À cet instant, à ce moment précis…

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Il y a cet instant.
Tu sais, l’instant où tu prends le temps…
Ce moment où tu ressens entièrement ce qui t’habite…
Où le temps, tu n’as plus l’impression qu’il te précipite…

Il y a cet instant.
L’appel d’une amie un matin qui te propose un plan de match où l’improvisation aura sa place, une journée peinte à partir d’une palette offrant folie, plaisir et zenitude. Il y a ces soirées où tu choisis la facilité et la liberté que t’offre le taxi! Et tous les autres instants où tu réinventes le monde à grands coups de discussions, où tu attises un fou rire, où tu découvres l’autre un peu plus, où tu te sais davantage.

Il y a aussi les instants capturés, un clin d’oeil subtil, à peine perceptible, le frisson qui court sur ta peau, le lever du soleil, son coucher, une étoile filante, la sensation de ses lèvres sur ta peau.

Et ce bien-être quand tu sais que tu fais ce qui est bon, c’est aussi ça, l’instant. Donner ton ticket de tram à un touriste arrivant dans la ville que tu quittes. Permettre à quelqu’un d’utiliser le temps restant de ton parcomètre. Faire rire l’autre. Rire avec lui! Prendre des nouvelles d’un collègue, d’une amie. Écouter. Trouver le cadeau idéal pour une personne que tu apprécies.

Tu te souviens de ces moments passés à faire des casse-tête qui donnaient la mission à ton cerveau de regrouper les morceaux avec un côté plat pour d’abord établir les balises territoriales de cette toile à assembler avec des graines de patience. Ceux où on s’inventaient des clubs secrets dont le quartier général était le grenier ou le hangar de la maison, on s’écrivait en code, tu t’en souviens?

Tu as gouté cet instant où tu penses à lui. Et celui où tu sens le vent juste à peine plus chaud que ta peau glisser dans ton cou, pas tout à fait rafraichissant, mais velouté, enveloppant. Il y a ces instants où tu te retrouves couché sur le dos, le nez dans les étoiles, l’infini partout et même en toi, la tête prise dans un tourbillon d’idées créatives, de possibles.

Parfois, le moment se présente sous forme de mots, de phrases, d’un regard, d’une main sur ton avant-bras, de l’heure qui t’informe qu’il est 2:22, 4,44, 11:11, 12:34…

À d’autres moments, on te fait un cadeau, comme ça, sans raison, on te dit merci, on t’accompagne, t’accueille, te sourit.

Tu as déjà senti ce moment où la vérité te frappe de plein fouet, où une sorte de vertige s’empare de toi. Tes points de repère valsent, la route s’arrête. Tu es coincé dans ces pensées qui naissent, qui se tricotent en réflexions et dont tu perds le fil. Parfois, la vérité est si foudroyante que le temps où tu as l’impression de piétiner, d’être à côté de tes pompes, dure éternellement! Puis, tu l’acceptes. Tu comprends certains éléments qui t’avaient échappé jusque là. Ta route reprend, sur un nouvel itinéraire.

Ce qui est magique, c’est que tout ça a existé…

Et même s’il ne neige pas, il a neigé.
Et même s’il n’est plus là, tu l’as connu.
Et même s’il y a des « il faut », il y a aussi des « je peux » et des « je veux ».
Il y aura toujours cet instant, ce moment précis.
Maintenant.

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