais je n’ai pas le temps. Oui, mais ça fonctionnait avant. Oui, mais on n’a pas les ressources. Oui, mais…

Changements de points de repère. Réaction normale, humaine, lucide. L’identification des obstacles est une force. « En sachant ce que nous ne savons pas, on peut apprendre », soulève John Hattie.

Et en sachant qu’on fait partie d’une équipe, on peut aller au-delà de bien des obstacles.

La ligne directrice: une compréhension commune de la progression et du programme

Le coeur: l’apprentissage (l’enseignement est au service de l’apprentissage)

Le moteur: l’erreur, la passion et le feedback

Le cadre: la croyance en la capacité de tous d’apprendre et le climat sécuritaire où l’erreur est identifiée comme un moteur

La formule (et non la recette…): connaitre le bagage des élèves, rendre publiques les intentions d’apprentissage et les critères de succès (comment verra-t-on qu’on a réussi?) avant de s’engager, savoir qu’il y aura diverses routes qui y mèneront (à chaque obstacle/erreur, une nouvelle route se tracera) et préciser ce qui viendra après.

La tactique: bénéficier de la force de l’équipe de professionnels pour régulièrement évaluer, par le biais de la critique partagée, l’impact de nos choix sur l’apprentissage des élèves.

La clé: impliquer l’élève dans la connaissance de sa progression, de son cheminement en l’amenant à avoir une vision de plus en plus juste de sa réussite (self-report grades, 1.44 – John Hattie, Visible learning, 2009). Il choisira de plus en plus les stratégies qui sont gagnantes pour lui, il pourra dire avec de plus en plus de justesse le résultat qu’il peut parvenir à obtenir au regard du succès dépeint dès le départ par l’enseignant, etc.

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L’enseignant est l’acteur principal, par sa passion et son pouvoir d’influence

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Il me reste 71 pages à lire…

Le mot ne permet pas de savoir ce qu’il est…

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 Le mot « phrase’ » ne permet pas de savoir ce qu’est une phrase.

Ce sont les paroles de Britt-Mari Barth.

Un soir de mars (un jeudi soir, je m’en rappelle, j’ai choisi la visioconférence au détriment de mon cours de taï chi), je suis restée au bureau jusqu’à 22 h 38 avec une collègue parce qu’on avait envie de cette rencontre avec cette grande dame de la réflexion. L’apprentissage de l’abstraction, c’est le livre que je pourchassais dernièrement. Introuvable. Des bribes très intéressantes çà et là, mais pas d’accès à l’ouvrage complet. Sentiment d’incomplet. Alors, ce jeudi soir de mars, lors de la première édition du REFER, grâce à la visioconférence, j’ai rejoint des collègues de partout dans le… monde et j’ai rencontré les mots et les idées de Mme Barth.

Le mot « carburateur » ne permet pas de savoir ce qu’est un carburateur.

Vous réfléchissez à l’hyperbole potentielle, au ton humoristique de l’emploi du mot « monde »? Hésitants? Il était utilisé au sens propre. J’avais écrit « Québec », mais ça aurait été faux. Ewan McIntosh vient de l’Écosse, Roberto Gauvin, du N-B, il y en a même du Lac-St-Jean, et de Montréal! Et derrière l’écran, comme Julie et moi (sans doute pas le soir) des gens de la France, de l’Inde, de la Bulgarie, de la Mauritanie, de la Suisse, de l’Alberta étaient là aussi. Et on se rejoignait pour ajouter à l’image les échanges que nous n’avions pas puisque nous n’y étions pas physiquement. On reproduisait le principe de la discussion sur Twitter.

Pas du tout le même type d’échanges! Riches tout de même, différemment riches. Riches aussi parce que ceux qui sont sur place nous permettent d’avoir accès à ce qui s’y passe en nous partageant leurs rencontres, le fruit de leurs échanges, les phrases grandioses, les photos des instants, souvent, on photographie des notes prises ou des graphiques élaborés, etc.

Le mot « réflexion » ne permet pas de savoir ce que c’est que réfléchir.

Comment enseigner la réflexion? la compréhension? la coopération?

Ouf! Pas si simple… Et on s’attend souvent à ce que nos élèves soient aptes à le faire « en criant bine », comme dirait une amie. Et on soupire. Souvent! « Ils ne comprennent pas! », « Ils ne sont pas capables de travailler en équipe. »

La vie se tricote bien…

Une collègue m’a écrit cette semaine. « Comment peut-on faire pour que les élèves réussissent à travailler en équipe? »

Quel beau questionnement! Wow! J’ai réfléchi. Je sais de plus en plus comment. J’apprends l’abstraction!

Pour apprendre ce qu’est le concept du travail d’équipe, je les amènerais à y réfléchir et à l’expérimenter pour l’apprivoiser…

Pour guider leur réflexion, j’utiliserais d’abord des exemples extérieurs à la classe comme ces vidéos :

Pub très comiques

Résultat d’un travail d’équipe monumental

 

Après chaque écoute, j’opterais pour des questions-guide comme

–          Quels moyens ont-ils choisi d’utiliser pour…?

–          Comment sont-ils parvenus à….?

–          Que croyez-vous qu’ils aient fait comme préparation avant de parvenir à être capables de faire ça?

–          Quelles qualités cela demande-t-il?

–          Racontez la suite des évènements si le contexte de préparation avait été différent/si les choix n’avaient pas été les mêmes pour tous les membres des équipes/ si… Que serait-il arrivé?

–          Croyez-vous que tous avaient le même rôle? Définissez les différents rôles et leur importance.

–          Est-ce que chacun était important même si tous n’avaient pas le même rôle?

–          Etc.

 

Ensuite, je ferais l’expérience réelle en classe. Deux équipes de quatre se forment (volontaires). On leur soumet un défi (parvenir à conjuguer 6 verbes en 3 minutes après avoir eu droit à 1 minute de consultation pour élaborer un plan de match, par exemple).

