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L’Aventure #MduM, le topo final

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Bloc 3 : planifier et financer un voyage

Jamais je n’ai vu des élèves aussi facilement rédiger un texte courant! On aurait dit que ça allait de soi, que c’était évident que chaque paragraphe se devait de présenter son aspect, qu’il importait de bien amener le sujet et ensuite le diviser.

La notion de destinataire s’est installée dans leur schème de pensée en moins de deux. En effet, ils étaient appelés à écrire au directeur des finances de l’institution bancaire « Fric-Tive », M. Couture. Il s’agit en fait du directeur-adjoint de notre école qui a sauté à pieds joints dans l’aventure en prenant le temps de lire chacune des demandes de financement, de les recalculer et de leur répondre à l’aide des canevas d’acceptation, de refus ou d’ajustement que je lui avais fournis. Il a aussi pris le temps de venir rencontrer les élèves et de leur remettre la réponse de la banque en mains propres.

M.Couture

Les élèves y ont vu l’opportunité de montrer à leur directeur ce qu’ils étaient capables de faire. J’évaluais le brouillon (celui trituré, morcelé, témoignant du processus de rédaction vrai) et, dans une enveloppe, les élèves ont pris soin de glisser leur demande mise au propre de manière très conventionnelle sur traitement de texte. Ils soutenaient que ça avait l’air plus sérieux, plus professionnel comme ça et que ça s’adaptait davantage à la situation de communication! Cette étape leur a permis de pratiquer leur doigté, car nous avons eu peu de temps à consacrer à cela!

Curieux, plusieurs élèves ont vraiment voulu saisir le concept de « taux de change » alternant entre accords dans le GN et la calculatrice de leur iPod.

jessetsami

« Anick, si ça coûte 12 € pour aller au musée d’Orsay, ça fait combien en dollars? »

Et nos experts logico-mathématiques de répondre:

« Tu fais x1.32, parce que ça coute 1,32$ pour acheter 1€. Regarde. »

Et ils se faisaient découvrir le taux de change.

Les élèves éprouvant plus de difficultés à l’école sont souvent ceux dont les intelligences linguistique et logico-mathématique sont moins développées. Évidemment, cet exercice a été plus fastidieux pour eux. Certains ont dû reprendre, car l’énumération régnait en reine dans LE paragraphe de développement où tout s’entassait. Structurer sa pensée n’est pas inné, ça doit s’apprendre. Et le contexte m’a permis d’accompagner davantage ces élèves qui, après avoir dû reprendre, m’ont remerciée. « J’ai compris, Mme Anick. » Effectivement, il y a eu cheminement…

Cette production écrite a été faite de manière manuscrite entièrement, et les élèves ont utilisé une méthode de correction papier-ouvrages de référence. Ils auraient bien voulu avoir accès aux outils d’aide en ligne, mais comprenaient bien qu’il importe de maîtriser les deux dans la conjoncture scolaire actuelle.

BLOC 4 : voyager!

De la rationalité financière, nous sommes passés à l’imagination aérienne. Si le texte courant vise à informer de manière séquentielle et rigoureusement structurée, le texte littéraire veut nous transporter vers un ailleurs unique en créant un univers littéraire.

Pour pouvoir vivre ce voyage planifié, nous avons opté pour une visualisation. Guidés par des questions en rafale sur fond de musique « de relaxation », les élèves ont parfois fermé les yeux, dessiné sur une feuille, écrit quatre pages d’idées… Après 20 minutes de méditation guidée, ils avaient l’impression de vraiment être partis en voyage (Il ne faut jamais sous-estimer la force de nos IM intrapersonnelle et visuo-spatiale!).

« Dommage que le cours soit terminé, j’ai tellement d’idées que j’aurais voulu écrire mon récit de voyage tout de suite. Est-ce que je peux commencer chez moi? »

« Oui, car pour cette rédaction, vous choisirez un outil collaboratif web. Aucun papier cette fois! »

Quand je dis aucun, c’est aucun. Les Bescherelle et dictionnaires étaient « cachés » forçant ainsi les élèves à trouver en ligne l’outil nécessaire.

« Mme Anick, j’ai trouvé le Bescherelle en ligne », me dit un de mes poussins le sourire victorieux comme s’il était parvenu à déjouer les contraintes imposées! Ah! Quel bonheur!

Un Littmob!?

Au travers cet exercice de création, les élèves ont pris part à une entreprise d’envergure faisant appel principalement à leur intelligence interpersonnelle : la réalisation d’un LITTMOB.

