L’école: une micro-société déconnectée?

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Assise sur mon divan, je m’évertuais, en bonne enseignante de français que je m’efforce d’être, à corriger quelques productions écrites. « Pollution », un « L » ou deux? Je ne suis certainement pas la seule à finir par douter de l’orthographe de certains mots simples… Mon portable dormait juste à côté de moi. Rechercher sur Larousse.fr ou même rédiger simplement ce mot dans une boîte de texte quelconque sauraient m’éclairer. Suis-je lâche de ne pas me lever pour aller chercher dans l’éternel dictionnaire massif qui est dans ma bibliothèque à l’autre bout de la pièce? « Production, profit, pourcentage ». En optant pour la facilité de l’accès à l’information, est-ce que je deviens esclave de la technologie? Est-ce que je me conforme à cette pensée d’efficacité à tout prix? Et si tel était le cas, serait-ce terriblement mal?

Ouf! Je ne me serais pas questionnée à ce point si ça n’avait  été d’une conversation qui a pris vie la semaine dernière entre quelques collègues et moi. « C’est ben d’valeur, moi, ils vont chercher dans le dictionnaire. Je n’encouragerai pas la lâcheté. » « Mais s’ils avaient le droit, pendant leur moment de lecture en début de période, de jeter un oeil sur la définition d’un mot incompris en ayant recours à un dictionnaire en ligne qu’ils peuvent consulter grâce au portable qu’ils ont comme outil de travail, ne croyez-vous pas qu’ils seraient davantage enclins à acquérir cette connaissance que s’ils avaient à se lever pour aller chercher un dictionnaire dans la bibliothèque, et ce, devant les yeux de tous ceux qu’ils distrairaient de leur lecture? » « Il n’en est pas question! Je ne vais pas me mettre à vérifier qu’ils ne soient pas en train d’envoyer un courriel ou de faire autre chose sur leur portable. »

L’ordinateur, et tout ce qu’il offre, fait partie de la réalité du 21e siècle. Qui parviendrait à suivre la parade s’il n’avait pas accès à cet outil? Quel enseignant fait encore tout à la main? Quel prof ne bénéficie pas du support du correcteur intégré à Word, entre autres, lorsqu’il confectionne ses notes de cours ou ses exercices? Lorsqu’il sort des quatre murs de l’école, quel élève utilise fréquemment la feuille de papier à la maison ou dans son emploi? Je ne suis pas en train de dire qu’il faut mettre de côté cette sacro-sainte feuille. Peut-on seulement ne pas oublier que, hors des murs de l’école, elle n’est plus aussi omniprésente?

Par ces simples exemples de dictionnaire et de feuille mobile, je me rends compte que l’école est peut-être quelque peu déconnectée de la réalité qui a cours à l’extérieur de ses murs. L’école, lieu d’apprentissage, est-elle limitative? L’élève a-t-il l’opportunité d’apprendre davantage  à l’extérieur? Et si l’école décidait de valser avec la réalité afin de faire voir aux élèves les possibilités infinies d’acquisition de connaissances (et de compétences, il va sans dire!) qu’offrent les nouvelles technologies? Faisons-leur voir l’outil plutôt que le jeu… Non?

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