Les autres élèves sont en observation de la démarche et sont appelés à la commenter à la suite de la réalisation du défi.

–          Qu’est-ce qui a été fait qui était gagnant?

–          Quelles attitudes ont favorisé la réalisation? Lesquelles vous ont semblé nuire? Justifiez votre impression en vous basant sur des faits observables.

–          Quelles autres stratégies auraient pu être gagnantes?

–          Etc.

 

Après, ils relèvent tous un défi en équipe de 4. Ils ont aussi droit à une consultation d’une minute. À la fin, la rétroaction se fait en équipe avec les mêmes questions d’évaluation que celles utilisées aux étapes précédentes.

Évidemment, répéter l’exercice avec des tâches engageantes (à ce sujet, j’ai bien envie de rencontrer Ewan McIntosh à nouveau pour saisir son Design thinkink, j’ai bien l’impression que j’ai beaucoup à apprendre encore de sa vision…) est implicite. Je ne crois pas que deux ou trois moments de travail d’équipe permettent de développer, d’expérimenter et de consolider. Est-ce toujours une tâche facile que de travailler en équipe? Même pour nous? Peut-être même qu’à un certain moment de l’année le groupe deviendra une équipe pour certaines tâches… quel plaisir!

Des questionnaires qui permettent de mettre en lumière l’existence de façons de réfléchir différentes peuvent être utilisés pour rendre plus concret le concept de différence réelle et surtout normale (IM, styles d’apprentissage, etc.) L’objectif derrière l’utilisation de ces outils doit être clair et respecté : ils ne doivent pas catégoriser, ils gagneraient à n’être utilisés que pour soulever l’existence de différentes façons de faire, de réfléchir. Ainsi, on comprendra qu’on est complémentaire et, sans doute, si Raphaël ne réussit pas à faire ce que moi j’aurais fait aujourd’hui, plutôt que de me fâcher contre lui, je me rappelle que lui fait, sans doute, quelque chose que je ne ferais pas maintenant…  Éventuellement, la plasticité de mon cerveau me le permettra et lui permettra peut-être aussi un jour, si ça répond à un besoin.

Au début, j’ai dû me demander si je savais ce que les mots « travail d’équipe » voulaient vraiment dire. Oui. Ouain… Saurais-je expliciter le chemin à suivre pour construire cet apprentissage d’une abstraction? Pffff… pas si facilement!

Il m’apparaissait donc que le concept de travail d’équipe, comme bien d’autres insoupçonnés, était un concept peu défini dans nos têtes de grandes personnes, du moins dans la mienne. On en a une représentation très large. Le chemin de la réflexion vers l’explicitation d’un concept, j’adore ce voyage! La phrase de Mme Barth s’est installée quelque part à l’orée de mon cortex, une lettre dans le limbique pour qu’un jour peut-être les abstraites raisons de mon cœur puissent être connues de ma raison. Est-ce immuable de croire que « Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point » d’ailleurs? Les neurosciences mènent l’enquête!

J’ai aussi croisé ces capsules d’Éric Bon qui m’ont permis de consolider certains éléments de ma compréhension du concept de travail d’équipe. Je partage la 1re vidéo. Vous trouverez facilement les 2 autres!

 

Et vous, comment rendez-vous l’abstrait concret, collègues magiciens?

Si vous avez L’apprentissage de l’abstraction dans votre salon et que vous êtes ouvert à faire un prêt, faites-moi signe! 🙂

En échange, je propose Baillargeon et Demers (les autres, pour l’instant, ne sont pas disponibles, j’en fais la rencontre!)

Des livres vivants, j’adore ça. J’écris dans mes livres! Mais je sais me contenir quand ce ne sont pas les miens!

Littératie en éducation : quelques rencontres nourrissantes

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L’été dernier (parce que ça existe l’été, même si on désespère ces temps-ci…), j’ai arpenté les récoltes de Bazzo, Marissal et Barbe en tournant les pages du collectif De quoi le Québec a-t-il besoin en éducation. On y rencontre la vision de 11 personnes issues de milieux différents portant sur l’éducation au Québec un regard tantôt impressionniste, tantôt ancré dans la recherche.

Peut-on penser que les changements à apporter en éducation doivent l’être sur des bases d’impressions? Je le croyais, persuadée que les impressions nées du réel quotidien de la classe, de l’école, du milieu constituaient la seule façon valable de voir les choses…

Les justifications fondées aux propos de Normand Baillargeon m’ont donné envie de découvrir ses Légendes pédagogiques… Bien que ma lecture ait été accompagnée de dizaines de « ! » gribouillés en marge, je dois dire que la rationalité peu nuancée de ce professeur de l’UQAM a su, après avoir suscité une certaine forme de frustration, nuancer ma tendance à rejoindre ce que Philippe Meirieu appelle « les lieux communs »:

« Trop souvent emporté par ses convictions, il néglige parfois le ciselage du concept au profit du pathétique du discours. […] [Cela] est même probablement nécessaire pour alimenter le « foyer mythologique » où s’origine notre capacité d’affronter [le] quotidien. […] Aussi avons-nous besoin de paroles rituelles et de collectifs convaincus, de certitudes proclamées et de rappels vibrants de nos « valeurs fondatrices ». Car l’humain ne vit pas seulement de science. Et celui qui se coltine tous les jours des enfants excités, abîmés, ou simplement indifférents à ce qu’on est chargé de leur transmettre, ne peut se passer de quelques « lieux communs » pédagogiques […]. » (Meirieu, 2013, p.7-8)

meirieu abstractionlégendes

Baillargeon m’a ébranlée. Je dis à mes élèves que c’est dans les instants de déséquilibre qu’on fait un apprentissage qui nous permet de retrouver un équilibre, différent. J’ai déposé l’essai Légendes pédagogiques à l’endroit où il est toujours, écartelé sur la fin du chapitre 5. Je le reprendrai, mais j’ai besoin de trouver les morceaux du casse-tête réflexif pédagogique qui manquent, qui m’empêchent de lire Baillargeon avec « zenitude »!