Un Littmob (mot-valise inspiré de Flashmob) se veut un exercice littéraire public, comme une tempête d’idées immense, filmé par des appareils mobiles.

Pour ce faire, le procédé du « sondail » (mot-valise alliant sondage et chandail) a été retenu. Les élèves récoltaient sur un chandail les propositions de péripéties de voyage des différentes personnes rencontrées et questionnées. Ainsi, des idées ont été récoltées dans les milieux familiaux, auprès des autres élèves de l’école, dans le métro de Montréal lors d’une sortie scolaire, etc.

Cette démarche a occasionné beaucoup d’échanges en classe relatifs au courage et à la force du groupe.

Les frissons de fierté qui m’ont parcourue quand, à l’Agora de leur école secondaire, mes élèves de 1ère secondaire se sont levés sur les bancs devant les 500 autres élèves plus vieux qu’eux pour crier haut et fort :

« Après les flashmob et les Harlem shake/ faisons maintenant danser les mots/ sur nos chandails/ pour ensemble créer/ des idées folles/ produire une vidéo Youtube/ le premier Littmob au monde ! »

Et notre chanson (oui, oui, notre… en fait, la nouveauté de ZAZ « On ira » dépeint particulièrement bien notre histoire) a retentit partout.

La perfection de cette expérience n’aurait pas été si des pépins n’étaient pas survenus!

1er pépin : l’enfer, c’est les autres…

Lors du Littmob à l’Agora, évidemment, quelques élèves ont choisi d’écrire des propos non adéquats sur les chandails de ces courageux élèves plus jeunes qu’eux. À la fin, plusieurs de mes élèves semblaient débinés et nommaient que notre Littmob était gâché. Même si je demeurais en position d’écoute et de modération, à l’intérieur de moi une tristesse immense s’installait. Ils avaient tellement été courageux, avaient surmonté tant de craintes que j’avais du mal à concevoir que certains aient pu être si méchants. Quand nous avons fait un retour en classe l’après-midi même, notre discussion a mené à une solution. Trois élèves du groupe 11 ont pris la parole à l’interphone, et ce, en direct du bureau de leur directeur, M. Couture. Leur voix, celle de tous les élèves des groupes 11 et 13, a retenti partout dans les classes et les corridors, les gymnases et l’extérieur. Le message porté visait à remercier ceux qui avaient proposé d’excellentes idées et de souligner que d’autres avaient plutôt tenté de gâcher leur Littmob. À ces derniers, ils offraient la possibilité de réparer leur geste en se pointant au A-208 quand ils trouveraient le courage. Et leur message se terminait par « Peu importe tout ce qui a pu se passer, nous sommes fiers de nous! »

Et en classe, des applaudissements immédiats.

Plusieurs de mes collègues ont fait des retours avec leurs élèves. Solidarité inattendue.

Et, croyez-le ou non, trois élèves sont venus formuler leurs excuses. Pas devant mes élèves, seulement à moi. Évidemment, je me suis permis une pointe sur le courage…

2e pépin : Droits d’auteur…

Après avoir fait le tri des vidéos, nous avons constaté que nous disposions de suffisamment de séquences adéquates pour réaliser le montage d’un Littmob complet! Heureuse nouvelle! De manière évidente, la chanson « On ira » se devait d’être notre trame musicale. Or, malgré les tentatives, sur Twitter et Facebook, d’entrer en communication avec l’artiste ZAZ pour obtenir la permission de faire usage de cette chanson, nous demeurons, aujourd’hui encore, sans réponse. Le montage doit donc être réajusté sur fond musical moins significatif.

Si l’école ne se terminait pas si tôt (on aurait voulu que ça continue!), il aurait été génial de faire appel à l’intelligence musicale des élèves pour créer le slam de notre année qui aurait pu devenir notre trame sonore, mais bon, semble-t-il que l’année se termine et que ce soit un fait immuable…

Chantier LLT

Bref, après avoir amassé la poussière dans des boites depuis 2008, l’aventure #MduM renait en 2013 de ses cendres sous un nouveau jour dans le cadre du Chantier littératie, littérarité et TNI présenté par @AndreRoux lors de son trop bref passage à la CSS. Cette aventure actualisée et teintée d’un bagage de 2e cycle universitaire relatif au fonctionnement du cerveau a été le lieu d’explorations technopédagogiques inestimables, d’expérimentations enseignantes et estudiantines riches en apprentissages variés tout en rayonnant au-delà de la classe, à l’intérieur même de notre école, jusque dans les Laurentides, par-delà l’océan dans le journal Le Monde, partout sur le web grâce à ces cyber rencontres professionnelles sur Twitter et dans les cyber habitudes de ces adolescents magnifiques qui m’ont fait confiance tout au long de cette promenade à tâtons sur des sentiers plus ou moins balisés.