J’ai voulu apprivoiser L’apprentissage de l’abstraction de Britt-Mari Barth, invitée au REFER 2014 et souvent citée par plusieurs de mes collègues. « Désolée Madame, la réédition de 2013 est écoulée, vous n’en trouverez nulle part », statuait la sympathique responsable du service à la clientèle d’une librairie dont il importe peu que je mentionne le nom. Je n’arrivais pas à baisser les bras, pourtant, je devais me rendre à l’évidence… non! Les « zinternet » regorgent de richesses qu’il faut, certes, passer au peigne fin de la crédibilité, mais qui peuvent s’avérer riches.

Un article de Britt-Mari Barth qui expose les propos de Jérôme Bruner. Succulent.

Puis un article de Philippe Meirieu qui expose les propos de Barth. Exquis

Alors, je découvre Meirieu, plus accessible en librairie. Des lieux communs aux concepts clé. « L’élève au centre de ses apprentissages », « la pédagogie active », « l’individualisation de la formation »… Avec un respect indéniable de la réalité enseignante, ce professeur à l’université de Lumière-Lyon 2, cherche à exposer comment sont apparus les « lieux communs », à exposer le sens et la portée de ces expressions collectivement posées comme les vérités et à débusquer les significations ainsi que les concepts qui se cachent derrière ces slogans réconfortants.

Juste à côté, sur la tablette « pédagogie et didactique » comptant dix titres différents, je croise Willingham. Ce dernier, mentionné par Baillargeon à quelques reprises (beaucoup moins que Hattie dont on voit apparaitre le nom à maintes reprises) propose un ouvrage au titre accrocheur : Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école! Je me promets donc de lire Willingham, neuroscientifique.

Et je « tourne la page, tourne la page ».

C’est complètement ahurissant toutes les recherches qui ont pu être menées en lien avec l’éducation et dont on n’entend que trop peu parler dans nos milieux, voire pas du tout. C’est nourrissant, éclairant, confrontant…

Confrontation.

Le nom de John Hattie revient encore un jour de mars alors que je rencontre Frédérique Guay lors d’une visioconférence relative à l’exposition des résultats de recherches en écriture (CASIS). En effet, son nom est mentionné à nouveau alors qu’on nomme le rang qu’occupe l’interrelation entre les élèves sur l’échelle des pratiques influentes proposée par Hattie à la suite d’une synthèse de 800 méta-analyses basées sur plus de 50 000 recherches. Il me fallait aller à la rencontre plus formelle de ce Hattie. Cette synthèse a été présentée dans Visible Learning paru en 2009. En 2012, Visible learning for teacher a été publié. Dans l’un et l’autre des ouvrages, il semble que Hattie tire deux conclusions importantes. La première soutient que les enseignants sont l’aspect central des succès d’apprentissage dans les écoles et l’autre, que les réformes scolaires devraient reposer sur ce qui se passe en classe plutôt que sur les structures.

Avec tous ces ouvrages qui s’empilent et qui, faute de temps, n’ont que quelques pages de lues, je n’allais pas ajouter Hattie à la liste… Cela dit, j’étais fort intriguée par l’échelle des 138 influences reliées aux réussites des élèves. En effet, cette nomenclature m’apparaissait s’inscrire dans la recherche de concepts-clés pour éclairer mes lanternes. J’en ai capturé une partie, le top 28, sur le site visiblelearning.com

hattie_1

visiblelearning.org

À la lumière de cette escapade dans la littératie et des expériences professionnelles assemblées, il devient évident que la formation continue est plus que nécessaire. Plus les enseignants que nous sommes sauront, non pas seulement quoi faire le lundi matin en classe, mais aussi comment le faire et surtout pourquoi, plus l’enseignement saura être conscient et plus nous nous retrouverons ailleurs que dans des « lieux communs » et échangerons au sujet de pédagogie, réellement.

Je retourne à ces pages nourrissantes. Au diable la diète! 😉

Les processus sensoriels : explications potentielles à certains comportements

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Je roulais en voiture et entretenais l’espoir de pouvoir enfin ouvrir ma fenêtre et sentir l’air printanier, mais la procédure aurait entrainé l’hypothermie. Le printemps choisit de se faire timide. Mon cerveau était, à ce moment précis, en train de constater l’information paradoxale livrée par ce soleil flamboyant quand soudainement, la radio nationale m’a extirpée de cet état semi-mélancolique! On mentionnait que dans les quatre dernières années, une augmentation de 40% des prescriptions de médicaments pour enfants et adolescents avait été observée. Ce phénomène se retrouve aussi du côté des adultes…

Avec une amorce comme celle-là, on pourrait croire que je m’apprête à rédiger une envolée protestataire, mais il n’en est rien! Qu’est-ce qu’un petit billet de blogue pourrait y faire?

Non, cette information m’a plutôt fait réfléchir… (Ah! ce que les balades en voiture peuvent offrir comme temps de réflexion!) D’abord naturalistes, mes pensées se sont tournées vers la classe, vers ces élèves qui, chaque matin, doivent avaler une pilule qui intervient clairement sur leur comportement. Étrangement, aussitôt qu’un enfant présente une différence comportementale par rapport à la norme acceptable, alors qu’il n’est visuellement pas atteint d’un handicap notable, on opte pour la présence potentielle d’un TDA(H). « Il est hyperactif, c’est sûr! Ou il a un déficit d’attention… Ça n’a pas de bon sens! Il n’est pas capable de suivre. Pantoute! » Et on demande une évaluation, car on sait qu’il faut agir, que l’on soit parent ou enseignant. Le nombre de demandes d’évaluation aussi augmente, dit-on, et le temps entre cette demande et la tombée d’un diagnostic est peuplé de soupirs. Aurait-on pensé envisager une autre potentielle explication à ces comportements? En existe-t-il d’autres ou tout est question de TDA(H)? Comment peut-on réagir, réfléchir, intervenir devant un constat comportemental?

Deux jours plus tard, j’assistais à une présentation de Mme Lemay, ergothérapeute, qui portait sur les processus sensoriels.

La vie m’étonnera toujours!

N.B. Les propos qui suivent se veulent un partage de la richesse de la présentation de Mme Lemay, de contenus de cours sur le fonctionnement du cerveau suivis avec M. Robillard et Mme Lafontaine à l’UdeS au 2e cycle et jugés pertinents dans ce cadre ainsi que de lectures complémentaires, entre autres sur le Portail enfance. La plupart des exemples ont été empruntés. En aucun cas il ne faudrait considérer ce billet comme le lieu de consignation de la part d’une professionnelle du sujet. Je ne suis pas ergothérapeute ni même psychologue ou professionnelle de la santé. Je suis une enseignante qui a été nourrie par ces apprentissages et qui juge pertinent de les partager, humblement.

Les processus sensoriels

« Les processus sensoriels permettent d’utiliser et d’interpréter les stimulus de l’environnement captés par nos différents sens et de transformer le tout en une réponse comportementale adaptée. »

Lorsqu’on parle de sens, on fait souvent référence à ce VAKOG (visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif), mais  en lisant sur les processus sensoriels, on semble préciser le K : le toucher (profond et léger), le vestibulaire (mouvement et gravité : placement du corps dans l’espace) et la proprioception (sentir son corps, en avoir conscience).

Chaque stimulus de l’environnement est traité. Chacun. Présentement, vos yeux reçoivent la lumière d’un écran, décryptent des caractères noirs sur un fond blanc, peut-être sont-ils brulants de fatigue? Vos oreilles, qu’entendent-elles? Les bruits d’une foule? Le vent? Le roulement des voitures sur la route près de l’arrêt de bus? Et votre corps, est-il confortable? Debout? Assis? Le cou recourbé pour regarder un écran de 17 pouces ou de 7 pouces? Vos vêtements sont-ils confortables? Ressentez-vous l’élastique de vos caleçons, la ceinture à votre taille, le bracelet sur votre poignet? Sentez-vous le dioxyde de carbone, la lavande de votre diffuseur, les pieds de votre conjoint? Est-ce que des enfants courent autour de vous?

Filtrer

Quelles que soient les circonstances dans lesquelles vous vous trouvez au moment où vous lisez ce billet (merci de le faire d’ailleurs!), il y a un nombre impressionnant de stimulus que vos sens interprètent et filtrent. Vous parvenez à faire fi de plusieurs de ces stimulus et à ne choisir que les lettres noires sur le fond blanc comme objet d’attention, on dira que c’est votre réponse comportementale adaptée à la situation. Le traitement des stimulus par vos processus sensoriels est autorégulé.

Certains jours, ce sera plus ardu de ne pas laisser la télévision qui joue en arrière-plan ou l’horloge qui bat les secondes venir altérer notre attention … il faudra agir sur l’environnement pour que le traitement se fasse adéquatement.

Le filtre apparait avoir ses limites circonstancielles.

Parfois, ce filtre ne s’applique pas et, pour certains, le traitement des stimulus est problématique. Et, mettons l’accent sur ce point, ce n’est pas une question de capacité physique. On ne dira pas d’une personne vivant avec une cécité qu’elle a un trouble de l’intégration sensorielle visuel… Sa condition est relative à une capacité physique, « ce n’est plus une question de traitement de l’information par les processus sensoriels », précise Mme Lemay.

Mécanismes de traitement sensoriel

Chez chacun de nous, lors du traitement de l’information captée par les sens, deux mécanismes sont impliqués : la discrimination et la modulation sensorielles (Anzalone & Lane, 2011).

La discrimination, c’est la capacité de dissocier les différents stimulus, de les distinguer et de les traiter en fonction de leurs caractéristiques. C’est la base de toute activité praxique. C’est cette discrimination qui nous permet, les yeux fermés, de trouver au fond d’une sacoche le baume à lèvres tant recherché. Quand le trouble de l’intégration sensorielle relève d’une altération de la discrimination, la personne peut ressentir la douleur d’une lacération occasionnée par une lame apparue soudainement dans son champ de vision alors que cette dernière n’est que très loin d’elle. (Exemples de Mme Lemay)

La modulation permet la régulation de l’intensité des réponses tant sur le plan comportemental, qu’émotionnel. Cette modulation est permise grâce au bon fonctionnement du SNC (système nerveux central) et du SNA (système nerveux autonome). Rappelons que c’est ce système nerveux qui est aussi responsable de l’état d’éveil et de vigilance, c’est lui qui commande les réactions de protection et de défense instinctives. (Mes cours d’anatomie dans le cadre de ma formation en massothérapie me servent en pédagogie, n’est-ce pas du beau transfert, ça?!)

L’hyporéactivité et l’hyperréactivité sont deux possibilités d’altération du système nerveux.

L’hyporéactivité est en quelque sorte une dormance sensorielle. Il est possible de noter des manifestations d’une hyporéactivité potentielle chez nos élèves : on doit enseigner de manière très dynamique pour qu’il y ait réaction minimale chez l’élève, souvent dans la lune, lent à répondre aux consignes, peu conscient de la douleur, semble malhabile, peu curieux, est souvent dans son monde, difficulté à entrer en relation avec les autres, etc.

D’un autre côté, l’hyperréactivité amène l’élève à être en constant état de défense sensorielle. Tout est « too much » pour lui, il a du mal à se concentrer quand il y a du bruit par exemple, se fâche quand un autre élève le regarde, se met en colère quand il ne comprend pas, est irrité par ses vêtements, car il ressent tout plus que la moyenne, perçoit un déplacement rapide près de lui comme une attaque, etc.