Merci à mille et une belles âmes!

D’abord à ces élèves qu’il me coute de quitter sous peu.

À @AndreRoux pour avoir attisé la flamme.

À @Rick_Cliche pour avoir maintenu l’étincelle de collaboration.

À @BrigitteProf, @nathcouz et @marcottea pour cette inspiration constante.

À @sebastienwart pour le billet… de reconnaissance.

Aux USPPP pour le plein d’énergie et d’idées.

À CLAIR2013 pour ces rencontres humaines et technopédagogiques.

Aux parents qui ont suivi les balbutiements de leur enfant sur la Twitosphère et qui ont cru en mes idées.

À M. Couture qui a écouté mon discours pédagogique et qui, presque convaincu, m’a donné le droit de repousser certaines limites.

À @SBrousseau, mon maitre Jedi. Je n’oublierai jamais que tu as été le premier à me pousser au-delà… vers… plus!

Un été sublime à tous!

Puisse-t-il être fertile 🙂

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Magie et épines – Partie 1: segment magique

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Toujours en expérimentation avec l’aventure des Merveilles du monde, je prends un temps pour garder des traces de cette mise en place. Pour moi, pour vous, pour être seuls, mais ensemble!

Comme pour toute bonne aventure, il y a des moments magiques (est-ce réservé aux poudings, cette expression?) et d’autres qui savent irriter, comme des épines. Voici donc un peu de tout ça jusqu’à maintenant!

Magie

1) S’adapter à la situation de communication…

Au départ, l’utilisation de Twitter a été chaotique. Où est la magie? Laissez-moi aller!

Les élèves, peu conscients du concept inconnu d’identité numérique, n’entrevoyaient pas la portée mondiale et incontrôlable des publications sur les réseaux sociaux, et ce, malgré l’amorce faite à ce sujet lors du bloc 1 de l’aventure. Plusieurs interventions ont dû être réalisées quant au choix d’avatar et, surtout, à la qualité de la langue (pour ne nommer que cela!).

L’engagement progressif de différents acteurs a supporté l’avancement foudroyant qui s’est opéré. En effet, la visite du M. Rich de @ClassedeMRich a su donner vie au cyber en le rendant réel. À cela se sont ajoutés d’autres abonnés tels que @AnneGucciardi (responsable du projet lecture de l’école), @julie_vzina (orthopédagogue de l’école), @yvanpelletier (enseignant de l’école) . À l’intérieur de leur école, les élèves suscitent l’intérêt d’autres professionnels, et on devient témoins de discussions de corridor où les mots « Twitter », « Popplet« , « Bonpatron » et « Larousse.fr » résonnent. Des élèves présentent des outils à des adultes avec assurance et conviction, comme des conseillers.

Lorsque les élèves ont vu les salutations suisses de @classe6eynard, ils ont cru à une blague. Certains sont demeurés perplexes jusqu’à ce qu’ils voient passer l’article de @Sebastienwart qui présentait en détails notre aventure en incluant des tweets d’élèves de nos groupes. Là, ils ont saisi l’ampleur. Ils ont compris qu’ils étaient lus par plus de gens que ceux qui se trouvaient dans la classe. Alors que cela générait un stress chez quelques-uns (qui voulaient tout abandonner, car le défi devenait trop grand), d’autres y voyaient la possibilité d’obtenir « reconnaissance » au-delà des murs d’une seule et même classe. Je leur ai aussi exposé l’anxiété qui m’avait envahie en voyant les vidéos de mes balbutiements de classe inversée. « On voit ma face… tout à coup qu’on juge que je ne suis pas une bonne enseignante… je sais que mes vidéos ne sont pas parfaites… que vont dire les autres? » On a normalisé cette peur. Sartre avait vraiment raison d’écrire que « L’enfer, c’est les autres ». Grâce à la conférence sur l’estime de soi de M. Widemir Normil, on a choisi de « ne laisser personne péter notre balloune! » « Go on Anick! On est avec toi! » (1ère secondaire… Oui, ils m’impressionnent aussi! ;))

Et soudainement, un parent nous suit sur Twitter. Puis une amie à moi, mère perplexe et intriguée. Du jour au lendemain, @Classe_dAnick voit s’ajouter des abonnés inconnus et, de ce même jour à ce même lendemain, les élèves gazouillent de plus en plus. Pour d’autres raisons aussi que les « tweet-missions » données en classe.