Un autre élève pourrait être en recherche sensorielle : a une envie insatiable de sensations fortes, prend des risques tout le temps, souvent de manière socialement inacceptable, si la recherche est interrompue parce que trop dérangeante, l’enfant devient colérique, etc.

Ces observations ne sont pas des évidences d’un diagnostic certain. D’ailleurs, il revient à des spécialistes de la santé d’établir un diagnostic. Ne tombons pas dans le piège de la catégorisation comme c’est souvent le cas. L’abus du verbe « être » en témoigne! 

Bref

Au retour, à la fin de cette journée riche, j’étais en voiture et je réfléchissais… (Ah! décidément, la voiture est un lieu très intellectuel!) Je me rappelais un documentaire à Découvertes relatif au TDA(H) où l’on faisait mention d’un retard développemental du lobe préfrontal altérant la production de dopamine comme  cause du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Quant à lui, le trouble du traitement de l’information sensorielle est défini par Lucy Jane Miller comme « un trouble d’organisation des stimulus entrainant une incapacité à produire une réponse adaptée qui résulte en des problèmes dans la routine de tous les jours et dans les activités (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007) ». Il apparait donc évident que le diagnostic de TDAH ne soit pas la seule réponse à un comportement présentant des caractéristiques qui l’éloignent de la norme. Intéressant.

Bla, bla, bla, bla, bla, penserez-vous peut-être… Aucune piste d’intervention, aucun moyen concret, rien.

En fait, si, il y a quelque chose : une compréhension élargie de la réalité et une prise de conscience qui ouvrira nos horizons de compréhension et d’adaptation.

Pour ce qui est du « Oui, mais comment je fais en classe au quotidien avec cet élève? », je suis néophyte et continuerai à collecter les informations à ce sujet. Une chose est certaine, mes lunettes, comme dirait Mme Lemay, ont changé, et ma perception des comportements est sans doute plus éclairée. Si Mathias est plus attentif à une consigne orale lorsqu’il est assis à genoux sur sa chaise, il se peut que je n’exige plus de lui qu’il s’assoie « correctement ». Il se peut aussi que le concept de « position d’écoute » ait une autre signification maintenant… Sans doute, en outre, ne percevrai-je pas une réaction disproportionnée de la même façon, nuançant mes propres réactions.

Comme le monde de l’enseignement, du cerveau, de l’être humain est fascinant!

Liens

Pour en apprendre davantage sur les troubles de traitement de l’information sensorielle : Portail enfance
Pour mieux connaitre le TDAH : Trousse d’information et d’intervention au secondaire de la CS des Samares
Pour se référer aux services d’un ergothérapeute : Ordre des ergothérapeutes du Québec
Centre le Bouclier

Transition

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S’attacher.

Il n’était pas question d’attacher sa ceinture.

Il ne s’agissait pas non plus de fixer ses lacets.

Je parle de ce qui s’installe entre un enseignant et ses élèves en cours d’année. Et vice versa. La confiance et l’attachement, dirait Richard Robillard, porteur de la théorie de l’intelligence émotionnelle. Maslow parlerait de la sécurité et de l’appartenance.

Juin est un ancrage. Lorsque septembre ouvre le bal, on sait que la danse prendra fin en juin. On en connait aussi les pauses.

Ce qu’on ne connait pas ce sont les intersections qu’il est possible que l’on croise…

… et la transition à opérer dans la chorégraphie.

Apprendre à danser avec un nouveau partenaire.

_______________________

Une césure, une rupture, en cours d’année, lorsqu’elle est connue, peut gagner à devenir une transition orchestrée plutôt qu’une coupure tranchante.

Oui, mais comment?

J’ai eu à me pencher sur la question.

En décembre dernier, j’ai dû annoncer à mes élèves que leur aventure en français, cette année, serait teintée de l’apport d’un autre enseignant pour la seconde portion d’année. Comment annoncer cela? Comment déjà préparer la place?

« Je dois vous dire quelque chose. J’aimerais que vous soyez heureux pour moi, mais quelle que soit votre réaction, elle sera correcte… On m’a proposé un défi. Comme on en a déjà parlé souvent, chaque choix apporte son lot de conséquences. Certaines sont positives, d’autres moins. La décision que j’ai dû prendre impliquait que vous poursuiviez votre année avec un autre enseignant. »

J’ai douté jusqu’au 20 décembre. J’ai douté jusqu’à la dernière minute.

Devais-je leur dire avant ou après Noël?

Sachant que le nouvel enseignant allait prendre le relais dès le retour des fêtes, une amie psychologue dans le milieu de l’éducation m’a fortement recommandé d’en faire l’annonce avant, et ce, sous le thème de la célébration. Célébrer les beaux mois passés ensemble et la richesse de ce qui viendra. En outre, ils disposeraient d’un temps d’arrêt pour gérer leur réaction et se faire à l’idée.

C’est donc ce qui a été fait.

Des élèves ont pleuré, d’autres ont questionné, une a quitté en claquant la porte (je l’ai suivie du regard, calme, en lui précisant que son retour, aussitôt qu’elle s’en sentirait capable, m’importait), certains sont restés sans mot et une d’entre eux a pris la parole :

« Anick, tu nous as toujours dit de foncer, de relever des défis, de tenter des choses. Là, tu nous montres que c’est ça pour vrai qu’il faut faire. Tu pleures. On le sait que tu ne nous abandonnes pas. On le sait que tu as pris la meilleure décision. C’est juste plate parce que nous aussi on t’aime.  Nous aussi on va avoir un défi à relever de finir l’année sans toi!»

Voilà! Chers enfants! Vous m’épaterez toujours!

Et la place était béante. Vide. Je l’ai tout de suite remplie.

Mathieu.

Et il avait déjà sa place. Pas la mienne. La sienne, celle de celui qui poursuivrait l’aventure avec eux, de celui qui les supporterait.

La cloche a sonné le début des vacances. 32 minutes plus tard, j’apprenais que la transition serait reportée. Concours de circonstances.

Il fallait que Mathieu ait sa place d’enseignant au retour des vacances. Que ce soit déjà sa classe. C’est ce à quoi serait préparé le cerveau de ces ados…

C’est grâce à une vidéo qu’il a accepté de tourner que Mathieu a mis le pied en classe, comme annoncé, dès le retour des fêtes.

Et j’ai pris le rôle de la remplaçante. Pendant une semaine, j’ai nommé le nom de leur enseignant à répétition l’impliquant dans chacune des prises de décision.

Et, en guise de premier contact, j’ai proposé une communication orale où les élèves étaient appelés à se présenter à leur nouvel enseignant. Quels étaient les aspects à aborder pour s’adapter à la situation de communication? Quelles étaient les informations à privilégier pour bien aiguiller ce nouveau capitaine de navire? Qu’était-il important qu’il connaisse pour pouvoir reprendre le gouvernail pour garder le cap?

L’exercice d’analyse des paramètres de la situation de communication a apporté beaucoup de bienfaits. La conscience de la réalité du destinataire a suscité le développement d’une forme d’empathie envers leur nouvel enseignant. C’était aussi ardu pour lui.

Et lundi arrive. Et les présentations commencent. Et dès la fin de la première journée, chacun des élèves a pu faire connaitre sa couleur académique, comportementale et personnelle. Nous avons assisté à des bijoux de présentations honnêtes.

Et je leur ai dit au revoir.

Je pense encore beaucoup à eux. Beaucoup.

Et toujours. C’est ça être enseignant, c’est un contrat à vie!

Histoire de « gratteux »

État

J’ai allumé la télé.

Encore.

Je pense que je viens de la démasquer. Elle est tueuse. Tueuse d’inspiration. Tueuse de création.

Elle a le meurtre passif.

Elle ne fait rien qu’obnubiler sa proie.

Bien enfouie dans le fauteuil accueillant, enveloppant, reposant, on appuie sur le « piton power » (quelqu’un a-t-il déjà utilisé le vrai terme pour cette fonction? C’est dans la même gamme de faiblesses linguistiques qu’on trouve « rewind ») et le massacre commence. D’abord, le corps est envouté. (On s’aperçoit ici du rôle complice du sofa.) Un relâchement musculaire et cérébral s’opère. On décroche. Décrocher de la réalité. Se cultiver l’imaginaire, l’irréel, la cathartique. Et voilà. L’échappatoire, la fuite.

Et ces idées qui naissaient, qui seraient nées ou qui n’auraient jamais trouvé la porte de sortie pour être dites, entendues, partagées tout en n’étant pas moins des idées à part entière? Ces idées sont balayées.

Ce qui me fait croire qu’elles meurent, et qu’il y a bien là histoire de meurtre, c’est qu’elles ne reviennent jamais. On pourrait sans doute davantage changer le monde si on s’activait plus, encore, toujours… PLUS.

Et nait la culpabilité. Celle qui nous guète à chaque moment pour s’assurer de notre efficacité. Objectivité. Rigueur. Bien paraître. La pression. La pression de qui? (Toute ma famille –j’exagère à peine- souffre, a souffert ou tend à souffrir de problèmes de pression. La pensée judéo-chrétienne de valeur dans le labeur et d’obligation de culpabilité à la confesse nous ont élevés. Élevés vers où?) La pression sociale? Notre propre pression (pas au sens médical, au sens de charge émotive. Ah, la polysémie! Et vive les parenthèses!)?

Ok.

D’accord.

Beau constat!

Et maintenant?

Et ben maintenant? Ne reste plus qu’à vivre! Vivre sa vie comme un gratteux.

Être mal, c’est louable.

La quête du bonheur, c’est ce qu’on nous vend comme trame de fond de vie.

Les films se terminent plus fréquemment qu’autrement bien, mais le bien est éphémère et finit abruptement par un générique. Il n’a pas de suite. Il est bref. Il meure (lui aussi, l’histoire est quasi sanglante!) dans un soupir. Le soupir du retour au réel. De la rationalisation des possibles.

Ceci dit, lorsqu’on regarde le film, qu’est-ce qui nous captive, nous fait vivre l’histoire et nous emporte ailleurs? La fin?

(Moment de réflexion individuelle)

Et c’est à ce moment de la réflexion que je ressors des phrases toutes faites qui, placées là, prennent tout leur sens…

« Le bonheur, ce n’est pas la destination, mais bien le chemin qui nous y conduit. »

Et « Le bonheur, c’est attendre ».

C’était écrit dans une revue à laquelle je me suis abonnée pour tenter de me créer des passions casanières.

J’ai d’abord beaucoup ri devant le pied de nez que me lançait cette maxime.

« Dans les dents! »

Je l’ai découpée et l’ai collée bien en vue. Je fais ça quelques fois avec des mots cueillis à la volée par mes pupilles ou mes oreilles en mode bluetooth.

« Le bonheur », donc, « c’est attendre ». Attendre les possibles, car « ça pourrait tomber sur [nous] » (Ici, je cite l’enveloppe de Loto-Québec, spécialiste de la vente de possibles!) On m’a offert un gratteux. Quand on gratte, on rit, on s’enivre d’espoir naïf et candide. On gratte. On gratte. Avec vigueur, rigueur ou frivolité, chacun a sa manière de gratter. Son sou chanceux. Ses superstitions. À la fin, on vérifie, puis on revérifie pour s’assurer de ne pas avoir fait d’erreur. Tout à coup qu’on aurait mal vu ou bien mal compris… On se dit « ben coup donc ! » L’amertume dure un temps, court, puis elle s’éteint. C’était agréable à vivre le temps que ça a duré.