Pendant un cours d’ECR en compagnie d’un remplaçant, les élèves ayant terminé leur recherche peuvent s’occuper comme bon leur semble. Ordinateurs en main,  le groupe 11 choisit de soutenir le groupe 13 qui se trouve en français en gazouillant des indications de correction avec le mot-clic deviné par déduction #corr13. D’autres publient des informations surprenantes recueillies lors de leur recherche d’ECR. Certains en profitent pour compléter leurs « tweet-missions ».  (Quelques-uns encore penchent pour les échanges sociaux incluant les « sa va? » contre lesquels nous sommes en cavale. Je n’ai pas eu à intervenir. L’intervention avait déjà été faite quand j’ai croisé ces quelques-uns…)

Parfois, le soir, je reçois des messages privés d’élèves qui, voulant s’assurer de bien rédiger leur gazouillis, s’informent des outils d’aide à la correction qu’ils pourraient utiliser ou des mots-clics à intégrer. Si je ne suis pas suffisamment rapide à répondre à leur gout, ils se retournent vers le groupe et publient leur questionnement sur le fil. Souvent, ce n’est pas moi qui solutionne le problème! On assiste donc à un partage sur plusieurs plans.

2)  lecture aisance-fluidité (Bloc 2)

Il y a 4 ans, accompagnée par Mme Lacharité, j’ai expérimenté ce type de lecture en accompagnement de douze élèves en difficultés lors de 4 à 6 obligatoires après l’école. Cette même année, j’ai observé M. Turcotte, un enseignant d’une autre école, responsable de l’accompagnement en lecture. Dans son école, pendant 3 mois, on retirait une douzaine d’élèves de certains de leurs cours pour travailler la lecture et chaque rencontre commençait pas la lecture aisance-fluidité.

L’idée générale de ce type de lecture est de rencontrer le texte à répétitions, à haute voix, pendant 10 minutes. L’enseignant écoute chacun et intervient pour ajuster les méprises. On remarque ainsi que:

  • certains élèves décodent bien les mots de 2 syllabes, pas ceux de trois;
  • d’autres escamotent tous les petits mots (prépositions, déterminants, pronoms) et décryptent bien les longs;
  • plusieurs devinent les mots longs;
  • peu reprennent lorsqu’ils ne saisissent pas le sens des phrases lues;
  • la ponctuation apparaît accessoire pour la plupart.

Ainsi, on se rend compte que le sens à construire lors de la lecture est altéré pour diverses raisons. Tant que cette lecture se fait en silence, il est impossible de déceler là où le bât blesse et de pouvoir intervenir en guidant.

En classe régulière, l’intégration étant en vogue, on se retrouve avec des élèves pour qui cette lecture à haute voix est aisée et d’autres pour qui elle est plus qu’ardue. À quoi bon la mettre en place si elle ne peut être bénéfique pour tous?

Ah! Pour plusieurs raisons, je vous l’assure! Et qui a dit que tous n’y trouveraient pas leur compte, hein?! 😉

En effet, l’attention et la concentration sont des gestes mentaux nécessités par ce type de lecture. Plus d’un sens est mis à profit. Le bourdonnement qui naît de la lecture simultanée amène d’emblée les élèves à dire : « Je ne suis pas capable, le bruit me dérange. » Combien de fois plusieurs ont choisi cette excuse pour contourner l’exercice? Je ne les compte plus! « Essaie. » « Non, moi, je ne suis pas capable. » Temps d’arrêt. Discutons du poids de ces mots « pas capable » sur notre cerveau…Jasons de ces gestes mentaux que notre cerveau est humainement capable de poser. Trouvons des moyens. Les chanteurs placent leur main près de leur oreille pour créer une caisse de résonnance. Et si on essayait? « Moi, je vais boucher mes oreilles. » Ok. « Moi, je vais aller m’asseoir dans le coin intra. » Ok. Et on réessaie.

Au départ, près de 50% étaient rébarbatifs, qu’ils soient titulaires d’un bulletin de 91% ou de 32%. La situation a tôt fait de changer et, hier, lors de la dernière période de lecture aisance-fluidité intensive, tous lisaient à haute voix, attentifs à leur texte, concentrés sur leur propre voix, assurés dans leur lecture à la ponctuation plus efficace, entre autres.

À la fin:

« Eh puis, qui a vu une progression dans son habileté à lire depuis le début de l’expérimentation? » 28 mains levées. 29 élèves.  Même les plus habiles lecteurs sont capables de qualifier l’amélioration.

« Mme Anick?

– Oui!

– Merci! Je suis bien content que vous nous ayez forcés à lire comme ça. Ça m’a vraiment aidé. Je fais mes devoirs de math en lisant à voix haute à la maison.

– Et en classe?

– Ben non, je ne peux pas, je vais déranger les autres… »

Et si pour cet élève (et tous les autres qui hochaient la tête) cette lecture était nécessaire pendant un temps, ne pourrions-nous pas lui (leur) permettre d’utiliser ses oreilles pour comprendre ce qu’il lit? Discussion de salon du personnel à venir! 🙂

3) Classe inversée : Improvisation libre avec les moyens du bord

Pour l’instant, cette façon de faire soutien l’apprentissage des élèves les plus doués, ceux qui sont habituellement ralentis par le rythme du groupe. Les vidéos les accompagnent et font naître des questionnements pertinents auxquels je peux répondre pendant qu’une vidéo s’occupe d’éclairer un autre élève. Et vice versa. C’est la parcelle magique! Voici celle qui est plus épineuse et qui prépare le terrain pour l’article Magie et épines – Partie 2 : segment épineux:

Bon, à la base, j’aurais voulu pouvoir implanter la classe inversée telle que mes lectures m’ont amenée à la comprendre. Cours en « devoir », travail accompagné à l’école.

La réalité est que:

  • 11 élèves n’ont pas Internet à la maison;
  •  6 ont des interdictions d’y avoir accès pour des raisons de gestion de comportement propre à chaque cellule familiale;
  • 3 ont des parents qui ont choisi de dire que cette utilisation d’Internet n’est pas pertinente et qu’il serait plus judicieux de continuer à apprendre comme eux ont appris. (Il faut savoir qu’ils ont tout de même signé la feuille qui présentait la situation pédagogique de la classe de français de Mme Anick… Mais je ne me questionne plus, car ce sont aussi ces parents qui, lorsque leur enfant est en suspension externe, en profitent pour aller magasiner avec eux…);
  • Ah, eh puis, les élèves n’ont pas accès à Youtube à l’école. (C’est une question de bande passante que je peux comprendre. J’ai fait la demande d’ajout de droits d’accès au profil des 11 élèves qui n’ont pas Internet à la maison. La demande est toujours en attente sur un bureau quelque part. Sans doute une question de ne pas créer de précédents… En attendant, je fais des récupérations supplémentaires de visionnement, je dépose les vidéos qui ne sont pas trop lourdes sur le lecteur « communélèves » de ma commission scolaire, j’invente des solutions et, surtout, je respire profondément!)

Bon, voilà le topo! Pourquoi m’entêter, dans ces circonstances, à verser du côté de la classe inversée?

Parce que j’y crois! Parce qu’il y a déjà des retombées pour les élèves qui ont déjà une facilité à progresser dans le système scolaire. Parce que certains parents travaillent avec leur enfant à la maison (honnêté : pour l’instant, on ne parle que de deux cas isolés connus… ils existent ces cas!). Parce que, si l’élève en difficulté finit par se mobiliser, il y trouvera son compte, c’est indéniable. Parce qu’un changement de manière de faire ça ne se fait pas « sur un dix cennes », je persévère!

Techniquement parlant, c’est encore à peaufiner! J’ai exploré JING, CAMstudio, l’enregistreur des produits SMART (mais je n’ai pas de TNI), la webcam et Windows Live Movie Maker. Je me suis imposé des limites de temps, car le perfectionnisme peut rapidement rendre cette façon de faire énergivore et occasionner des pertes de temps monumentales qui affecteraient l’équilibre mental en diminuant les temps d’arrêt nécessaires à tout être humain! Je ne suis pas encore satisfaite de la qualité des vidéos. Du son surtout. J’envisage l’achat d’une tablette Bamboo connect pour faciliter ma vie sans TNI (disons-le, écrire avec une souris ou un pavé tactile, c’est un art de dextérité qui n’est pas évident à maîtriser! Les élèves rient de ma langue qui se pointe lorsque je tente la manoeuvre!) et d’un micro-casque pour améliorer la qualité sonore.  Je pense que j’irai magasiner et que je m’offrirai ces outils moi-même! J’ai envie de continuer à avancer!

À suivre…