Et s’il y avait plus de ces petits moments dans nos vies? Si tout devenait une histoire de gratteux?

Aller au dépanneur acheter une pinte de lait oubliée à l’épicerie, ça pourrait devenir un gratteux

Choisir de vivre l’escapade avec une dose d’intensité dans la manifestation de notre engagement dans le processus d’attente des possibles.

Se rendre au dépanneur avec un soupçon de la hâte et du suspense qu’un gratteux propose.

Entrer au dépanneur comme on découvre les pronostics finaux, avec surprise et joie ou encore surprise et déception. Vérifier puis revérifier avant de partir comme si le gros lot de la vie pouvait se trouver entre la gomme et le café.

Partout.

Tout le temps.

Si le bonheur, c’est attendre, attendons les secondes et les minutes, pas les mois, les années ou les décennies.

J’écris ça et je me dis pourtant qu’ils font du bien ces souvenirs de décennies, d’années, de mois. Il y a un mois, je n’envisageais pas de partir en voyage, de me lancer à la découverte, d’explorer le monde, d’aller au-delà, de voir l’ailleurs. Eh bien, je pars sous peu! Partons tous! Dès que la nouvelle année se sera installée, partons tous à la quête de chacune des secondes qu’on se grattera avec une vigueur variable, mais chaque fois un peu comme un gratteux… On pourrait gagner une participation gratuite! Mais quelle que soit la fin, l’expérience aura été pleine de possibles!

Bonne année!

25 décembre 2013

La nomophobie

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L’inspiration

Un article. Une conversation sur Facebook avec un collègue du milieu de l’éducation qui se questionnait sur le nom donné à la dépendance maladive aux appareils technologiques.

L’aventure

Texte courant : Mode de discours descriptif

Sujet d’actualité : la nomophobie

Avantages: 

– sujet inconnu = curiosité

– similarité phonétique avec homophobie ( lieu de découverte du sens des préfixes et suffixes, analogies possibles)

– sujet ancré dans la réalité des jeunes et donnant lieu à des échanges extrascolaires

– utilisation de stratégies en lecture et en écriture (survol, prise de notes, organisation des idées, appel à la structure du type de texte adapté à la famille de situation « Écrire pour informer », méthode de correction de la qualité de la langue et reprise de l’information)

Déroulement:

1- Offrir quinze minutes de lecture des différents articles proposés dans le but de répondre à trois questions l’une traitant de la description de la nomophobie, l’autre, des conséquences et la dernière, des solutions. Les élèves n’auront pas suffisamment de temps. Ils devront opter pour une stratégie de survol avec prise de notes. Si la compréhension n’est, de manière généralisée, pas là, il pourrait être négocié de rajouter 5 minutes. Les élèves se responsabiliseront dans leur efficacité s’ils ont cette perception de contrôlabilité sur la négociation de temps supplémentaire.

2- Concevoir son plan de rédaction : comment pourrais-je bien présenter ces informations?

3- Profiter d’une discussion en classe pour échanger des propositions d’organisation du texte. Il est certains que plusieurs se souviendront des schémas appris l’année précédente. On partira de ça pour revoir la théorie quant à l’organisation du texte courant descriptif.

4- Rédaction. « J’ai fini »… il y en a toujours quelques-uns qui terminent à la vitesse de l’éclair. Bon moment pour les amener à aller plus loin. Différencions en les ramenant à la lecture des échelles de niveau de compétence. Amenons-les à comprendre où ils sont dans leur progression.

5- Correction. J’aime bien, en début d’année, ne pas imposer de méthode de correction pour voir quels sont les réflexes de scripteurs des élèves.

6- Retour-rétroaction. Puisque je fais une correction avec support vocal explicatif des forces et défis relatifs à la structure et à la QL (qualité de la langue) de chacun des textes lus, l’élève a davantage de rétroaction. Chacun passe près de 15-20 minutes avec notre voix dans les oreilles qui prend le temps de les accompagner individuellement vers mieux. Des pistes de correction sont aussi proposées à la fin de l’enregistrement. Ainsi, l’élève se rend compte qu’il a un profil de scripteur qui exige qu’il soit plus vigilant devant tel type d’erreur.

7- Transfert : L’étape ultime, c’est celle qui suit… sauront-ils tirer profit de cet accompagnement lors d’une rédaction subséquente?

Réflexion d’expérimentation:

Je réalise que toute cette séquence pédagogique a donné lieu à beaucoup de beaux développements tant sur le plan relationnel que sur les plans personnel et émotionnel. Ainsi, nous développons notre intelligence interpersonnelle, l’intrapersonnelle et l’émotionnelle aussi.

D’ailleurs, si les IM (intelligences multiples) vous intéressent, consultez l’un ou l’autre des portfolios numériques de mes élèves spécialistes des IM et qui, de surcroît, deviennent tranquillement de plus en plus conscients des tenants et aboutissants de l’écriture sur le web.

Et on réalise ça en tant que groupe où chacun des membres a ses forces et peut, selon les occasions, aider l’autre.

2013-09-09_14-22-56_852 2013-09-12_09-29-44_622 2013-10-03_13-37-21_182 2013-10-03_13-38-20_722 2013-10-03_13-38-37_641 2013-10-03_13-38-46_381 2013-10-03_13-39-27_341 2013-10-03_15-29-03_402 2013-10-10_15-21-15_632

La prochaine aventure en sera une où le meurtre, le mystère et le récit policier seront au rendez-vous… j’y travaille! Et je croise mes doigts pour que les perches lancées permettent des associations à distance…

Vive le plaisir d’apprendre et d’enseigner!

La rentrée scolaire comme une hâte de gamine!

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Je suis allée passer la fin de semaine au bas du fleuve, sous un soleil exquis qui lançait, généreux, ses diamants sur des eaux aux marées intenses d’amplitude. Et le vent n’a cessé de murmurer…

C’était la fin d’un été. Et le mot « fin », il est réel, mais je l’écris, le lis et le dis différemment. Sans amertume. Toujours avec hâte. Comme une gamine!

Un nouvel environnement, de nouveaux collègues riches d’expériences et d’humanité, de nouveaux projets-aventures-folies éducatifs et surtout, une nouvelle porte qui s’ouvre sur un univers de possibles, voilà ce qu’est la rentrée!

Ma lecture d’été

Qc_besoin_education J’ai tant à en dire! Ce bouquin a accompagné ces milliers de minutes de vacances que notre emploi nous offre. Il m’en reste deux ou trois pages, et les marges sont noircies d’annotations dont je parviendrai à synthétiser très certainement les grandes lignes lors d’un prochain billet.  Il est plus que bénéfique de lire les points de vue de plusieurs acteurs sociaux, témoins actifs de la réalité éducative. N’est-ce pas d’ailleurs un thème social qui rejoint tout un chacun? Oui, j’aurais pu m’offusquer qu’on n’y retrouve aucun propos d’enseignant en fonction, d’élève à bord ou de parent témoin. Oui, j’aurais pu y lire des reproches. J’ai plutôt rencontré 11 citoyens québécois préoccupés et intéressés par la situation en éducation au Québec en 2012. Des angles de lecture de la situation différents du nôtre. C’est rafraîchissant. Ça éclaire. Ça fait réfléchir. L’idée bouge, se meut, et ne meurt pas! Que les réflexions quant à l’éducation soient vivantes, pas seulement dans les écoles, montre qu’on a envie d’insuffler quelques ventilations…

Il serait profitable que quelques exemplaires traînent çà et là dans les salons du personnel des écoles, sur des tables d’appoint dans des salles d’attente… On jaserait éducation, on réfuterait, on proposerait, on solutionnerait socialement une situation sociale!

Aujourd’hui, c’était la rentrée. Un nouveau collègue et moi avons jasé de cette lecture commune en attendant les clés de nos paradis d’apprentissage. De ça, et un peu du bas du fleuve!

Mettre la table

USPPP

21 août 2013.

Certains sont déjà retournés au travail et accueilleront les élèves le lendemain. C’est principalement la réalité des écoles privées où excellent ces collègues éloignés que je rencontre au premier #USPPP de l’année 2013-2014. Près de 30 professionnels de l’enseignement, du primaire au collégial, en passant par ce secondaire que j’adore, sont réunis pour échanger d’abord leurs noms, pour ne plus être des inconnus et, ensuite, pour discuter autour du thème choisi par les organisateurs, cette fois-ci : La Valorisation de la profession.

Protégée par une pochette transparente, une série de pistes de réflexion guide les propos qui se faufilent d’une bouche aux oreilles des autres, puis d’une autre aux oreilles des uns. Soudain, au coeur de rires, @cogilbert propose un mouvement. Et nous voilà lancés à la découverte d’autres fils d’idées et d’opinions pour se tricoter, au final, une cape de possibles. Et on ressort de là avec un « suit stretch » et une folle envie de continuer à changer le monde un cours, un élève, une seconde, une discussion, une idée, une parole, une année à la fois.

Quand est-ce qu’on se revoit? Le 25 septembre? C’est noté!

Et @AleTremblay, séduite par cette première tablée, me propose de m’y raccompagner. Combien serons-nous dans cette voiture à migrer en septembre vers le #USPPPMtl ? Peut-être, en cours de route, choisirons-nous d’opter pour un #USPPPLanaudière!?

Formation continue: livraison à domicile

Si l’équipe de travail terrain a quasi entièrement changé de visage, ma cyberéquipe, elle, demeure, bonifiée par de nouveaux ajouts croisés lors d’un Tweet-up ou du #USPPP. Je raffole de tout ce que les membres de cette équipe de professionnels partagent. Tout? C’est une hyperbole car, évidemment,  il est impossible de tout capter au passage. On pige sur le fil d’actualité et on découvre des ruelles, des voies, des autoroutes qui nous font faire un petit bout réflexif, un grand bout pratique ou un voyage créatif. Bref, mon PNL ou ENA m’offre une FORMATION CONTINUE qui satisfait mon besoin de toujours nourrir ma pratique et ma réflexion pédagogiques certes, et sociale aussi. 
twitter
Vous voulez venir piger dans ce « buffet » cognitif? Oui!!! Soyez tellement les bienvenus! Au départ, je ne comprenais pas comment ça fonctionnait. J’étais spectatrice passive, voire colérique. Quand on a RT (retweeté) un des mes premiers tweets gênés, j’ai compris que j’y avais ma place, que j’avais quelque chose à dire. Ça aura pris 1 an avant que j’accorde du crédit à mes propos, que je rédige ces 140 caractères et que j’appuie, le coeur qui battait la chamade, sur « Publier ». J’aurai été figurante 1 an avant de prendre un rôle secondaire timide et finalement accepter que nous avons tous un rôle principal en tant que professionnel et que notre expérience peut rejoindre un, deux, trois, plusieurs collègues que nous rencontrerons peut-être un jour lors d’un congrès et qui s’exclameront : « Ah, c’est toi @ASirard! Mes élèves et moi avons tellement ri et appris en travaillant la reprise de l’information à partir de ta vidéo de classe inversée! » Et l’envie renaît!

Embarquez, tranquillement, rapidement, comme cela vous convient! Je vous invite @ASirard sur Twitter 🙂

ET

BONNE RENTRÉE!!!

Je nous souhaite tout le bonheur du monde au coeur de cette aventure fabuleuse qu’est l’éducation! Apprenons, désapprenons, découvrons, réapprenons, créons, et refusons de tourner en rond! Au plaisir!